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Prêt à l'Ukraine : le sommet européen échoue à rallier Orban
information fournie par AFP 19/03/2026 à 18:46

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban répond aux questions des journalistes à Bruxelles le 19 mars 2026 ( AFP / JOHN THYS )

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban répond aux questions des journalistes à Bruxelles le 19 mars 2026 ( AFP / JOHN THYS )

Dont acte. En dépit de leurs pressions, les dirigeants européens ne sont pas parvenus jeudi à faire fléchir le Premier ministre hongrois Viktor Orban, imperturbable dans son refus de débloquer un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a tenté, en vain, de lui rappeler l'importance de ce prêt pour son pays, lors de son allocution, en visioconférence, devant les chefs d'Etat et de gouvernement des 27, réunis jeudi en sommet à Bruxelles.

"C'est crucial pour nous. C'est une ressource destinée à protéger des vies", a-t-il affirmé, en visioconférence, devant les dirigeants européens, tous réunis autour de la table du sommet.

"Pas de pétrole = pas d'argent", a résumé sur X le dirigeant hongrois, à l'issue des discussions à Bruxelles sur l'Ukraine.

Budapest conditionne le versement de ce prêt à la reprise des livraisons de pétrole russe par un oléoduc, qui traverse l'Ukraine et a été endommagé par des frappes russes. Le Premier ministre hongrois accuse Kiev de traîner des pieds pour le remettre en service.

- Campagne électorale -

Tout au long de la matinée, les dirigeants européens ont pourtant rivalisé de mise en garde et d'appels à la responsabilité auprès du dirigeant hongrois. Mais ce dernier, en pleine campagne électorale, est resté inflexible, les obligeant finalement à renvoyer le sujet à un prochain rendez-vous.

Viktor Orban, au pouvoir en Hongrie depuis 2010, se bat pour un cinquième mandat, à l'occasion des élections législatives du 12 avril dans son pays.

"J'ai tenu bon et nous en sommes exactement au même point que ce matin : s'il y a du pétrole, il y aura de l'argent", a expliqué M. Orban dans une interview diffusée sur son compte X, dans laquelle il accuse l'Ukraine de "chantage".

Fragilisé dans les sondages, le dirigeant hongrois n'a de cesse d'accuser l'Ukraine de vouloir entraîner son pays dans la guerre, dans l'espoir de rallier les électeurs derrière son étendard nationaliste. Depuis le début de la campagne électorale, des panneaux d'affichage représentant Volodymyr Zelensky de façon négative, voire injurieuse, ont fleuri dans tout le pays.

Le dirigeant hongrois avait pourtant accepté en décembre que l'UE consente ce prêt à l'Ukraine, tout en obtenant, avec la Slovaquie et la République tchèque, de ne pas y participer. Kiev doit impérativement obtenir ces fonds pour financer sa guerre contre la Russie, en 2026 et 2027.

- "Mettre en oeuvre" -

"Nous devons mettre en oeuvre le prêt à l'Ukraine", a affirmé à son arrivée à Bruxelles le président français Emmanuel Macron.

"Le principe directeur du travail dans l'Union européenne est le principe de loyauté et de fiabilité. Et je pars du principe que tous les États membres de l'Union européenne s'y tiendront", a rappelé de son côté le chancelier allemand Friedrich Merz, arrivé en même temps que M. Macron dans le bâtiment du Conseil européen.

Le comportement de Viktor Orban est "inacceptable", a assuré Antonio Costa, lors de la discussion à 27, selon un responsable européen.

Les dirigeants de l'UE avaient pourtant tenté mardi de trouver un compromis en annonçant une aide financière et l'envoi d'une équipe d'experts pour aider à rouvrir l'oléoduc "Droujba" (amitié en russe).

Avant même le début de ce sommet, les Européens semblaient déjà sceptiques sur leurs chances d'infléchir la position de la Hongrie.

"Ce sera compliqué avant les élections en Hongrie, j'ai l'impression que ça fait partie de sa campagne électorale", a ainsi reconnu le Premier ministre belge Bart De Wever.

Un homme fouille les décombres d'un lieu visé par une attaque aérienne russe, le 18 mars 2026 à Zaporijjia en Ukraine ( AFP / Roman PILIPEY )

Un homme fouille les décombres d'un lieu visé par une attaque aérienne russe, le 18 mars 2026 à Zaporijjia en Ukraine ( AFP / Roman PILIPEY )

Viktor Orban "utilise l'Ukraine comme une arme dans sa campagne électorale, et ce n'est pas correct. On avait un accord", a lancé jeudi le Premier ministre finlandais Petteri Orpo.

Les 27, à l'exception de la Hongrie et de la Slovaquie, ont réaffirmé dans un communiqué commun leur volonté d'aller de l'avant.

Un accord n'était cependant pas absolument indispensable jeudi. L'Ukraine a, selon des sources européennes concordantes, les moyens de se financer jusqu'en mai, soit après les élections hongroises.

Et si Viktor Orban devait les remporter, il n'aura peut-être alors plus besoin de ce veto, espère un diplomate européen.

19 commentaires

  • 18:58

    hom_au_goulag, rien ne sert de radoter en permanence car chacun connaît les grandes qualités humaines du grand humanitaire Poutine, prêt à voler au secours avec bienveillance et sans visées impérialistes, à toutes les populations qui ne le veulent pas…


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