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Taux de la Fed : la perspective d'une nouvelle baisse avant la fin de l'année s'éloigne
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/11/2025 à 10:59

Si la Réserve fédérale a encore consenti une diminution des taux fin octobre, des divisions s'affichent depuis quant à la ligne à suivre. Son gouverneur, Jerome Powell, prône toujours la prudence, au grand dam de Donald Trump.

Jerome Powell à Washington, DC, le 29 octobre 2025 ( AFP / JIM WATSON )

Jerome Powell à Washington, DC, le 29 octobre 2025 ( AFP / JIM WATSON )

La perspective d'une prochaine baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) s'est un peu plus éloignée mercredi 19 novembre, un compte-rendu montrant qu'une majorité de ses responsables n'y semblent pas favorable. Selon les "minutes" de la réunion de la Fed des 28 et 29 octobre, "de nombreux participants" étaient alors réticents à l'idée de réduire les taux d'intérêt lors de leur prochain rendez-vous, les 9 et 10 décembre, sans pour autant prôner une hausse.

Un statu quo serait de nature à raviver la colère du président Donald Trump à l'égard de la banque centrale. Il réclame sans cesse des taux beaucoup plus bas. "J'aimerais le foutre dehors. Il devrait être viré", a dit mercredi Donald Trump en parlant du président de la Fed, Jerome Powell. "Les taux sont trop hauts, Scott", a-t-il ajouté en s'adressant à son ministre des Finances Scott Bessent, menaçant aussi de le "foutre dehors", mais davantage sur le ton de la plaisanterie.

La Fed a réduit fin octobre ses taux d'intérêt pour la deuxième fois d'affilée mais la décision n'a pas fait l'unanimité en son sein. Surtout, Jerome Powell a prévenu les investisseurs, d'une façon inhabituellement directe, qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise en décembre. Depuis, les prises de parole des banquiers centraux ont dessiné des lignes de fracture entre ceux opposés à une nouvelle baisse, ceux qui y sont clairement favorables et ceux prônant la prudence - ces derniers semblent près de basculer dans un camp ou dans l'autre en fonction des données économiques. Sauf que celles-ci arrivent au compte-gouttes, voire ne seront jamais publiées, en raison du "shutdown" qui a paralysé une partie de l'administration américaine pendant 43 jours (du 1er octobre au 12 novembre).

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Deux camps s'affrontent à la Fed, entre prudence et "détente additionelle"

Le service statistiques du ministère du Travail (BLS) a annoncé mercredi que le taux de chômage du mois d'octobre ne pourra jamais être connu, et que celui du mois suivant ne sera disponible qu'après la prochaine réunion de la Fed. Les banquiers centraux n'auront donc à leur disposition en décembre que les chiffres de septembre, qui seront publiés avec retard ce jeudi. Or des banquiers centraux veulent être sûrs que le marché du travail est bien à la peine avant de venir à son secours en desserrant les taux. Parce qu'ils s'inquiètent de donner de l'air à une économie qui est loin d'en avoir fini avec l'inflation.

Selon le compte-rendu de leur dernière réunion, "de nombreux participants ont suggéré que, compte tenu de leurs prévisions économiques, il serait probablement souhaitable" de laisser les taux inchangés "pour le reste de l'année" . A l'inverse, "plusieurs participants ont estimé qu'une détente additionnelle (...) serait opportune en décembre si l'économie évolue comme ils l'attendent". La tournure de phrase laisse entendre que ceux-ci étaient alors minoritaires.

"La plupart des participants ont fait remarquer que, dans un contexte d'inflation élevée et de ralentissement très progressif du marché du travail, de nouvelles baisses des taux directeurs pourraient accroître le risque de voir l'inflation rester durablement élevée ou être interprétées à tort comme un manque de volonté" des responsables à ramener l'inflation vers leur objectif de 2%, est-il aussi relevé.

"La Fed montre de plus en plus de signes qu'elle s'approche d'une zone de statu quo, ce qui contraste avec les minutes précédentes qui montraient une attention accrue à l'emploi et moindre à l'inflation", observe Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM. Pour Oliver Allen, économiste chez Pantheon Macroeconomics, "il faudrait que le rapport sur l'emploi en septembre" de jeudi "soit faible" pour convaincre la Fed de détendre davantage ses taux. Il y a un mois, une écrasante majorité des investisseurs misaient sur un abaissement en décembre. Ils sont désormais minoritaires. Les taux de la Fed, qui guident les coûts d'emprunt pour les entreprises et les particuliers, sont actuellement dans une fourchette comprise entre 3,75 et 4%.

1 commentaire

  • 20 novembre 11:45

    Même pas peur de trumpinette le Powel


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