Marine Le Pen à Paris, le 28 octobre 2025. ( AFP / BERTRAND GUAY )
Mardi 3 février, le parquet général a requis une peine d'inéligibilité de cinq ans contre Marine Le Pen au procès en appel à Paris des assistants d'eurodéputés du Front national, l'exécution immédiate n'a en revanche pas été réclamée.
Les réquisitions d'une peine d'inéligibilité de cinq ans contre Marine Le Pen n'est "pas une surprise" selon le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy, mais la question de l'exécution provisoire - qui n'a pas été réclamée contrairement à sa condamnation en première instance l'année passée, "mérite débat" -, selon le député LFI Manuel Bompard.
Mardi 3 février, le parquet général a requis cette peine d'inéligibilité contre Marine Le Pen au procès en appel à Paris des assistants d'eurodéputés du Front national. Si cette peine était prononcée, elle l'empêcherait de candidater à l'Elysée en 2027 . La décision de la cour d'appel, qui n'est pas tenue de suivre les réquisitions, doit être connue d'ici l'été.
"Je ne pense pas qu'il y ait de surprise dans la prise de parole du procureur. Maintenant, la parole est à la défense", a réagi Jean-Philippe Tanguy sur TF1. Il s'est dit convaincu que Marine Le Pen serait finalement "innocentée avec nos amis".
"Si Marine Le Pen n’est pas satisfaite des modalités du jugement, elle peut se pourvoir en cassation"
Sur BFMTV/RMC, Manuel Bompard a rappelé que "madame Le Pen et le Rassemblement national ont beaucoup critiqué la décision - y compris dans des termes qui étaient vraiment agressifs et violents après le jugement en première instance. A l'époque ils disaient 'c'est scandaleux' qu'il y ait une exécution provisoire, mais là, en l'occurrence, puisqu'il y a le jugement en appel, je considère que leur argument est tombé !"
"Si Marine Le Pen n’est pas satisfaite des modalités du jugement, elle peut se pourvoir en cassation", avec un procès qui aurait lieu juste avant le scrutin, a ajouté le député. "Je préfère toujours que ce soit le peuple qui dise son dernier mot, mais là en l'occurrence on parle de faits extrêmement graves, des détournements qui se chiffrent à quatre millions d'euros", a-t-il rappelé.
Philippe Ballard, porte-parole du RN, a lui dit sur RMC que Marine Le Pen déciderait si elle peut se présenter en 2027 "après ce jugement" cet été. "Les magistrats ont le sort de la présidentielle entre leurs mains", a-t-il ajouté.
"Un système organisé de détournement de fonds publics européens" sur une dizaine d'années
De son côté, la procureure générale de Paris s'est montrée ce mercredi "pas du tout convaincue" par l'évolution de la défense de Marine Le Pen, y voyant une contestation persistante des faits. "Je ne suis pas du tout convaincue qu'il y ait un changement de position des prévenus dans ce dossier (...) L'infraction, donc, elle est toujours contestée. Ils n'ont pas du tout changé leur position de défense", a déclaré Marie-Suzanne Le Quéau sur France Inter.
Balayant l'argument de l'"amateurisme" au sein du parti, la procureure générale près la cour d’appel a évoqué "la mise en place d'un système organisé de détournement de fonds publics européens" sur une dizaine d'années, à hauteur "de 3,3 millions d'euros". "Si le parquet général n'avait pas requis de peine d'inéligibilité (...) je ne vois pas du tout dans quelle affaire politico-financière on aurait pu la requérir", a-t-elle justifié, rappelant que cette peine est "obligatoire".
Elle a enfin assuré que les critiques du RN n'avaient "absolument pas joué", cela étant "complètement étranger à la manière des magistrats de travailler".
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