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Séismes au Venezuela: plus de 3.000 morts, des corps non identifiés enterrés
information fournie par AFP 06/07/2026 à 00:54

Tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de la Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

Tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de la Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

Le double tremblement de terre qui a dévasté le nord du Venezuela le 24 juin a fait plus de 3.000 morts, selon un nouveau bilan dimanche des autorités qui ont commencé à faire enterrer des victimes non identifiées.

"Bilan officiel du 5 juillet: 3.342 morts, 16.740 blessés", selon le communiqué du gouvernement. Les autorités évitent de parler de disparus mais les Nations unies estiment qu'il pourrait y en avoir 50.000, certaines projections avançant plutôt un chiffre proche de 10.000. Le précédent bilan, daté de samedi, était de 2.954 morts.

L'espoir de retrouver des survivants est infime et les équipes de secours internationales commencent à quitter le pays.

Plus de 150 corps non identifiés ont été enterrés dans un cimetière de Catia La Mar de La Guaira, la zone la plus ravagée par la catastrophe, ont constaté dimanche des journalistes de l'AFP.

Des personnes mettent en ordre des tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de La Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

Des personnes mettent en ordre des tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de La Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

Ils ont dénombré 159 tombes de personnes non identifiées, réparties en deux longues parcelles sur une même terrasse, et 95 tombes de personnes identifiées dans une zone reculée du cimetière La Esperanza.

Des fossoyeurs avec des pelleteuses mécaniques ont creusé des tranchées qui permettront d'accueillir d'autres dépouilles.

Les tombes ont été délimitées avec des pierres blanches. Un petit bouquet de fleurs a été posé au pied d'une austère croix blanche. Sur celle-ci, une plaque porte un numéro d'identification, l'inscription "Identification spéciale" et la date du décès, le 24 juin 2026, le jour où les séismes meurtriers ont frappé le pays.

Les tombes "sont numérotées par parcelles et aussi par le code" afin que les personnes non identifiées puissent être retrouvées par leurs familles "grâce au portrait" pris avant leur inhumation, explique Eli Zavala, habitant du quartier.

"Pas sans mon fils"

Dans la Guaira, Zuly cherche son fils de 23 ans qui travaillait dans une boulangerie de Catia La Mar de La Guaira. Elle dit avoir dormi avec sa fille tous ces jours sur une petite place voisine dans l'attente que l'on dégage les décombres.

"C'est horrible, je ne sais même plus quel jour on est, on perd la tête, mais je ne bouge pas d'ici parce que je sais qu'il est là. J'ai retrouvé sa moto, j'ai retrouvé son casque, il est là, que Dieu fasse qu'il soit vivant. Sinon, au moins le retrouver, le voir, on a besoin de leur donner le repos éternel. Je ne partirai pas sans mon fils", dit-elle.

L'église de La Guaira, endommagée par le double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à La Guaira ( AFP / MARTIN BERNETTI )

L'église de La Guaira, endommagée par le double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à La Guaira ( AFP / MARTIN BERNETTI )

Il y a désormais une course contre la montre pour retrouver les corps. "A partir d'un certain moment, les corps commencent à émettre divers liquides et des gaz spécifiques qui sont extrêmement nuisibles pour les vivants. La plupart des corps que nous avons retrouvés sont dans un état avancé de décomposition", explique à l'AFP le capitaine des Pompiers Militaires brésiliens Diego Asuncao.

"Nous avions pour mission de sauver des victimes vivantes et maintenant nous avons pour mission de récupérer les corps pour que les familles puissent trouver le repos", poursuit-il.

Critiquée pour sa gestion du double séisme, de l'organisation des secours et maintenant de la lenteur pour récupérer les corps, la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez a elle assuré dimanche qu'il "n'y aura pas d'explosion sociale".

"Je ne comprends pas comment, en ces moments de douleur pour le Venezuela, de deuil national (...) il y en a qui osent planifier d'éventuelles explosions sociales. Ici, il n'y aura pas d’explosion sociale. Ici, ce qu'il y a, c'est une profonde solidarité sociale de notre peuple", a-t-elle lancé lors d'une cérémonie célébrant l'indépendance du pays (5 juillet) dans l'enceinte de Fuerte Tiuna, enclave militaire dans Caracas.

Sur la zone dévastée du tremblement de terre, de nombreux habitants ont fait part à l'AFP de leur colère quant à l'action des pouvoirs publics.

Plus de 17.000 personnes sont sans logement, indique également le communiqué du gouvernement dimanche. De nombreux sinistrés vivent dans les rues ou réfugiés dans des parcs.

Tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de la Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

Tombes de victimes non-identifiées du double séisme au Venezuela, le 5 juillet 2026 à Catia La Mar, dans l'Etat de la Guaira ( AFP / Miguel MEDINA )

A Caracas et à La Guaira, beaucoup se sont plutôt concentrés sur les offices du dimanche dans les églises pour se souvenir des personnes perdues et de celles disparues. Sur le campus de l'Université centrale du Venezuela, à Caracas, des dizaines de personnes se sont rassemblées autour d'un grand drapeau vénézuélien entouré de bougies pour une veillée.

"J'ai rencontré des couples qui ont perdu leurs deux enfants, ou deux de leurs trois. C'est très douloureux", dit le père Rafael Troconis à l'AFP, à La Guaira. "On essaie d'apporter autant de soutien que possible. On veut être proche de ceux qui souffrent. On remarque beaucoup de tristesse et de désespoir".

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