( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Environ 500 salariés d'Arc et des personnalités politiques ont manifesté à Arques (Pas-de-Calais) lundi, à la veille de la date limite du dépôt des offres de reprise du verrier placé en redressement judiciaire début janvier.
Deux projets de reprise ont été déposés le 28 janvier devant le tribunal de commerce de Lille, qui avait accordé un délai de 20 jours aux candidats pour les finaliser.
La première offre, portée par Timothée Durand, petit-fils de l'ancien patron emblématique du verrier Jacques Durand, prévoit "le maintien de 2.700 emplois sur le site français d'Arc" sur les 3.500 actuels, avec des licenciements et des départs volontaires.
La deuxième, portée par Patrick Puy, ex-président de l'entreprise, table sur "zéro licenciement" et une "relocalisation" des activités en France alors qu'Arc possède une usine aux Etats-Unis, une autre en Chine et une troisième aux Émirats arabes unis. Mais son financement n'est en l'état pas détaillé.
"Aujourd'hui, c'est un peu flou: même si l'offre portée par Timothée Durand paraît plus stable, c'est un massacre pour les salariés", a estimé auprès de l'AFP Odile Bernardin, salariée d'Arc depuis 1987 et déléguée CGT, présente dans le cortège. "On est là pour les défendre, on est là pour défendre l'emploi (...) parce que toute la région est impactée."
Bastien Vasseur, syndicaliste Sud d'Arc, souhaite que "les deux offres puissent aboutir (...) qu'on ait un choix. S'il n'y a qu'une offre, c'est une catastrophe pour l'entreprise".
Il a aussi déploré auprès de l'AFP que "les politiques" se concentrent "sur une seule offre, celle de Timothée Durand", alors que ce dernier avait rencontré le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin début janvier.
Les candidats ont jusqu'à mardi minuit pour finaliser leur offre, puis jusqu'au 5 mars pour affiner leurs projets. La décision finale du tribunal de commerce pourrait intervenir autour du 10 mars.
Benoît Roussel, le maire socialiste d'Arc présent lundi, a déclaré "regarde[r] de près" les offres de reprise, rappelant que "la ville d'Arques et l'entreprise sont liées depuis plus de 200 ans". "Le territoire s'est développé grâce à cette industrie" mais "depuis dix ans, l'entreprise tousse", a-t-il souligné.
Malgré de multiples plans de refinancement soutenus par l'Etat ces dernières années, Arc, qui emploie 5.700 personnes au total et fabrique des produits en verre pour les arts de la table, s'est retrouvé étouffé par la concurrence étrangère, chinoise notamment, et souffre aussi de la crise dans son secteur.
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