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Seul un cessez-le-feu à Gaza peut retarder la réponse de l'Iran à Israël-sources
information fournie par Reuters 13/08/2024 à 15:32

par Parisa Hafezi et Laila Bassam

Seul un accord de cessez-le-feu à Gaza, issu des pourparlers attendus cette semaine, empêcherait l'Iran d'exercer des représailles directes contre Israël, ont affirmé trois hauts responsables iraniens.

L'Iran a promis une réponse sévère à la suite de l'assassinat à Téhéran, le mois dernier, d'Ismaël Haniyeh, chef politique du Hamas palestinien.

Alors que les négociations en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza doivent reprendre cette semaine, la marine américaine a déployé des navires de guerre et un sous-marin au Moyen-Orient pour renforcer les défenses israéliennes.

L'une des sources, un haut responsable de la sécurité iranienne, a déclaré que l'Iran et ses alliés tels que le Hezbollah, lanceraient une attaque directe si les pourparlers sur Gaza échouaient ou s'ils percevaient qu'Israël faisait traîner les négociations. Les sources n'ont pas précisé combien de temps Téhéran attendrait avant de réagir.

L'Iran, ont ajouté les sources, a entamé ces derniers jours un dialogue avec les pays occidentaux et les États-Unis sur les moyens de calibrer les représailles.

Les sources ont requis l'anonymat en raison du caractère sensible du sujet.

L'ambassadeur des États-Unis en Turquie a confirmé mardi que Washington demandait à ses alliés de l'aider à convaincre l'Iran de désamorcer les tensions.

Trois sources gouvernementales régionales ont fait état de conversations avec Téhéran visant à éviter une escalade avant les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza, qui doivent débuter jeudi en Égypte ou au Qatar.

"Nous espérons que notre réponse sera programmée et exécutée de manière à ne pas nuire à un éventuel cessez-le-feu", a déclaré vendredi la mission iranienne auprès de l'Onu dans un communiqué.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui estimé mardi que l'appel à la retenue lancé conjointement la veille par la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne contredisait "les principes du droit international".

Le ministère iranien des affaires étrangères et le corps des gardiens de la révolution n'ont pas répondu à des demandes de commentaires dans l'immédiat. Le bureau du Premier ministre israélien et le département d'État américain n'ont pas répondu aux questions de Reuters.

IMPACT SUR LES POURPARLERS

John Kirby, porte-parole de la Maison-Blanche, a déclaré à la presse lundi que l'Iran et ses alliés pourraient agir "dès cette semaine".

"Si quelque chose se produit cette semaine, le moment choisi pourrait certainement avoir un impact sur les pourparlers que nous voulons mener jeudi", a-t-il ajouté.

Le week-end dernier, le Hamas a jeté le doute sur la poursuite des pourparlers alors que plusieurs cycles de négociations ont eu lieu ces derniers mois sans parvenir à un accord définitif.

En Israël, de nombreux observateurs pensent qu'une réponse est imminente après que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que l'Iran "punirait sévèrement" Israël pour la frappe à Téhéran.

Le nouveau président iranien, Massoud Pezeshkian, a réaffirmé à plusieurs reprises la position anti-israélienne de l'Iran et son soutien aux mouvements d'opposition dans la région depuis son entrée en fonction le mois dernier.

Pour Meir Litvak, chercheur au Centre d'études iraniennes de l'université de Tel-Aviv, l'Iran fera passer ses besoins avant le Hamas, mais souhaite également éviter une guerre à grande échelle.

"Les Iraniens n'ont jamais subordonné leur stratégie et leurs politiques aux besoins de leurs alliés ou de leurs protégés", a déclaré Meir Litvak. "Une attaque est probable et presque inévitable, mais je n'en connais ni l'ampleur ni le calendrier."

Saeed Laylaz, analyste basé en Iran, estime de son côté que les dirigeants de la République islamique souhaitent désormais œuvrer en faveur d'un cessez-le-feu à Gaza "afin d'éviter une guerre totale et de renforcer sa position dans la région".

Selon deux des sources, l'Iran envisage par ailleurs d'envoyer un représentant aux pourparlers sur le cessez-le-feu, une première depuis le début de la guerre à Gaza.

Ce représentant n'assisterait pas directement aux réunions mais participerait à des discussions en coulisses "pour maintenir une ligne de communication diplomatique" avec les États-Unis pendant la durée des négociations.

Les autorités américaines, qataries et égyptiennes n'ont pas répondu aux questions sur le rôle de l'Iran dans les négociations dans l'immédiat.

Deux sources haut placées proches du Hezbollah libanais ont affirmé que Téhéran donnerait une chance aux négociations, mais qu'il ne renoncerait pas à ses intentions de riposte.

Un cessez-le-feu à Gaza donnerait à l'Iran une couverture pour une riposte "symbolique" de moindre ampleur, a jugé l'une des sources.

(Reportage Parisa Hafezi à Dubaï et Laila Bassam au Liban, avec James Mackenzie, Maayan Lubell et Maytaal Angel à Jérusalem, Phil Stewart, Humeyra Pamuk, Idris Ali et Trevor Hunnicutt à Washington, rédigé par Samia Nakhoul ; version française Kate Entringer, édité par Zhifan Liu)

2 commentaires

  • 13 août 19:48

    Espérons...


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