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SYNTHESE 1-Israël et USA déclenchent une "fureur épique" contre l'Iran, qui riposte
information fournie par Reuters 28/02/2026 à 20:30

Israël et les États-Unis ont lancé samedi une campagne de frappes aériennes présentée comme "préventive" contre l'Iran, qui, en représailles, a pris pour cible l'Etat hébreu ainsi que des bases américaines situées dans plusieurs Etats du Golfe.

Cette opération, appelée "Fureur épique" par le Pentagone, vise à neutraliser les "menaces imminentes" constituées par le régime iranien, a dit Donald Trump, le président des États-Unis, qui a affirmé que les capacités de fabrication de missiles balistiques de Téhéran ainsi que sa marine, qui fait notamment peser une menace sur le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, allaient être "anéantis".

"Une importante opération militaire a débuté contre l'Iran", a déclaré Donald Trump après l'annonce initiale par Israël d'une "frappe préventive".

Donald Trump avait fait part vendredi de son insatisfaction quant à l'avancée des négociations sur le programme nucléaire et de missiles balistiques de Téhéran. Il a répété samedi que l'Iran ne pourrait jamais se doter de l'arme atomique.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré de son côté que l'opération militaire visait à éliminer une "menace existentielle" pour Israël et à "créer les conditions pour que le peuple iranien puisse prendre son destin en main", en allusion au renversement du régime des mollahs.

Benjamin Netanyahu et Donald Trump ont échangé lors d'un appel téléphonique après les frappes israélo-américaines, a-t-on appris du bureau du Premier ministre israélien.

DES SIGNES DE LA MORT DE KHAMENEI

Les agences de presse iraniennes ont fait état de plusieurs explosions à Téhéran et de colonnes de fumée noire s'élevant au-dessus de la capitale. Selon un responsable iranien, plusieurs ministères ont notamment été visés. Des explosions ont été signalées dans d'autres villes, notamment Tabriz, Ispahan, la ville sainte de Qom ou encore la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve une centrale nucléaire civile.

Les frappes israélo-américaines, réparties sur 24 provinces iraniennes, ont fait 201 morts et 747 blessés, ont rapporté les médias iraniens citant la Croix-Rouge internationale.

Un responsable israélien a déclaré que le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Massoud Pezeshkian, avaient été ciblés, ajoutant que le résultat des frappes était en cours d'évaluation.

Selon l'agence Tasnim, sept missiles se sont abattus aux abords du palais présidentiel et de la résidence du guide suprême.

A l'occasion d'une conférence de presse donnée dans la soirée, Benjamin Netanyahu a confirmé que l'armée israélienne avait détruit la résidence du guide suprême, avançant que plusieurs signes indiquaient qu'Ali Khamenei serait décédé, sans confirmer explicitement sa mort.

"De nombreux signes indiquent que ce tyran n'est plus."

"Dans les prochains jours, nous frapperons des milliers d'autres cibles du régime terroriste", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien a également annoncé que des commandants des Gardiens de la révolution et des hauts responsables du programme nucléaire iranien ont été tués.

Un responsable iranien a déclaré plus tôt à Reuters qu'Ali Khamenei n'était pas à Téhéran et qu'il avait été conduit dans un lieu sûr. Selon la télévision iranienne, Al-Alam, le guide suprême iranien devait s'exprimer lors d'un discours samedi.

Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araqchi sont également sains et saufs, a-t-on dit de source iranienne.

Les frappes menées par les Etats-Unis et Israël ont touché une école primaire pour filles dans la ville de Minab (sud), faisant 85 morts, selon le procureur local, cité par des médias iraniens. Reuters n'était pas en mesure de confirmer cette information.

A Téhéran, de longues queues se sont formées dans les stations-services et les banques, selon des habitants joints par téléphone.

"Nous sommes tués par le régime et par Israël. Nous sommes les victimes des politiques hostiles de ce régime", a déclaré Maryam, 54 ans, en fuyant la capitale vers le nord du pays avec sa famille.

