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Royaume-Uni: l'inflation reste élevée un mois avant le budget
information fournie par Boursorama avec AFP 22/10/2025 à 12:30

( AFP / JUSTIN TALLIS )

( AFP / JUSTIN TALLIS )

L’inflation est restée stable en septembre au Royaume-Uni, à 3,8% sur un an, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS), mais à un niveau toujours élevé qui maintient la pression sur le gouvernement travailliste à l’approche d'un budget à haut risque.

"Je ne suis pas satisfaite de ces chiffres", a concédé dans un communiqué la ministre des Finances Rachel Reeves, qui doit présenter le 26 novembre la feuille de route gouvernementale pour 2026-2027. Elle se dit "déterminée" à soutenir ceux "qui ont du mal à faire face à la hausse des factures et au coût de la vie".

Les Britanniques spéculent depuis des mois sur de possibles hausses d'impôts lors de la présentation de ce budget, devenues quasi inévitables avec la combinaison de cette forte inflation, d'une croissance atone et d'un déficit qui se creuse.

Au plus bas dans les sondages et contesté jusque dans son camp, le Premier ministre Keir Starmer joue lui aussi très gros avec cette échéance majeure, au moment où le parti d'extrême droite Reform UK caracole en tête des intentions de vote.

- Hausses d'impôts -

L’inflation en septembre ressort en dessous des prévisions des analystes, qui anticipaient 4%, un signe jugé encourageant. Mais elle reste à un niveau bien supérieur aux 2,2% enregistrés dans la zone euro et à la cible de 2% de la banque centrale britannique, la Banque d’Angleterre.

Les pressions à la hausse des prix, venues de ceux de l'essence et des billets d'avion, ont été compensées "par des prix plus faibles pour toute une gamme d’achats récréatifs et culturels", selon Grant Fitzner de l'ONS. "Le coût des aliments et des boissons non alcoolisées a également diminué pour la première fois depuis mai de l'an dernier", a-t-il souligné.

Une inflation élevée freine la consommation et l’investissement. Elle contraint aussi la Banque d’Angleterre à maintenir ses taux d’intérêt à 4%, ce qui pèse sur le coût de la dette du Royaume-Uni.

Elle fait grimper automatiquement les prestations sociales, donc les dépenses publiques. En revanche, les recettes fiscales ne progressent pas assez pour compenser.

Conséquence: Mme Reeves devra presque certainement réduire les dépenses ou augmenter les impôts pour tenir sa promesse d'assainir les finances publiques, des options qu'elle n'a pas exclues dans ses récentes déclarations.

- Brexit -

Mais des mesures similaires mises en œuvre cette année ont déjà coûté cher en popularité au gouvernement.

La hausse des cotisations patronales a entraîné des coûts supplémentaires pour les entreprises, qui se "sont finalement répercutés sur les consommateurs", a souligné Lindsay James, de Quilter Investors. Cette analyste appelle Mme Reeves à ne pas "ajouter une pression inflationniste supplémentaire lors du prochain budget".

La chancelière de l'Echiquier, titre officiel de la ministre, a récemment imputé au Brexit une partie des difficultés économiques du pays, une rhétorique inédite que les travaillistes s'étaient jusqu'à présent refusés à employer.

Motif d'espoir pour l'exécutif, ce niveau d'inflation n'est pas une surprise: il était prévu par la Banque d'Angleterre, qui anticipe désormais un retour très progressif vers sa cible de 2%, considérée comme bonne pour l'économie.

"Une dernière baisse reste possible en décembre", a estimé Yael Selfin, économiste en chef pour KPMG, "d'autant plus que les décideurs politiques auront une vision plus claire (...) après la présentation du budget et que le marché du travail devrait continuer à se détendre".

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