Le ministère syrien de la Défense a déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi un cessez-le-feu temporaire dans trois quartiers d'Alep, dans le nord du pays, où des affrontements sanglants ont éclaté entre les forces gouvernementales et des combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS).
Alors que des échanges de tirs ont continué de retentir en début de nuit, les services de secours tentant avec difficulté d'éteindre les incendies provoqués par des obus, le ministère a annoncé qu'il allait accorder aux groupes armés une fenêtre de six heures pour quitter les zones disputées.
Les tensions à Alep représentent un défi majeur pour le président Ahmed Al Charaa, qui a promis d'unifier la Syrie après quatorze années de guerre civile. Les Kurdes résistent à la reprise en main du pays par les autorités de Damas et à l'intégration de leurs combattants au sein des forces gouvernementales.
Dans un communiqué, le ministère de la Défense a indiqué que les groupes armés étaient contraints de quitter les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafiyah et Bani Zaïd à compter de 03h00 (minuit GMT). "L'échéance prend fin à 09h00", a-t-il ajouté.
Un peu plus tôt, à la tombée de la nuit, des nuages de fumée se sont répandus dans le ciel d'Alep, où les tirs d'artillerie ont retenti en différents points de la ville.
Les combattants kurdes tentaient de repousser les avancées des troupes gouvernementales, pour protéger des quartiers sous leur contrôle.
Survenue mardi, cette escalade des tensions a contraint quelque 140.000 personnes à fuir. Au moins sept civils ont été tués, d'après les autorités syriennes.
Pendant la guerre civile, les Kurdes ont mis en place une administration semi-autonome dans le nord-est du pays et dans des zones d'Alep.
Après la chute du président Bachar al Assad en décembre 2024 face à l'offensive d'une alliance rebelle menée par Ahmed Al Charaa, les FDS sont convenus avec le nouveau pouvoir à Damas d'un accord prévoyant leur intégration complète dans les troupes gouvernementales d'ici la fin 2025. Mais le processus n'a pas avancé, les deux camps se rejetant mutuellement la faute.
Des discussions chapeautées par les Etats-Unis, qui veulent jouer les médiateurs, n'ont pas permis de réaliser de progrès tangibles. Une réunion s'était notamment tenue dimanche.
(Reportage Mahmoud Hasano et Karam al-Masri, avec la contribution de Khalil Ashawi à Damas, Jana Choukeir à Dubaï, Huseyin Hayatsever à Ankara; version française Jean Terzian)

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