"Ce sera aux Français de distribuer les bons et les mauvais points", selon Philippe Juvin, qui promet d'être impartial.
Philippe Juvin à Paris, le 2 décembre 2025. ( AFP / THOMAS SAMSON )
"Cette démarche est au service d'une seule cause, la clarté du débat démocratique" : le rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin (LR), a écrit à l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2027 pour leur demander de préciser leurs intentions en matière de redressement des finances publiques.
Dans cette lettre envoyée lundi à chacun de la vingtaine de candidats déjà en lice, révélée par Les Échos mardi 1er septembre et dont l' AFP a eu copie, Philippe Juvin demande notamment aux candidats de détailler leur position sur cinq questions "déterminantes" : quelle trajectoire de déficit et de dette publique prévoient-ils; les réformes structurelles concernant les dépenses et les recettes; la stratégie fiscale; les priorités du premier budget du quinquennat; les instruments "de gouvernance budgétaire pour garantir le respect de la trajectoire annoncée et renforcer la transparence de nos finances publiques".
Les réponses seront transmises aux membres de la commission des Finances pour alimenter le débat présidentiel "en toute impartialité", explique Philippe Juvin, soutien affiché de Bruno Retailleau.
"Je n'oblige personne à dire qu'il faut baisser la dépense publique par exemple -ce que je crois, moi", explique le député aux Échos. Simplement, je demande aux candidats d'exprimer clairement leurs intentions. Ensuite, ce sera aux Français de distribuer les bons et les mauvais points. "
"Dire la vérité aux Français"
Philippe Juvin rappelle les constats alarmants récemment établis sur l'état financier de la France.
D'une part par la Cour des comptes, qui a estimé en juin que la dette publique devrait atteindre 119% du PIB cette année et que la charge des intérêts de cette dette, proche de 78 milliards d'euros, pourrait franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie.
Le rapport de la mission sur la transparence des finances publiques, publié en juillet, établit pour sa part qu'à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9% du PIB l'an prochain, au lieu de 5,1% l'an dernier et de 5% espérés cette année, puis 6,8% en 2030, tandis que la dette publique dépasserait 130% du PIB au même moment.
" Il ne faut pas que le débat sur la dette soit escamoté , comme cela a souvent été le cas par le passé", insiste Philippe Juvin dans les Échos. Cette question va devenir absolument critique dans les cinq ans à venir. Il faut dire les choses clairement. C'est à cette condition que les Français comprendront l'importance du sujet et les efforts qui seront à faire. Si vous n'en parlez pas, les Français continueront à penser qu'on peut procrastiner."
Pour lui, "dire la vérité aux Français sur l'état de nos comptes et sur les marges de manœuvre réellement disponibles, c'est les respecter".
12 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer