L'institut Ifpen estime que le prix du baril pourrait avoisiner les 130 dollars d'ici mai. Si la tendance globale est à la hausse, des nuances sont à noter parmi les différents types de carburants.
Une station-service à Saint-Martin-des-champs, le 9 mars 2026 (illustration) ( AFP / FRED TANNEAU )
Entre bombardements et paralysie du détroit d'Ormouz, le conflit qui embrase le Moyen-Orient affecte le prix du pétrole, qui pourrait atteindre voire dépasser 130 dollars par baril en mai.
Parmi les produits pétroliers concernés, les répercussions sont particulièrement forte sur le gazole et le kérosène, a précisé mardi 24 mars l'IFPEN (IFP Energies nouvelles). La hausse du brut fait ainsi augmenter davantage les prix du gazole et du kérosène que ceux de l'essence, car les bruts du Golfe, plus lourds, sont idéaux pour produire le kérosène et le gazole tandis que le brut alternatif disponible, le brut américain, plus léger, permet surtout de produire de l'essence , a expliqué l'IFPEN, ex-institut du pétrole;
"Il existe peu d'alternatives à court terme pour le diesel, utilisé par le transport de marchandises, et pour le kérosène, utilisé par l'aviation", souligne l'Institut. Les prix des produits raffinés augmentent globalement plus vite que le brut car ils sont aussi affectés par les capacités de raffinage et la logistique. Ainsi, depuis le début de la guerre, le prix du Brent a augmenté de 46%, de 80 à 110 dollars le baril, alors que celui de l'essence a augmenté de 50%, celui du gazole de 80% et celui du kérosène de 110%, souligne l'Institut.
Un brut à 130 dollars par baril se traduirait par un prix à la pompe "largement au-dessus de 2 euros", selon l'IFPEN. "Une raffinerie est conçue pour un type de brut donné et ces proportions ne peuvent être ajustées à court terme", souligne l'IFPEN. L'impact est notable en Europe, qui souffre d'un déficit structurel de gazole. Contrairement à l'essence, ce dernier n'est pas destiné presque exclusivement à l'usage automobile, mais couvre une palette d'usages plus large, de l'agriculture au transport maritime ainsi qu'au chauffage.
Selon l'Ufip Energies et Mobilités, la part des gazoles dans la consommation française de carburants routiers avait en outre atteint 69,2 % à fin 2024.
Un "léger surplus gazier" qui tempère encore les tensions
Côté gaz, l'impact est à ce jour "plus modéré que pour le pétrole" avec un prix qui est passé d'environ 45 euros le mégawatt-heure à 60 euros/MWh, une hausse bien moindre que celle qu'avait provoquée la guerre en Ukraine en 2022. Le gaz s'était alors envolé à plus de 300 euros/MWh.
Carte montrant une route maritime alternative empruntée récemment par des navires dans le détroit d'Ormuz, ainsi que la route traditionnelle d'avant la guerre au Moyen-Orient ayant début le 28 février 2026 ( AFP / Omar KAMAL )
"Le prix du gaz sur le marché mondial devrait rester dans la fourchette de 60-100 euros/MWh jusqu'à fin avril, grâce à un léger surplus gazier actuel. "Mais si le blocage persiste, les tensions vont monter en Europe, qui sera en concurrence avec l'Asie pour l'achat de GNL et devra remplir ses stocks pour l'hiver", avertit l'IFPEN. "Même si le conflit s'arrête fin avril, le prix du gaz restera à environ 80 euros/MWh car la pénurie durera jusqu’à fin 2026". Au-delà, il pourrait dépasser 100 voire 200 euros cet été, entraînant une hausse du prix de l'électricité.
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