( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
L'inflation a progressé en décembre au Royaume-Uni, à 3,4% sur un an, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS), un chiffre légèrement supérieur aux 3,3% attendus par les analystes, qui met le gouvernement travailliste sous pression.
Après une inflation de 3,2% en novembre, l'accélération de décembre est la première augmentation depuis cinq mois.
Elle renforce les doutes sur une baisse des taux de la Banque d'Angleterre lors de sa prochaine réunion, le 5 février, après celle décidée en décembre.
"Nous nous attendons à ce que la Banque d’Angleterre reste en statu quo pendant au moins les deux prochaines réunions, même si une baisse des taux au printemps demeure probable si l'inflation se modère comme prévu", a souligné Matthew Ryan, analyste chez Ebury.
"La trajectoire vers l'objectif de 2% de la Banque d'Angleterre sera loin d'être un long fleuve tranquille", a-t-il ajouté.
L'accélération de l'inflation le mois dernier s'explique notamment par la progression des prix du tabac et de certains produits alimentaires, ainsi que par des tarifs aériens en hausse plus marquée qu'il y a un an, selon Grant Fitzner, économiste en chef de l’ONS.
Ces facteurs ont été en partie compensés par un ralentissement de l'inflation des loyers ainsi que par la baisse des prix de certains biens et services de loisirs et culturels.
"Il reste encore du travail", a réagi dans un communiqué la ministre des Finances, Rachel Reeves, promettant que sa "priorité numéro un est de réduire le coût de la vie".
Le gouvernement britannique peine à tenir sa promesse de retour de la croissance économique dans un contexte mondial perturbé, notamment par les menaces commerciales de Donald Trump.
Le Royaume-Uni a enregistré en novembre une croissance plus forte qu'attendu, à 0,3%, mais le gouvernement doit composer avec un taux de chômage au plus haut depuis cinq ans dans le pays, à 5,1%.
Concernant la banque centrale britannique, "les marchés anticipent toujours seulement une ou deux baisses de taux d'intérêt en 2026, avec un calendrier encore incertain", a noté Danni Hewson, analyste chez AJ Bell.
"Mais compte tenu du climat géopolitique actuel et des inquiétudes liées à l'intensification des tensions commerciales, peu de gens voudraient parier sur l'état du contexte économique dans six mois", a-t-elle relevé.
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