Les entreprises de la zone euro anticipent une forte hausse de l'inflation à court terme en raison de la guerre en Iran, mais leurs prévisions à plus long terme restent stables et elles voient la croissance des salaires ralentir, selon une enquête de la Banque centrale européenne publiée lundi.
Dans un contexte de flambée des prix de l'énergie, la BCE surveille de près la réaction des entreprises, et est prête à relever les coûts d'emprunt dès les premiers signes indiquant qu'une flambée de l'inflation liée à l'énergie est susceptible de faire grimper les salaires ou les anticipations de prix à long terme.
Mais son enquête SAFE (Survey on the Access to Finance of Entreprises), menée auprès de plus de 10.000 entreprises, devrait apaiser certaines inquiétudes à l'approche de la réunion de politique monétaire de jeudi, car les données ne semblent pas suggérer ces possibles effets inflationnistes de second tour.
Si les anticipations d'inflation à un an ont bondi à 3,0% contre 2,6% trois mois plus tôt, celles à trois et cinq ans sont restées inchangées, a souligné la BCE en se basant sur une enquête comprenant des réponses recueillies avant et après le début de la guerre.
Au lieu de faire grimper les anticipations salariales, les entreprises ont fait état d'une modération de leurs prévisions salariales, un résultat qui devrait conforter l'opinion déjà largement répandue selon laquelle la BCE maintiendra ses taux d’intérêt inchangés le 30 avril.
"La guerre au Moyen-Orient a considérablement accru les anticipations des entreprises en matière de prix de vente et de coûts des intrants, sans affecter les anticipations salariales", a déclaré la BCE.
Les salaires sont vus en hausse de 2,8%, contre +3,1% il y a trois mois, ce qui corrobore les arguments selon lesquels la zone euro est entrée dans l'actuelle phase inflationniste avec un marché du travail nettement plus déprimé, ce qui limite la capacité des travailleurs à exiger une compensation pour la hausse des prix.
Les entreprises s'attendaient à une hausse de 3,5% de leurs prix de vente, tandis que les coûts des intrants, y compris l'énergie, devaient augmenter de 5,8%.
C'est l'une des principales raisons pour lesquelles 16% des entreprises s'attendaient à voir leurs bénéfices baisser au cours du trimestre.
L'enquête SAFE de la BCE est l'un des nombreux indicateurs publiés ces prochains jours qui constitueront la base de la décision de politique monétaire de la BCE.
Bien que ces données puissent encore influencer la décision, la BCE a déjà déclaré qu'elle n'était pas pressée de modifier ses taux et les marchés ont largement écarté la possibilité d'une hausse des taux en avril, même si une intervention d'ici le milieu de l'année reste attendue.
(Reportage de Balazs Koranyi ; Mara Vilcu pour la version francaise, édité par Benoit Van Overstraeten)

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