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RPT France-A peine formé, le gouvernement Barnier contraint d'oeuvrer pour durer
information fournie par Reuters 23/09/2024 à 11:48

(Corrige coquilles)

Le Premier ministre Michel Barnier a réuni lundi son gouvernement à Matignon avant un premier conseil des ministres à l'Elysée qui lancera l'action d'un exécutif sommé de convaincre un Parlement fragmenté où plane la menace d'une motion de censure.

Lors de cette réunion matinale, l'ancien commissaire européen a demandé à ses ministres d'être "irréprochables et modestes", sans "esbroufe", a indiqué son entourage.

Michel Barnier avait reçu pour mission de former un gouvernement "d'équilibre" mais son équipe dévoilée samedi reprend l'architecture de l'ancienne majorité présidentielle, à laquelle s'ajoutent des figures des Républicains (LR) comme l'ancien chef des sénateurs conservateurs Bruno Retailleau, nommé à l'Intérieur.

"Ce sera dur", a dit le successeur de Gérald Darmanin lors de la passation de pouvoir place Beauvau. "Il faudra de la persévérance, du professionnalisme, de la constance aussi".

Cet exécutif permet de revendiquer le soutien de 220 à 230 députés, soit le "socle le plus important de l'Assemblée nationale", a déclaré dimanche soir Michel Barnier sur France 2 - un chiffre qui ne lui offre toutefois qu'une majorité relative, loin des 289 élus requis pour la majorité absolue.

Sans surprise, l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP), forte de 193 députés, a dénoncé une "forfaiture antidémocratique", selon l'expression du député La France insoumise Manuel Bompard sur Europe 1.

"La nomination de Michel Barnier et la constitution de ce gouvernement est une sorte de braquage en bande organisée", a dénoncé le coordinateur de LFI alors que le NFP, ressorti en tête des élections législatives anticipées, revendiquait de former un gouvernement de cohabitation.

LE RN "ATTEND LE DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE"

Le NFP menace d'ores et déjà de déposer une motion de censure contre le gouvernement à l'issue du discours de politique générale de Michel Barnier prévu le 1er octobre.

"Quoi qu’il arrive, ce sera la motion de censure", a confirmé Manuel Bompard.

Le NFP n'est toutefois pas en mesure à lui seul de faire tomber le gouvernement; il lui faut pour cela les voix du Rassemblement national (RN) et de ses alliés qui comptent 142 députés à l'Assemblée nationale.

Dans la formation d'extrême-droite, la ligne revient à ne pas censurer "a priori" tout en laissant planer la menace.

"On attend le discours de politique générale de M.Barnier, qu'est-ce qu'il va annoncer comme chemin pour notre pays, qu'est-ce qu'il va annoncer comme mesures concrètes très rapides sur le budget, et on jugera sur pièce", a expliqué lundi sur France Inter le député RN Jean-Philippe Tanguy.

"C'est nous qui déciderons si oui ou non ce gouvernement a un avenir", a-t-il ajouté.

La présentation du budget pour 2025, prévue le 9 octobre, constituera le premier test majeur pour le gouvernement Barnier.

Si le Premier ministre a exclu dimanche toute hausse généralisée des impôts - rejetée par le camp présidentiel -, il n'a pas exclu "quelques prélèvements ciblés" sur les Français "les plus fortunés" et "certaines grandes entreprises".

(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Elizabeth Pineau)

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