Aller au contenu principal
Fermer

PIB en recul, inflation en hausse: un cocktail peu réjouissant pour l'économie française
information fournie par AFP 29/05/2026 à 11:43

Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, arrivant à l'Elysée, à Paris, le 26 mai 2026 ( POOL / Tom Nicholson )

Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, arrivant à l'Elysée, à Paris, le 26 mai 2026 ( POOL / Tom Nicholson )

Recul du PIB, inflation en hausse, repli de la consommation: la santé de l'économie française se dégrade, selon des indicateurs publiés vendredi, relançant les craintes de récession, même si le gouvernement affirme ne pas "céder à l'alarmisme".

Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre de 2025, a indiqué dans ses résultats détaillés l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L'institut avait initialement annoncé une croissance nulle de janvier à mars.

Pour l'Insee, ce recul paraît davantage dû à des causes internes à la France qu'à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février.

Tant la demande intérieure que le commerce extérieur ont pesé sur la croissance au premier trimestre, et seules les variations de stocks ont atténué la baisse du PIB.

"C'est une mauvaise surprise", après une croissance de 0,2% au quatrième trimestre 2025 et de 0,9% sur l'année 2025, a reconnu Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'un point presse.

"Il y a des surprises sectorielles, dont on peut penser qu'elles sont ponctuelles", comme "les très mauvais chiffres sur la rénovation des logements: c'est très rare que ce secteur-là baisse autant", a-t-il cependant tempéré.

- Gouvernement "vigilant" -

Autre indicateur publié vendredi par l'Insee, l'inflation a continué à augmenter en mai, à 2,4% sur un an, après 2,2% en avril, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie avec la guerre au Moyen-Orient. Ceux-ci ont augmenté de 16,8% en mai sur un an, après 14,3% en avril.

Quant aux dépenses de consommation des ménages, elles se sont repliées en avril, tant sur un mois (-0,5%) que sur un an (-0,4%), lestées par la baisse des dépenses de carburant, de gaz et d'électricité.

Ces différents chiffres ravivent les craintes pour l'économie française, notamment celle d'une récession technique, marquée par deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Pour Dorian Roucher toutefois, "le plus probable à ce stade n'est quand même pas un nouveau repli du PIB" au deuxième trimestre. Mais on "peut s'attendre à ce que le choc se diffuse" dans l'économie, a-t-il averti.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure, qui avait fustigé ces derniers jours les "oiseaux de malheurs" annonçant une récession, a réaffirmé vendredi que le gouvernement "restait vigilant, sans céder à l’alarmisme".

L’inflation "demeure limitée et globalement contenue, notamment par rapport à nos voisins européens", et la croissance a souffert "de plusieurs vents contraires conjoncturels et de l’adoption tardive du budget", a-t-il argumenté.

- "Signaux mitigés" -

Mais certains économistes sont moins optimistes. Pour Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, "le risque de récession est assez fort" désormais. Il estime que les chiffres publiés vendredi sont "inquiétants".

Moins alarmiste, Fabien Bossy, chef économiste France chez Société Générale CIB, juge que les chiffres du PIB "envoient des signaux mitigés".

"Il faut relativiser cette baisse qui est peut-être la contrepartie d’une accélération un peu exagérée au milieu de 2025", souligne-t-il. Mais "il est évident que la croissance 2026 aura du mal à être au-dessus de celle de 2025", poursuit-il.

Stéphane Colliac, de BNP Paribas, relativise aussi. Pour lui, le recul du PIB au premier trimestre est lié "principalement à des effets exceptionnels, notamment la baisse des exportations d'Airbus au premier trimestre".

"Au deuxième trimestre, on ne pense pas que ça ferait une récession, parce que ces effets exceptionnels du premier trimestre se corrigeront", explique-t-il.

Dans sa dernière note de conjoncture parue en mars, l'Insee misait sur une croissance de 0,2% à la fois au premier et au deuxième trimestres.

Sa nouvelle note sera publiée à la mi-juin et la première estimation du PIB du deuxième trimestre paraîtra le 30 juillet.

3 commentaires

  • 13:08

    j.tocata je me demande si Macron a vraiment échoué. Je pense que sa mission a été et est toujours d'affaiblir la France, la souveraineté de la France et celle des français, de les étouffer sous une chape de plomb et là c'est un succès total


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le panneau lumineux d'une pharmacie indique une température de 33°C à Paris, le 29 mai 2026 lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
    information fournie par AFP 29.05.2026 17:58 

    La France guettait vendredi la fin de son premier épisode de fortes chaleurs de l'année, avec une régression des températures dans le nord-ouest, alors que cette précoce poussée du mercure continue à donner lieu à des critiques d'impréparation des pouvoirs publics. ... Lire la suite

  • La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris ( AFP / Eric PIERMONT )
    information fournie par AFP 29.05.2026 17:46 

    Les Bourses européennes ont terminé autour de l'équilibre vendredi, après une séance passée dans le vert, sur fond d'espoirs d'un accord au Moyen-Orient et d'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle. Paris a cédé 0,07%, Londres 0,09% et Francfort a grappillé ... Lire la suite

  • L'agence de notation S&P devrait choisir vendredi soit de maintenir la note et la perspective de la France, soit d'abaisser la perspective à négative ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
    information fournie par AFP 29.05.2026 17:43 

    L'agence de notation S&P actualise vendredi la note de la France, et les économistes s'attendent à un statu quo, car le gouvernement fait preuve de prudence dans la gestion des finances publiques récemment, particulièrement face à la hausse du prix du carburant. ... Lire la suite

  • 178 ans après l'abolition de l'esclavage, les députés abrogent le "Code noir"
    information fournie par AFP Video 29.05.2026 17:29 

    L'Assemblée nationale a approuvé jeudi à l'unanimité l'abrogation du "Code noir" et de l'ensemble des textes ayant réglementé l'esclavage dans les colonies françaises.

Pages les plus populaires