Catherine Trautmann (d), candidate du Parti socialiste (PS) à la mairie de Strasbourg, vote au Premier tour des municipales à Strasbourg, le 15 mars 2026 dans le Bas-Rhin ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
Face à la fusion des listes Les Ecologistes et LFI menée par la maire sortante de Strasbourg Jeanne Barseghian, Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour des municipales, a noué mardi un accord avec le candidat de centre-droit, s'attirant les foudres du PS.
"Cet accord à Strasbourg place ceux qui l'ont conclu en dehors du Parti socialiste", a réagi le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur X.
"L'histoire du socialisme c'est de faire gagner la gauche partout où c'est possible", mais pas "au prix d'alliances avec des candidats Horizons", qui "partout ailleurs en France s'allient à la droite la plus dure pour battre la gauche", a souligné M. Faure.
Sa réaction est "cohérente finalement, puisqu'il prend acte du glissement à droite de Catherine Trautmann", a réagi Jeanne Barseghian, venue en préfecture déposer une liste commune avec les insoumis.
Le candidat de La France Insoumise (LFI) Florian Kobryn (G), et la maire sortante Les Ecologistes Jeanne Barseghian (D) à Strasbourg le 11 mars 2026 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
A ses côtés, Florian Kobryn (LFI) a estimé que le second tour à Strasbourg était celui de la "grande clarification" avec "la droite divisée" entre "les macronistes d'un côté, avec Mme Trautmann", et "la droite républicaine" de l'autre. Et face à eux "la gauche unie".
Arrivée en tête dimanche, avec 25,93% des voix, Catherine Trautmann a justifié son alliance avec le candidat centriste Pierre Jakubowicz (5,10% des voix) par la volonté de former un "arc républicain" et empêcher l'extrême gauche de gagner.
"Etre d'horizons différents sur le plan politique n'empêche pas de partager un socle commun et d'avoir un projet commun", a déclaré Mme Trautmann, qui tente à 75 ans de reconquérir le fauteuil de maire qu'elle avait déjà occupé de 1989 à 1997 puis en 2000-2001.
Mme Trautmann a expliqué partager "les mêmes valeurs fondamentales" que Pierre Jakubowicz, avec lequel elle a siégé sur les bancs de l'opposition municipale.
"Catherine Trautmann travaille main dans la main avec la droite macroniste depuis maintenant plus de cinq ans", a déclaré Jeanne Barseghian, assurant que son adversaire s'était prononcée "contre l'hébergement d'urgence, contre le logement social, contre les transports collectifs", notamment par son opposition à un projet de tram devant relier le nord de Strasbourg.
- "Mêmes valeurs" -
Arrivée en troisième position avec 19,72% des voix, la maire sortante est en difficulté face à Catherine Trautmann et au candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter, arrivé en deuxième position (24,23%).
Dans l'espoir de battre Catherine Trautmann, elle a annoncé lundi fusionner sa liste avec celle du candidat LFI Florian Kobryn, qui a obtenu 12,03% des suffrages.
L'annonce de cette fusion c'est "ce qui nous a fait bouger". "On n'aurait peut-être pas ouvert notre liste à Jakubowicz sans cela", a décrypté Mathieu Cahn, éphémère tête de liste PS en 2020 (avant d'être remplacé par Catherine Trautmann) et numéro 8 sur la liste Trautmann du premier tour cette année.
"Si Barseghian gagne, c'est LFI qui fera la pluie et le beau temps au conseil municipal, et ça, pour nous, c'est inacceptable", a poursuivi M. Cahn.
Rallier Catherine Trautmann a coûté à Pierre Jakubowicz son investiture du parti Horizons qui a annoncé qu'il soutiendrait au second tour Jean-Philippe Vetter pour "faire gagner la droite et le centre dans le plus de municipalités possible".
Pierre Jakubowicz avait bien tenté des appels du pied à Jean-Philippe Vetter, sans succès. Le candidat LR a déposé lundi une liste inchangée pour le second tour, dans un souci de "clarté".
Pierre Jakubowicz, candidat Horizons à Strasbourg, pose le 11 mars 2026 avant un débat sur la chaîne ICI Alsace à Strasbourg ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
De son côté, M. Jakubowicz, sixième sur la nouvelle liste, a justifié son ralliement à Mme Trautmann car il ne veut "pas simplement dénoncer" l'accord entre écologistes et insoumis, mais "le combattre".
"Ma responsabilité, c'est de participer à ce rassemblement pour éviter que l'extrême-gauche soit au pouvoir à Strasbourg ce dimanche soir", a-t-il expliqué.

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