Face à la flambée des prix du carburant, la secrétaire générale de la CFDT, puis son homologue de la CGT, ont appelé mardi à des aides pour les salariés ( AFP / Thibaud MORITZ )
Face à la flambée des prix du carburant, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement se voit pressé mardi par des syndicats ou certaines professions, particulièrement touchées par cette hausse, d'augmenter ses aides.
Le gouvernement a annoncé vendredi un plan d'aide de près de 70 millions d'euros, ciblé et limité au mois d'avril, pour les secteurs les plus touchés par cette flambée des prix: la pêche, l'agriculture ou les transports, mais sans mesure plus générale.
Le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire la semaine dernière.
Pour le secteur du transport, l'aide sera de 50 millions d'euros et ciblera les TPE et PME (très petites, petites et moyennes entreprises) qui pourront justifier "de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise".
Mardi matin, des chauffeurs routiers se sont rassemblés sur le périphérique nantais pour demander au gouvernement des aides plus significatives.
"Nous demandons des aides directes comme en 2022" (quand les prix s'étaient envolés au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ndlr), a affirmé Stéphane Cauchy, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens dans les Pays de la Loire.
Interrogée mardi sur cette mobilisation, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a déclaré sur RTL que "certains secteurs effectivement doivent être soutenus".
Elle a cité les "aides à domicile, les personnes dans le social, le médico-social, les agents de la fonction publique, qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler", et ce sont "surtout des femmes".
- "Blocage des prix" -
Certains peuvent bénéficier d'indemnités kilométriques, par exemple "0,35 euro par kilomètre" pour les aides à domicile, mais "ça ne couvre même pas actuellement les frais d'essence, d'entretien des véhicules", selon la dirigeante de la CFDT.
Pour son homologue à la CGT, Sophie Binet, le gouvernement "met en place des mesurettes" face à "une situation au moins aussi grave que le choc pétrolier de 1973" et "on n'entend pas parler des travailleurs et travailleuses", comme les aides à domicile, infirmières, et "tous les salariés qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller travailler et ne peuvent pas joindre les deux bouts".
"La première mesure qu'il faut mettre en place, c'est un blocage des prix de l'énergie parce que cette augmentation des prix des carburants, elle est injustifiée, c'est de la pure spéculation" des groupes pétroliers, a exhorté la responsable de la CGT sur France info.
La flambée des prix du carburant "rogne" le chiffre d'affaires des infirmières libérales à domicile, qui parcourent pour certaines "200 km par jour", a alerté mardi la FNI, premier syndicat représentatif, réclamant des exonérations de taxes.
Les infirmières sont "scotchées" de ne pas être concernées par les aides annoncées ces derniers jours par le gouvernement. "Cet oubli est inadmissible", a commenté lors d'une conférence de presse Daniel Guillerm, le président du syndicat.
En conférence de presse à l'Assemblée mardi, La France insoumise a présenté un "plan d'urgence" face à un gouvernement "complètement incapable", avec pour "mesure principale" le blocage des prix, à 1,70 euro pour l'essence, soit son niveau "avant la guerre".
Depuis le début de la crise énergétique générée par la guerre au Moyen-Orient, l'exécutif n'envisage pas de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55% du prix à la pompe.

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