Aller au contenu principal
Fermer

Ressources, importance stratégique, zone d'influence : pour le Groenland intéresse autant les Etats-Unis ?
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/01/2026 à 15:36

Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s'emparer du Groenland, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains.

Vue aérienne du Groenland. (illustration) ( AFP / OLIVIER MORIN )

Vue aérienne du Groenland. (illustration) ( AFP / OLIVIER MORIN )

Les tensions entre Européens et Américains montent, alors que Donald Trump ne semble pas vouloir reculer sur son projet d'annexion du Groenland . Mais qu'est-ce qui aiguise autant l'avidité du président américain ?

Territoire autonome du Danemark grand comme quatre fois la France métropolitaine mais recouvert à 81% de glaces , le Groenland fascine pour ses hypothétiques ressources minières et son importance géostratégique.

Voici les principales raisons de cet intérêt:

Secteur minier peu exploité

Depuis 2009, il revient aux Groenlandais de décider de l'usage de leurs matières premières. Le gouvernement local, dont la pêche constitue la principale source de revenus, vante les richesses de son sous-sol, même si seules deux mines sont en activité et les productions sont limitées .

A l'heure où augmente la demande pour les métaux et minéraux, la course aux ressources inexploitées s'accélère et le Groenland pourrait faire figure d'eldorado, en dépit d'un environnement polaire inhospitalier et d'infrastructures balbutiantes.

L'accès aux ressources minérales du Groenland est jugé crucial par les Américains, qui ont signé en 2019 un mémorandum sur la coopération dans ce secteur. Les Européens leur ont emboîté le pas quatre ans plus tard avec leur propre accord de collaboration.

Les sols groenlandais sont extrêmement bien cartographiés, ce qui a permis d'établir une carte détaillée des ressources.

L'UE a ainsi identifié 25 des 34 minéraux de sa liste officielle de matières premières essentielles , y compris les terres rares.

Amaroq, qui exploite la mine d'or du territoire, entend en développer une nouvelle pour les terres rares, Black Angel. Celle-ci pourrait entrer en production dès 2027 ou 2028, grâce à l'existence préalable d'infrastructures, le site ayant été en activité une première fois dans les années 1940 puis entre 1973 et 1990. Là, Amaroq pourrait extraire zinc, plomb et argent , mais aussi des éléments critiques comme le germanium, le gallium et le cadmium .

Économiquement, le Groenland, qui cherche à s'émanciper du Danemark, dépend encore largement d'une subvention de Copenhague, qui apporte un cinquième de son PIB.

Plus proche de New York

Le Groenland est un territoire autonome où la justice, la politique monétaire, étrangère, de défense et de sécurité dépendent de Copenhague.

Mais avec une capitale plus proche de New York que de Copenhague, le Groenland fait partie de la zone d'intérêt des Etats-Unis, note auprès de l'AFP l'historienne Astrid Andersen, de l'Institut danois des études internationales. Pendant la Seconde guerre mondiale, "quand le Danemark était occupé par l'Allemagne, les Etats-Unis se sont saisis du Groenland. D'une certaine manière, ils ne l'ont jamais quitté".

Washington détient une base militaire active dans le nord-est de l'île, à Pituffik (anciennement Thulé). Elle était utilisée en tant que poste d'alerte face à l'URSS pendant la Guerre froide et reste un maillon essentiel du bouclier antimissile américain.

Pour pallier le manque de surveillance de l'espace aérien et sous-marin à l'est du Groenland, qui pourrait poser problème à mesure que la fonte des glaces libère les routes maritimes, le Danemark investit dans des patrouilleurs arctiques, des drones et veut augmenter la surveillance aérienne et les radars côtiers.

Emplacement stratégique

Située entre l'Atlantique nord et l'Arctique à proximité des États-Unis, du Canada et de la Russie, le Groenland occupe une position géographique stratégique.

Donald Trump accuse Copenhague de ne pas bien assurer la sécurité de ce gigantesque territoire face à la Russie et à la Chine. Le Danemark, membre de l'Otan, rejette ces affirmations : il rappelle avoir notamment i Quelques heures avant une rencontre cruciale mercredi entre les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise et leur homologue américain Marco Rubio et le vice-président J.D Vance, le Danemark a promis qu'il allait "renforcer sa présence militaire" au Groenland et dialoguer avec l'Otan pour accroître la présence de l'Alliance dans l'Arctique, selon le ministre danois de la Défense.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • jcdecaux-1 (Crédit: L. Grassin / )
    information fournie par Zonebourse 26.03.2026 07:08 

    JCDecaux annonce que sa filiale Wall GmbH s'est vu attribuer le contrat exclusif portant sur le mobilier urbain publicitaire analogique et digital de Rostock, la plus grande ville du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, avec 175 000 habitants. Principal ... Lire la suite

  • Un employé de Lynas Corp au nord-est de Perth, en Australie.
    information fournie par Reuters 26.03.2026 07:05 

    La France ‌fait partie des pays prêts à investir dans des ​projets miniers australiens liés aux minéraux critiques, a déclaré jeudi la ministre australienne des Ressources, Madeleine King. L'Australie s'est engagée ​depuis quatre ans dans une mission visant à développer ... Lire la suite

  • Illustration de la carte montrant le détroit d'Ormuz
    information fournie par Reuters 26.03.2026 06:54 

    par John Irish et Andrew Gray Les ministres des Affaires étrangères des ‌pays membres du G7 se réunissent en France cette semaine, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d'incertitude économique, et d'inquiétude quant à la politique ​étrangère des Etats-Unis. ... Lire la suite

  • Photo prise le 25 mars 2026 et publiée par l'agence nord-coréenne KCNA le 26 mars, montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (d.) saluant le président bélarusse Alexandre Loukachenko (centre) à la Tour de la Libération, à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:12 

    Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a été reçu mercredi par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour sa première visite officielle en Corée du Nord, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de ... Lire la suite

Pages les plus populaires