Ces clivages organisent l'électorat en cinq grands bassins: gauche radicale (18% des électeurs), gauche sociale-écologiste (17%), centre (18%), droite libérale-conservatrice (18%), droite nationaliste (27%).
Bruno Retailleau, Raphael Glucksmann, Marine Le Pen, Edouard Philippe, Jean-Luc Melenchon, Marine Tondelier Gabriel Attal à Paris, le 27 août 2026. ( AFP / THOMAS SAMSON )
Les préférences partisanes des Français sont clairement établies et identifiées pour une très large majorité (81%) de l'électorat, selon une étude publiée mercredi 2 septembre, qui confirme que Marine Le Pen commence la campagne présidentielle avec l'avantage d'un socle large et pouvant s'élargir à droite. Selon ce sondage, réalisé du 22 au 24 juillet par l'institut Cluster 17 pour la fondation Terra Nova auprès d'un échantillon de 1.506 personnes, seuls 19% des électeurs ne présentent "aucune préférence partisane identifiable" et ils sont aussi beaucoup plus abstentionnistes que les autres.
Pour autant, seuls 30% des électeurs ont "une fidélité partisane exclusive" , essentiellement pour le RN et LFI (10% chacun), très peu pour les autres (2% pour le PS et LR, 4% pour le centre -Renaissance, MoDem ou Horizons-). Pour les électeurs qui hésitent entre plusieurs offres, environ un sur deux, leurs hésitations relient des formations proches : LFI et Écologistes, Écologistes et PS, PS et centre, centre et LR, LR et RN, RN et Reconquête.
"La mobilité électorale est une mobilité de voisinage. Un électeur qui hésite entre LFI et RN, ça n'existe pas", résume Jean-Yves Dormagen, responsable de Cluster 17.
Cette géographie électorale s'explique, selon le sondeur, par "une géographie des valeurs" qui structure l'électorat selon deux clivages : "le premier culturel, entre progressisme/cosmopolitisme et conservatisme/ethno-traditionalisme; le second entre demande de rupture et demande de stabilité" .
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon forts dans leurs bassins
Ces clivages organisent l'électorat en cinq grands bassins: gauche radicale (18% des électeurs), gauche sociale-écologiste (17%), centre (18%), droite libérale-conservatrice (18%), droite nationaliste (27%).
Par rapport à leurs adversaires, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont déjà très forts dans leur bassin naturel et sans concurrence : à ce stade, 98% des électeurs de la gauche radicale pourraient voter Jean-Luc Mélenchon, 93% de la droite nationaliste Marine Le Pen.
Mais la candidate RN part du bassin le plus important et a "une frontière plus ouverte avec son voisinage" : seuls 22% des électeurs de la droite libérale-conservatrice et 57% des centristes jugent impossible de voter pour elle. Jean-Luc Mélenchon est lui handicapé par "un espace d'élargissement étroit": 33% des électeurs de la gauche sociale-écologiste excluent de voter pour lui, un chiffre qui montre à 84% au centre et à 94% dans les deux droites.
Édouard Philippe a une capacité d'élargissement importante vers la droite libérale-conservatrice comme la gauche sociale-écologiste (seulement 20% de rejet), des "espaces pro-stabilité".
Dans l'hypothèse du second tour, l'étude montre aussi que le front anti-RN est affaibli par des rejets réciproques puissants : par exemple, 60% des électeurs de la gauche radicale n'iraient pas à ce stade voter Raphaël Glucksmann contre Marine Le Pen.
Pour Jean-Yves Dormagen, "la question déterminante de 2027 pourrait être de savoir si un front anti-RN pourra se reconstituer au moment décisif du scrutin".
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