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Ralentissement de l'économie russe : Poutine ne veut "en aucun cas" d'une récession, la tension monte entre gouvernement et Banque centrale
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/06/2025 à 17:21

Si la Présidente de la Banque centrale russe répète sa volonté de conserver des taux élevés pour lutter contre l'inflation, plusieurs membres de l'équipe gouvernementale proches des milieux économiques plaident au contraire pour un "réchauffement d'une économie" désormais "au bord" de la récession.

Vladimir Poutine, à Saint-Petersbourg, le 20 juin 2025 ( AFP / OLGA MALTSEVA )

Vladimir Poutine, à Saint-Petersbourg, le 20 juin 2025 ( AFP / OLGA MALTSEVA )

Après deux années 2023 et 2024 marquées par une résilience inattendue face aux sanctions prises par les Occidentaux depuis 2022 en représailles à l'invasion de l'Ukraine, l'économie de la Russie marque désormais le pas. Dans ce contexte, le gouvernement russe et la Banque centrale (BCR) ont affiché leurs divergences dans le cadre du forum économique de Saint-Pétersbourg, à propos des moyens à mettre en place pour dynamiser l'activité, en plein ralentissement de la croissance après deux années de surchauffe.

Les lourds investissements publics dans le complexe militaro-industriel pour soutenir l'armée russe ne permettent plus de stimuler l'économie. Et pour plusieurs acteurs économiques de poids, la responsable est toute trouvée: la patronne de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, qui mène une politique monétaire très stricte, avec un taux directeur très élevé, à 20% (abaissé d'un point début juin), pour lutter à tout prix contre l'inflation.

Cette orientation est contestée sans détours par le patronat et certains ministres du bloc économique. "Les indicateurs montrent qu'il est nécessaire de baisser les taux d'intérêt, qu'il faut passer d'un refroidissement contrôlé à un réchauffement de l'économie", a tonné le vice-Premier ministre, Alexandre Novak, en charge au sein du gouvernement de l'important dossier de l'énergie. "Il est l'heure de baisser" le taux directeur, a-t-il appuyé, mettant en garde contre le risque de "rater le moment opportun", alors qu'il a qualifié la conjoncture actuelle de "douloureuse".

La croissance "loin d’être liée uniquement au complexe militaro-industriel", soutient Poutine

Plus tard dans la journée, Vladimir Poutine a pour sa part estimé son pays ne devait "en aucun cas" entrer en récession. "Certains spécialistes et experts pointent du doigt des risques d'une stagnation et même d'une récession. Nous ne devons le permettre en aucun cas", a déclaré le président russe.

"La croissance générale du PIB est loin d’être liée uniquement au complexe militaro-industriel, comme certains le croient", a encore affirmé le chef de Kremlin. "Oui, bien sûr, le complexe militaro-industriel a joué ici son rôle, mais nous devons continuer à surveiller de près la structure de cette croissance", a-t-il poursuivi. Et le chef d'Etat russe d'affirmer que, ces deux dernières années, la croissance a été tirée notamment par l’"agriculture, l’industrie dans son ensemble, le BTP, la logistique, le domaine des services, des finances et l’industrie des technologies internet".

Un traitement de choc "épuisé" ?

La croissance a ralenti au premier trimestre à 1,4%, son niveau le plus faible depuis les trois premiers mois de 2023, selon des chiffres officiels, et les perspectives sont moins bonnes que l'an passé. Jeudi, le ministre de l'Economie, Maxime Rechetnikov, avait de son côté averti à Saint-Pétersbourg que l'économie russe était "au bord" de la récession et que sa capacité de rebond dépendait "des décisions" prises par l'Etat russe et la Banque centrale, notamment concernant les taux.

Deux jours plus tôt, le conseiller économique de Vladimir Poutine, Maxime Orechkine, avait, quant à lui, estimé que le modèle de croissance russe, mis en place en urgence depuis 2022 pour encaisser le choc des sanctions, était "épuisé" et devait être repensé.

Malgré ces critiques publiques, la Banque centrale semble vouloir maintenir sa politique limitant les crédits, au moment où l'inflation atteint toujours près de 10%. "Une simple baisse rapide du taux directeur ne changera probablement pas grand-chose à court terme, si ce n'est le niveau des prix et leur augmentation", a répondu à Saint-Pétersbourg Andreï Gangan, directeur du département de la politique monétaire de la BCR. Dans ce contexte de divergences étalées sur la place publique, le président Vladimir Poutine doit s'exprimer vendredi après-midi lors de la session plénière du forum économique.

35 commentaires

  • 20 juin 23:51

    La France croule sous les dettes avec un taux de croissance de 0,6% pas mieux meme pire ....


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