Un thermomètre de pharmacie affiche une température de 40°C à Bordeaux, eb Gironde, le 6 juillet 2026 lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Philippe LOPEZ )
La vague de chaleur qui étouffe des millions de Français, la deuxième en trois semaines, va encore gagner du terrain vers le nord et l'est, avec 67 départements en vigilance orange canicule mercredi et un risque "élevé" d'incendies sur près de la moitié du pays.
Les "conditions anticycloniques associées à une masse d'air devenant de plus en plus chaude par le sud et l'ouest du pays et gagnant progressivement vers le nord et l'est les jours suivants", provoquent un nouvel épisode "sévère et durable", selon Météo-France.
"Le passage en orange d'autres départements est probable lors des prochaines diffusions, notamment dans la région Grand-Est et Franche-Comté", souligne l'institut de prévisions.
Mardi, le thermomètre va grimper entre 35 et 38°C sur la plupart du pays, avec des pointes de 38°C à 41°C dans le Sud-Ouest.
L'indicateur thermique national (moyenne de températures diurnes et nocturnes enregistrée dans une trentaine de stations de référence) a atteint 25,8°C lundi, après 23,6°C samedi et 24,5°C dimanche. Soit plus de 23,4°C durant trois jours d'affilée, l'un des critères définissant une vague de chaleur, selon Météo-France.
C'est la deuxième de l'année, après celle survenue durant la deuxième quinzaine de juin, et la 53e depuis 1947, dont plus de la moitié ont eu lieu après 2010, signe du réchauffement climatique.
Vagues de chaleur recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947 ( AFP / Valentin RAKOVSKY )
Seuls les Hauts-de-France, les côtes de la Manche et la façade est de l'Hexagone sont épargnés par ces températures suffocantes "nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées", souligne Météo-France.
C'est le cas des plus âgés et des plus jeunes. A Grenoble, Nathalie Pothin, assistante maternelle, a conduit les enfants dans un parc équipé d'un brumisateur. "On essaie de les rafraîchir comme on peut, on achète des piscines, on les met dans l'eau. Je pense qu'il faut s'habituer malheureusement", dit-elle.
"Intenable"
En début d'après-midi dans les rues inondées de soleil à Mont-de-Marsan, les volets étaient clos. Michaël, 32 ans, employé à la propreté urbaine de la ville, achevait sa journée de travail, débutée à 6H00 pour adapter les horaires à la chaleur.
"D'habitude, on finit à 15H00 mais avec ces températures, c'est intenable", souligne-t-il. Les "températures à 40°C, voire plus, arrivent beaucoup plus souvent, une année sur deux" mais "la ville n'est pas adaptée, comme le reste du pays d'ailleurs", estime-t-il.
Des personnes devant un café lors d'une vague de chaleur à Nice, sur la Côte d'Azur, le 6 juillet 2026 ( AFP / Valery HACHE )
Dans une pharmacie du centre de Bordeaux, couvertures de survie – à fixer sur les fenêtres – et brumisateurs sont en rupture de stock. "Il y a eu un +trend+ sur TikTok et tout est parti en quelques jours", explique une pharmacienne, citant un autre produit phare du moment: les sels de réhydratation.
Ces très fortes chaleurs, couplées à une sécheresse grandissante, font aussi craindre de nombreux incendies, alors que celui des Pyrénées-Orientales a parcouru près de 5.000 hectares et entraîné l'évacuation de 12.000 personnes, et qu'un feu s'est étendu à 1.400 hectares dans la Drôme.
Selon la Météo des forêts, le risque est "très élevé" mercredi dans la Drôme, le Vaucluse, le Gard, l'Hérault et l'Aude, et "élevé" dans 40 autres départements. En Lozère, un incendie déclenché à la suite de travaux agricoles a brûlé 200 hectares de végétation.
Feux du 14 juillet annulés
Egalement en raison des fortes chaleurs et du risque d'incendies, plusieurs communes en Bretagne, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Creuse, ont annoncé l'annulation des feux d'artifice du 14 juillet.
La tendance à la baisse des nappes phréatiques, dès avant le torride mois de juin, a conduit de nombreuses préfectures à restreindre les usages de l'eau pour les particuliers et professionnels, y compris pour l'irrigation agricole dans les départements en situation de crise, comme dans le Limousin.
Des passants se protègent du soleil avec un parapluie à Bordeaux, le 5 juillet 2026 en Gironde, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Philippe LOPEZ )
Un premier pic de chaleur précoce, entre le 21 et le 30 mai, a été suivi d'une vague de chaleur d'une intensité exceptionnelle entre le 17 et le 30 juin, avant l'épisode actuel.
Mardi, un expert au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) a estimé que le phénomène El Niño, actuellement en formation, devrait battre des "records" en termes d'intensité dans les prochains mois et augmenter ainsi la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde.
Combiné au changement climatique - causé par les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine - le dernier El Niño a contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée et de 2024 l'année la plus chaude de tous les temps.

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