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Réunion cruciale USA-Iran sur le nucléaire, le risque d'un embrasement en toile de fond
information fournie par Reuters 17/02/2026 à 08:19

Illustration d'une carte montrant le détroit d'Ormuz, l'Iran et une miniature imprimée en 3D du président américain Donald Trump

Illustration d'une carte montrant le détroit d'Ormuz, l'Iran et une miniature imprimée en 3D du président américain Donald Trump

Les Etats-Unis et l'Iran mènent mardi à Genève des discussions visant à résoudre leur différend autour du ‌programme nucléaire iranien, sur fond de tensions accrues dans la région, alors que Washington a déployé des navires de guerre et que Téhéran a procédé à un exercice militaire dans le détroit d'Ormuz.

Si le président américain Donald ​Trump a fait part de son optimisme à l'égard d'un accord, si un diplomate iranien a dit que Téhéran était ouvert à un compromis, la perspective d'une avancée majeure semble limitée, les deux camps ayant notamment affiché des divergences sur la teneur de leurs négociations, renouées plus tôt ce mois-ci.

Washington a réclamé que des sujets autres que le nucléaire soient évoqués, tels le programme balistique iranien, ce qu'a exclu Téhéran, citant une "ligne ​rouge".

Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, gendre du président américain, vont participer aux discussions de Genève, a-t-on appris d'une source informée de la question. Ils représenteront par ailleurs l'administration Trump lors d'une réunion Ukraine-Russie dans la ville suisse.

La délégation iranienne sera menée par le ministre ​des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, tandis que des représentants d'Oman auront un rôle de médiation, dans le ⁠sillage des discussions indirectes de Mascate onze jours plus tôt - "un bon début", avait alors dit Araqchi, invitant à surmonter le "mur de la défiance".

A quelques heures de la tenue de la réunion suisse, Donald ‌Trump a souligné lundi soir l'importance de ces pourparlers, réitérant son opinion selon laquelle Téhéran était disposé à négocier, en particulier pour éviter dans le cas contraire les conséquences sévères promises par le président américain.

"SE MONTRER PLUS RAISONNABLES"

"Je serai impliqué dans ces discussions, indirectement. Et elles seront très importantes", a-t-il dit aux journalistes présents à bord de ​l'avion présidentiel Air Force One le ramenant à Washington depuis sa résidence floridienne de ‌Mar-a-Lago. "Je ne pense pas que (l'Iran) veut les conséquences d'une absence d'accord", a-t-il ajouté, rappelant avoir envoyé en juin dernier des bombardiers américains B-2 effectuer ⁠de puissantes frappes contre les principaux sites nucléaires iraniens.

"Nous aurions pu avoir un accord" à l'époque, après de précédentes discussions entre les deux camps, a déclaré Donald Trump. "J'espère qu'ils vont se montrer plus raisonnables".

Deux responsables américains ont déclaré vendredi à Reuters que Washington avait décidé d'envoyer un deuxième porte-avions au Proche-Orient, en plus de destroyers, d'avions de chasse et d'avions de surveillance déjà déployés dans la région.

L'armée américaine se prépare à de possibles ⁠opérations de plusieurs semaines contre l'Iran dans l'hypothèse ‌où Donald Trump viendrait à ordonner une attaque, ont rapporté deux représentants américains, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Téhéran a pour sa part procédé lundi à des manoeuvres militaires dans ⁠le détroit d'Ormuz, voie cruciale pour le transit maritime mondial et les exportations pétrolières des pays du Golfe, lesquels prônent des efforts diplomatiques pour apaiser les tensions américano-iraniennes.

Les Etats-Unis et Israël, dont l'Iran est l'ennemi juré, disent ‌penser que les autorités iraniennes cherchent à se doter de l'arme atomique et que cela représente une menace pour l'existence même de l'Etat hébreu, allié majeur de Washington.

Téhéran répète que son ⁠programme nucléaire est destiné uniquement à des fins pacifiques, bien qu'il a commencé à enrichir de l'uranium à un seuil proche du grade militaire ⁠à la suite de la décision de Donald Trump, ‌lors de son premier mandat, de retirer les Etats-Unis de l'accord international encadrant les activités nucléaires iraniennes.

PAS DE "SOUMISSION FACE AUX MENACES"

Les autorités iraniennes n'ont pas oublié que des efforts pour renouer le dialogue avec les Etats-Unis ​étaient entrepris l'an dernier quand Israël a lancé une campagne militaire contre l'Iran, appuyée ensuite par les B-2 américains. Donald ‌Trump a par la suite annoncé avoir chapeauté un cessez-le-feu pour mettre fin à ce qu'il a baptisé la "Guerre de Douze jours".

Depuis lors, Téhéran a dit avoir suspendu ses activités d'enrichissement d'uranium, sans donner suite aux demandes de l'Agence internationale de ​l'énergie atomique (AIEA) qui s'est enquise du sort des 440 kg d'uranium enrichi stockés dans les sites nucléaires iraniens bombardés l'an dernier.

Abbas Araqchi a rencontré lundi le patron de l'AIEA, Rafael Grossi, pour des "discussions techniques approfondies". Il a dit s'être déplacé à Genève afin de "parvenir à un accord juste et équitable". "Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a ajouté le ministre iranien des Affaires étrangères sur le réseau ⁠social X.

Donald Trump avait déclaré vendredi qu'un changement de régime pourrait être "la meilleure chose" qui se produise en Iran, où un mouvement de contestation sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979 a été réprimé dans le sang le mois dernier. Le président américain avait déploré également l'échec de négociations menées ces dernières décennies avec Téhéran.

Alors que les autorités iraniennes ont répété ces derniers jours être uniquement disposées à discuter avec Washington de la question du nucléaire, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a admis lundi que parvenir à un accord serait "difficile".

"Il y a là une opportunité pour parvenir diplomatiquement à un accord", a-t-il déclaré lundi lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre d'un déplacement à Budapest. "Mais je ne veux pas l'exagérer non plus".

(Olivia Le Poidevin, avec Steve Holland à bord d'Air Force One, Phil Stewart à Washington, Humeyra Pamuk à Budapest, Parisa ​Hafezi à Dubai, Rishabh Jaiswal à Bangalore; version française Jean Terzian)

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