De nombreuses explosions ont été entendues dans le ciel du Qatar, des Émirats arabes unis, du Bahreïn et du Koweït, qui hébergent des bases militaires américaines. La Jordanie a également dit avoir intercepté des missiles.

L'armée américaine a dit n'avoir recensé aucune victime après les représailles iraniennes.

"Les dommages contre les installations américaines sont minimales et n'ont pas impacté nos opérations", a déclaré le commandement central de l'armée américaine.

La communauté internationale a appelé à la retenue, enjoignant toutes les parties à revenir au dialogue et aux négociations.

Le Conseil de sécurité de l'Onu va se réunir en urgence samedi sur la situation en Iran, à la demande de la Russie et de la Chine, a rapporté l'agence de presse iranienne RIA, citant la mission russe aux Nations unies.

Cette opération israélo-américaine contre l'Iran, qui fait écho au conflit de douze jours en juin dernier, intervient après des avertissements répétés des États-Unis et d'Israël selon lesquels ils frapperaient à nouveau si Téhéran ne renonçait pas à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques.

Selon un responsable militaire israélien, cette nouvelle campagne de frappes aériennes a été planifiée pendant des mois en coordination avec les États-Unis, et la date de son déclenchement avait été fixée il y a plusieurs semaines.

Les États-Unis ont notamment déployé à cette fin deux porte-avions et leurs escadres dans la région.

"Je ne fais pas cette déclaration à la légère. Le régime iranien cherche à tuer", a déclaré Donald Trump dans une vidéo diffusée sur Truth Social.

"De courageux héros américains risquent de perdre la vie et nous pourrions déplorer des pertes, comme c'est souvent le cas en temps de guerre, mais nous agissons ainsi, non pas pour le présent, mais pour l'avenir, et c'est une mission noble."

En amont des frappes américaines en Iran, le président américain a été informé des risques importants de pertes humaines mais aussi de la perspective d'un changement majeur dans la région favorable aux intérêts de Washington, a déclaré à Reuters un responsable américain, sous couvert d'anonymat.

ÉTAT D'ALERTE EN ISRAËL

Selon trois sources informées, dont deux au fait des opérations militaires israéliennes, le commandant des Gardiens de la révolution Mohammed Pakpour et le ministre de la Défense Amir Nasirzadeh figureraient au nombre des victimes.

Un responsable américain a déclaré à Reuters que les frappes avaient été lancées depuis les airs et la mer et qu'elles allaient sûrement se poursuivre pendant "plusieurs jours".

Un responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran allait riposter de manière "écrasante" à cette attaque. Les Gardiens de la révolution ont assuré que la riposte se poursuivrait "jusqu'à ce que l'ennemi soit définitivement vaincu".

L'armée israélienne a dit que plusieurs salves de missiles iraniens avaient été tirés en direction d'Israël, dont le "Dôme de fer" a été activé et où les sirènes d'alerte ont retenti.

Une explosion a retenti dans le ciel de Tel-Aviv mais aucun dégât n'a été signalé pour le moment et les Israéliens ont été autorisés à quitter les abris dans plusieurs zones du pays.

Les écoles sont néanmoins restées fermées samedi et les Israéliens ont été appelés à télétravailler et à éviter les rassemblements publics, a précisé l'armée.

L'espace aérien israélien est fermé pour tous les vols civils jusqu'à ce que la situation soit jugée sûre, a annoncé l'autorité aéroportuaire israélienne.

L'Iran a également fermé son espace aérien, de même que d'autres pays de la région comme l'Irak et le Koweït. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France-KLM et Lufthansa, mais aussi Qatar Airways et Emirates, ont annoncé la suspension de leurs vols en direction d'Israël et de plusieurs destinations proche-orientales, comme Beyrouth, Bagdad, Dubaï, Doha et Oman.

Plusieurs grandes compagnies pétrolières ont suspendu leurs expéditions de pétrole brut et de carburant via le détroit d'Ormuz, ont déclaré quatre sources commerciales.

(Rédigé par les bureaux de Reuters, version française Tangi Salaün et Zhifan Liu)

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