Ancienne propriété d'Esso, le site industriel est aujourd'hui exploité par North Atlantic France, après la vente d'ExxonMobil France et son passage sous pavillon canadien en septembre dernier.
(illustration) ( AFP / FRED TANNEAU )
Conséquence du coup de chaud au Moyen-Orient de la crise énergétique en cours, le gouvernement va donner son feu vert au raffineur North Atlantic France pour augmenter de 10% la production de gazole et kérosène dans sa raffinerie de Gravenchon à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime), à condition que les risques et pollutions restent "contenus et maîtrisés", selon un courrier consulté lundi par l'AFP.
"Votre dossier affirme que les risques et les pollutions induits par une augmentation de débit de 10% de l'unité de distillation ne seraient pas significativement augmentés, demeurant ainsi contenus et maîtrisés", écrivent à North Atlantic France les ministres délégués respectivement à l'Energie Maud Bregeon et à la Transition écologique Mathieu Lefèvre, dans un courrier daté du 10 avril. "Si tel est bien le cas, nous vous confirmons que le principe de cette augmentation pourra être validé par le préfet" de Seine-Maritime, auprès de qui la demande d'accroître "rapidement et temporairement" la production sur le site avait été déposée par North Atlantic le 27 mars.
Deuxième plus grande capacité de raffinage en France
Le gouvernement avait demandé précédemment aux raffineurs d'essayer d'augmenter leur production de carburants en France, face à la perturbation de l'approvisionnement en lien avec la guerre au Moyen-Orient. Le principal raffineur en France, TotalEnergies, ne pouvait pas accroître sa production, indiquait mi-mars un expert du secteur à l'AFP. Mais North Atlantic avait dit pouvoir augmenter jusqu'à 10% de la capacité de la raffinerie de Gravenchon, qu'il a récemment acquise et qui représente environ 20% de la capacité de raffinage en France (soit la deuxième capacité des raffineries françaises derrière le site de Gonfreville, détenu par TotalEnergies).
La demande d'augmentation de capacité porte sur "une durée de six mois dans un premier temps", détaillent les ministres dans leur courrier. L'arrêté préfectoral autorisant l'augmentation de production doit intervenir plus tard cette semaine. L'industriel devra respecter plusieurs conditions, notamment mettre à jour "sous trois mois" son étude des "dangers de l'unité de distillation concernée", et transmettre un "bilan d'activité et des impacts couvrant les quatre premiers mois d'exploitation". Cela doit permettre à North Atlantic de produire "jusqu'à 12.000 tonnes/mois de kérosène et 15.000 tonnes/mois de gazole" en plus. Une production supplémentaire "toujours bienvenue dans la situation actuelle", a commenté le cabinet de Mathieu Lefèvre lundi auprès de l'AFP.
Le pays a consommé en 2025 7,108 millions de tonnes de kérosène et 27 millions de tonnes de gazole en 2025, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Soit une moyenne mensuelle de 592.361 tonnes de kérosène et 2,25 millions de tonnes de gazole, dont la production supplémentaire de Gravenchon représenterait respectivement 2,03% et 0,67%.
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