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Plan de départs volontaires au sein du groupe de presse EBRA: jusqu'à 400 postes visés
information fournie par AFP 22/06/2026 à 19:17

Sophie Gourmelen, la présidente du groupe EBRA, à Mirecourt, dans les Vosges, le 28 novembre 2025. ( POOL / SEBASTIEN BOZON )

Sophie Gourmelen, la présidente du groupe EBRA, à Mirecourt, dans les Vosges, le 28 novembre 2025. ( POOL / SEBASTIEN BOZON )

Le groupe de presse EBRA, qui compte neuf titres régionaux dans l'est de la France, a annoncé lundi un plan de départs volontaires visant jusqu'à 400 postes, dans un contexte de baisse des ventes.

"Aucun départ ne sera contraint", a indiqué dans un communiqué le groupe de 3.200 salariés, propriété du Crédit Mutuel. Quelque 68 créations de postes sont parallèlement prévues, principalement dans les rédactions.

EBRA (Est Bourgogne Rhône-Alpes) édite Le Dauphiné libéré (Grenoble), Le Bien public (Dijon), Le Journal de Saône-et-Loire (Chalon-sur-Saône), Le Progrès (Lyon), L'Est républicain (Nancy), Le Républicain lorrain (Metz), Vosges Matin (Epinal), L'Alsace (Mulhouse) et Les Dernières nouvelles d'Alsace (Strasbourg), des titres qui couvrent au total 23 départements.

Le groupe, qui diffuse plus de 800.000 exemplaires par jour et dont les sites internet attirent 21,4 millions de visiteurs uniques par mois, explique être confronté à "la baisse des ventes papier, à l'évolution des usages de l'information et à la pression des plateformes numériques sur les revenus publicitaires".

Les ventes au numéro et les abonnements ont été divisés par deux en dix ans et la perte opérationnelle a dépassé les 10 millions d'euros en 2025.

"Si nous ne faisons rien, cette perte pourrait tripler d'ici 2030. Concrètement, cela voudrait dire disparaître de certains territoires et petit à petit perdre notre identité. C'est précisément ce que nous voulons éviter", a déclaré la présidente du groupe, Sophie Gourmelen, dans un message vidéo diffusé en interne.

Intelligence artificielle

Parmi les changements prévus, certaines tâches de mise en page vont être automatisées "pour faire gagner du temps aux journalistes", a justifié Sophie Gourmelen. "Ce temps, nous voulons le mettre là où il compte le plus, sur les contenus, sur le terrain et sur le numérique", a-t-elle appuyé dans son message vidéo.

Le groupe mise ainsi sur l'intelligence artificielle pour "simplifier les tâches d'editing et de relecture des journalistes à travers une boîte à outils qui assistera les journalistes rédacteurs et éditeurs dans leur quotidien (proposition de titres adaptés au print et au web, tags, métadonnées, vérification orthographique, reformulation...)".

"Qu'attendre de cette machine magique sobrement intitulée MEPA (mise en page automatique) dont on ne connaît ni les capacités, ni le périmètre ?" a réagi une intersyndicale SNJ-CGT-CFDT de l'Est Républicain et Vosges matin. Le secrétariat de rédaction "en souffrira durement".

Quant au plan dans son ensemble, il constitue une "saignée historique" déplorent ces syndicats.

"L'intelligence artificielle ne remplacera jamais le travail des journalistes", souligne une intersyndicale SNJ-CGT-CFDT du Républicain Lorrain, qui appelle les salariés à se mobiliser.

"Casse sociale"

"Cette arrivée de l'IA sur les postes d'éditeurs, avec trois nouveaux outils censés nous faciliter la vie, a pour but de remettre des gens sur le terrain. Mais c'est une casse sociale en marche et une perte de rigueur", a estimé de son côté Agnès Briançon, déléguée syndicale SNJ au Dauphiné Libéré.

Le projet de réorganisation de la rédaction "inquiète beaucoup alors qu'on va arriver dans une année électorale à très fort enjeu", abonde Vincent Lanier, élu SNJ au Progrès.

"Notre actionnaire compte, par la casse sociale, renouer avec les bénéfices", a aussi réagi une intersyndicale SNJ-CGT-CFDT des Dernières Nouvelles d'Alsace, émettant "de sérieux doutes sur cette stratégie".

Une des priorités d'Ebra est de conquérir un nouveau public et de rajeunir les audiences, notamment en développant les formats vidéo et audio et en mettant en place une plateforme numérique commune aux neuf titres du groupe.

Un "pôle news" va être créé dans chacune des rédactions "avec pour mission d'écrire en première intention pour le numérique".

Le groupe compte parallèlement diversifier ses revenus via l'événementiel, l'éducation aux médias ou son pôle tech.

Le dialogue social démarre avec une première réunion prévue lundi 29 juin. Les premiers départs sont attendus à partir de 2027.

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