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Tentative de meurtre sur un dissident azerbaïdjanais: les accusés nient en bloc
information fournie par AFP 26/05/2026 à 17:19

Le blogueur azerbaïdjanais dissident Mahammad Mirzali, le 6 mai 2022 à Nantes ( AFP / Loic VENANCE )

Le blogueur azerbaïdjanais dissident Mahammad Mirzali, le 6 mai 2022 à Nantes ( AFP / Loic VENANCE )

Les accusés jugés à Rennes pour leur implication dans la tentative de meurtre d'un blogueur azerbaïdjanais dissident, réfugié en France, ont continué à réfuter toute intention criminelle mardi, au premier jour du procès devant une cour d'assises spéciale placée sous haute sécurité.

Les trois membres présumés du commando et les six hommes accusés de les avoir aidés dans leur entreprise criminelle à travers l'Europe sont tous de nationalité ou d'origine azerbaïdjanaise.

Deux d'entre eux sont en fuite mais Mahammad Mirzali, la victime, était quant à lui présent aux côtés de sa mère, de sa sœur et d'un neveu également parties civiles, flanqués de plusieurs gardes du corps jusque dans la salle.

"Je suis venu mais j'ai peur", a confié à des journalistes ce blogueur de 32 ans, très critique à l'égard du régime du président Ilham Aliev et qui alimente une chaîne YouTube et un blog comptant des centaines de milliers d'abonnés.

Le blogueur d'opposition a été condamné dans son pays d'origine en 2025, par contumace, à six ans et demi de prison, et fait l'objet de menaces de mort récurrentes.

"Ma vie est en danger parce que je parle de liberté, et le gouvernement d'Azerbaïdjan n'accepte pas ça", a résumé M. Mirzali.

Il a dû précipitamment quitter la salle dans la matinée lorsque la cour a retracé sa violente agression, le 14 mars 2021 à Nantes, à cause "des images qui sont revenues".

Le blogueur, reconnaissable à la spectaculaire cicatrice qui lui barre la nuque, vit sous protection policière 24H/24 dans un lieu tenu secret, depuis qu'il a été grièvement blessé par une quinzaine de coups de lames.

- Vrai Moldave mais faux passeport ? -

À défaut des commanditaires que la justice n'a jamais pu identifier formellement, le principal suspect jugé à Rennes est un trentenaire arrêté avec un faux passeport moldave, qui serait en réalité Emin Qasimov, un Azerbaïdjanais membre d'un clan de la mafia russophone des "voleurs dans la loi".

Interrogé mardi par le président de la cour sur cette identité "qui fait débat", il a dit s'appeler "Emil Topal" et être né en Azerbaïdjan d’un père moldave avant de partir s’installer en Turquie durant l’enfance.

Il n'a selon lui jamais eu la nationalité azerbaïdjanaise. "J'ai pu obtenir un passeport moldave et je ne savais pas du tout que c'était un faux", a juré Qasimov, qui s'exprime comme les autres par le truchement d'un interprète.

Reconnaît-il la tentative de meurtre pour laquelle il risque la réclusion à perpétuité? Le pronostic vital de la victime n'était pas engagé, relève l'accusé en citant le dossier. Par conséquent, il ne comprend pas pourquoi la justice parle de "meurtre".

Pressé par le président, Qasimov reconnaît qu'il était sur les lieux du crime lors de l'agression mais n'y a "pas participé" et n'a "jamais eu l'intention de tuer".

Puis le petit homme trapu se cabre: "Je ne veux pas discuter de ça parce que quoi que je dise c’est utilisé à mon encontre!"

Un autre accusé parle de "coup monté" contre lui par un mystérieux "Russe".

"90% de ce que vous dites est erroné", rétorque même au président un troisième, Rza Malikov, considéré par les enquêteurs comme le principal "soutien logistique" du "commando venu à Nantes spécialement pour s'en prendre à M. Mirzali".

Des mesures exceptionnelles sont mises en place jusqu'au 12 juin pour assurer la sécurité de M. Mirzali et de la cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels.

Mardi matin, des gendarmes contrôlaient systématiquement tous ceux qui souhaitaient emprunter - uniquement à pied - les rues encadrant le Parlement de Bretagne, où se déroule le procès.

Fait rare, à l’entrée de la cour d’appel, même les avocats et employés du ministère de la Justice étaient contraints de passer par un portique de détection et de soumettre leurs sacs aux rayons X, a constaté un journaliste de l’AFP.

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