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Santé : les annonces de Gabriel Attal provoquent une crise ouverte entre le gouvernement et les médecins libéraux
information fournie par Boursorama avec Media Services 08/04/2024 à 17:20

Les syndicats de médecins libéraux accusent le Premier ministre "d'attaque" en règle contre leur rôle dans le système de soins.

Gabriel Attal à Paris, le 3 avril 2024. ( AFP / BERTRAND GUAY )

Gabriel Attal à Paris, le 3 avril 2024. ( AFP / BERTRAND GUAY )

En pleines négociations entre professionnels de santé et Assurance maladie, les dernières annonces gouvernementales sur l'hôpital puis les soins de ville ont ulcéré successivement les médecins spécialistes et généralistes, ces derniers dénonçant lundi 8 avril une "dérégulation qui ne va profiter qu'aux gens riches".

Cinq syndicats sur six ont annoncé qu'ils "suspendaient" les négociations en cours avec l'Assurance maladie, tandis que le dernier, le modéré CSMF, accusait le gouvernement d'avoir "saboté" le processus.

La série d'annonces de Gabriel Attal par voie de presse ce weekend a contribué à raidir davantage une situation déjà tendue entre les différentes parties. L'expérimentation de l'accès direct aux spécialistes sans passer par le généraliste dans 13 départements a été très mal reçue chez les libéraux. Comme la "simplification" du dispositif "Mon Soutien Psy": les patients pourront accéder directement à douze consultations chez le psychologue à 50 euros, sans être adressé par un généraliste ou un psychiatre.

Aujourd'hui, en dehors de quelques spécialités -pédiatres, gynécologues ou ophtalmologues- les patients sont supposés être adressés par leur médecin traitant dans le cadre du "parcours de soins", sans quoi ils sont moins bien remboursés. L'accès direct aux spécialistes est un chiffon rouge pour plusieurs syndicats, en particulier la première organisation de généralistes MG France, qui dénonce un court-circuitage du médecin traitant.

"C'est clairement une attaque contre notre rôle"

"C'est clairement une attaque contre notre rôle dans le système de soins, avec une dérégulation qui ne va profiter qu'aux gens riches, peu malades et qui connaissent le système", a déploré lundi dans le Parisien la présidente de MG France Agnès Giannotti.

Ces annonces, non concertées avec les professionnels selon plusieurs sources, interviennent alors que les médecins libéraux et l'Assurance maladie négocient depuis l'automne leur nouvelle convention pour cinq ans. Elles visent à augmenter la rémunération des médecins en contrepartie d'engagements "collectifs" sur l'accès aux soins.

On travaillait sur "un système cohérent, basé sur le rôle central du médecin traitant , et Matignon est prêt à le rayer d'un coup de plume", tance Agnès Giannotti.

"Le Premier ministre a-t-il tué la négociation conventionnelle ?", s'interroge dans un communiqué le syndicat FMF, qui dénonce "un virage de 180 degrés à la politique de parcours de soins mise en place depuis plus de 20 ans".

"Cerise sur le gâteau, on n'était pas au courant" , ajoute Franck Devulder (CSMF). Il assure avoir rencontré successivement mardi et mercredi le directeur de l'Assurance maladie puis le ministre délégué à la Santé Frédéric Valletoux, sans "qu'aucun mot" ne soit échangé sur ces mesures. "Peut-être qu'ils n'étaient pas plus au courant que moi", ironise-t-il.

Contentieux avec les cliniques privées

Les déclarations de Gabriel Attal viennent s'ajouter au contentieux sur la question des tarifs des cliniques privées, qui avait déjà poussé quatre des six syndicats représentatifs à interrompre leur participations aux négociations jeudi dernier. Les tarifs hospitaliers du secteur privé lucratif, dans lequel travaillent nombre de spécialistes libéraux, n'augmenteront que de 0,3% en 2024, contre 4,3% pour les hôpitaux publics. "Les arbitrages sur les tarifs hospitaliers sont une déclaration de guerre", avait jugé le représentant d'Avenir Spé-Le Bloc, Patrick Gasser. Il craint que beaucoup de cliniques "non rentables" finissent par fermer, alors qu'elles sont leur outil de travail.

De son côté, le ministre délégué à la Santé Frédéric Valletoux s'est voulu rassurant lundi sur franceinfo : "Le dialogue n'est pas rompu" avec les syndicats, "je les ai eus (au téléphone) ce week-end et je les aurai cette semaine", a-t-il assuré. "Le Premier ministre a raison de poser des chantiers ambitieux, aujourd'hui on ne peut plus attendre", a-t-il estimé.

Interrogé par l' AFP sur le détail de "l'expérimentation" de l'accès direct aux spécialistes, le ministère délégué a la Santé assure que les paramètres seront "construits en lien avec les représentants des médecins". "Il faut continuer à réformer le pays et ne pas reculer dès qu'il y a une contestation. Par ailleurs, les choses vont être construites avec eux", positivait lundi matin un conseiller de l'exécutif.

40 commentaires

  • 09 avril 08:54

    Ex spécialiste lorsque on me consultait directement pour que le remboursement soit correct je notais que ce patient m était adressé. Jamais de contrôle sécu


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