Le gouvernement a autorisé un assouplissement temporaire des règles de production des fromages abondance, beaufort et comté, en raison de la sécheresse ( AFP / JEAN-PIERRE CLATOT )
Le gouvernement a autorisé un assouplissement temporaire des règles de production des fromages abondance, beaufort et comté, en raison de la sécheresse cet été, qui a perturbé l'alimentation des vaches laitières, selon trois arrêtés publiés mercredi au Journal officiel.
Ces trois fromages bénéficient d'une appellation d'origine protégée (AOP), un label européen qui impose normalement aux éleveurs de nourrir leurs vaches majoritairement avec de l'herbe issue d'une zone géographique délimitée, dans les Alpes pour les deux premiers, et dans le massif du Jura pour le comté.
Le manque de pluie des derniers mois ayant asséché les pâturages, les producteurs ont obtenu des dérogations exceptionnelles pour nourrir leurs troupeaux.
Pour l'abondance, les éleveurs pourront notamment réduire fortement la part d'herbe pâturée et utiliser davantage de fourrage provenant de l'extérieur de la zone de l'appellation.
Pour le beaufort, la part de foin et d'herbe devant provenir de la zone de production est abaissée, tandis que davantage d'aliments complémentaires pourront être donnés aux vaches.
Pour le comté, l'assouplissement est plus limité: jusqu'à fin octobre, le maïs vert donné aux animaux pourra provenir, en partie, de l'extérieur de l'exploitation.
Ces mesures interviennent alors que la pousse cumulée des prairies permanentes était, au 10 août, inférieure d'un tiers à celle observée en moyenne à la même date sur la période 1989-2018, selon le service statistique du ministère de l'Agriculture.
La situation fourragère est "très dégradée" dans la quasi-totalité des régions, écrivait à la mi-août le ministère.
L'institut national de l'origine et de la qualité (INAO), qui qualifie la sécheresse actuelle d'"historique", indique avoir également accordé des modifications temporaires à plusieurs autres AOP fromagères, notamment le reblochon, le cantal, le bleu d'Auvergne ou encore la fourme d'Ambert.
Ces modifications doivent toutefois être officialisées par des arrêtés publiés au Journal officiel.
Des dérogations comparables avaient déjà été accordées à plusieurs de ces appellations après la sécheresse de 2022.
Tomates ou pommes en souffrance, prairies grillées, ponte au ralenti: l'agriculture paye un lourd tribut aux canicules et à la sécheresse qui ont frappé le pays cet été, avec encore des incertitudes sur les conséquences en termes de coûts de production ou de prix.
La ministre Annie Genevard réunira jeudi les préfets "de toute la France", par visioconférence, pour un état des lieux des pertes, avant de dévoiler le 3 septembre un plan avec des mesures d'urgence.

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