Le maire sortant du Havre et candidat du parti Horizons à sa réélection, Édouard Philippe (c), célèbre sa victoire à l'issue du 2e tour des municipales, à l'hôtel de ville du Havre, le 22 mars 2026 en Seine-Maritime ( AFP / Lou BENOIST )
Une victoire sans appel, mais pas de raz-de-marée, pour lancer l'aventure présidentielle: Édouard Philippe a été réélu dimanche au Havre, une étape incontournable avant sa campagne pour l’Élysée, qui devrait être lancée dès le mois d'avril.
Selon les résultats définitifs, l'ancien Premier ministre a recueilli 47,71% des suffrages exprimés au second tour, devant le député communiste Jean-Paul Lecoq (41,17%), soutenu par le reste de la gauche, et le représentant de l'UDR et du Rassemblement national Franck Keller (11,12%), qui a pour la première fois contraint le maire sortant à une triangulaire.
Sa large avance au premier tour (43,76%) était venu rasséréner ses soutiens après le trouble jeté par un sondage commandé par Hexagone, institut financé par le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin, qui l'avait donné perdant dans la cité portuaire qu'il dirige depuis 2010.
"Les Havrais savent qu'il y a des raisons d'espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu'ils écartent les extrêmes et leur facilité", a réagi le maire réélu dans une déclaration sobre, peu après 20h15.
Avec une allusion tout aussi sobre à la situation nationale, M. Philippe vantant "l'énergie, la volonté, l'audace" qui "sourit toujours à ceux, d'où qu'ils viennent, qui se relèvent et portent une fois encore la fierté d'être Havrais et la fierté d'être Français".
Le maire sortant du Havre et candidat du parti Horizons à sa réélection, Édouard Philippe (c), fait une déclaration après sa victoire au 2e tour des municipales, à l'hôtel de ville du Havre, le 22 mars 2026 en Seine-Maritime ( AFP / Lou BENOIST )
"C’est la première fois depuis 1995 qu’un maire du Havre n’est pas réélu avec la majorité absolue", a néanmoins relevé son adversaire Jean-Paul Lecoq auprès de l'AFP. Qui ironise: "reverra-t-on Édouard Philippe au Havre après son premier meeting de campagne pour la présidentielle de 2027 ?"
La voie n'en est pas moins désormais dégagée pour le président d'Horizons, candidat déclaré à l’Élysée depuis septembre 2024, dont une défaite dans sa ville aurait certainement réduit à néant les ambitions nationales.
-"Campagne qui patinait"-
Il se retrouve au contraire seul candidat déclaré de la droite et du centre à s'être confronté, avec succès, à l'épreuve du suffrage universel à l'occasion de ces élections municipales.
Le maire sortant du Havre et candidat du parti Horizons à sa réélection, Édouard Philippe (c), fait une déclaration après sa victoire à l'issue du 2e tour des municipales, à l'hôtel de ville du Havre, le 22 mars 2026 en Seine-Maritime ( AFP / Lou BENOIST )
Jeudi, lors d'un dernier meeting de campagne, il avait balayé comme une "absurdité" toute opposition entre sa nouvelle campagne municipale et son ambition élyséenne, à laquelle il travaille depuis qu'il a été remercié de Matignon par Emmanuel Macron en 2020.
"J'ai trop souvent entendu dire que c'était un problème pour ne pas savoir qu'un homme politique enraciné chez lui, dans son terrain, qui comprend la réalité locale, qui la connaît, aborde les questions qui se posent au pays, probablement de façon plus sereine et plus raisonnable", avait-il ajouté, dans ce qui pouvait passer pour un bilan critique de la présidence d'Emmanuel Macron.
Toujours en tête dans les sondages parmi les prétendants du bloc central et de la droite, le président d'Horizons a vu son avance s'amenuiser ces derniers mois. Son appel, en pleine crise de la démission éclair du premier gouvernement Lecornu en octobre, à une fin de mandat anticipée d'Emmanuel Macron a été très peu appréciée dans le camp présidentiel.
La course vers l'Elysée, "certains vont vouloir la commencer lundi. Certains vont se saisir de ce deuxième tour pour relancer une campagne présidentielle qui patinait, Édouard Philippe par exemple", expliquait cette semaine un cadre de Renaissance, le parti dirigé par Gabriel Attal.
Edouard Philippe réunira ses soutiens pour un premier meeting à Paris le 12 avril. Mais le programme présidentiel "massif" attendra, probablement jusqu'à la rentrée.
D'ici là, l'ancien Premier ministre, qui fait élaborer un socle programmatique par des équipes coordonnées par un proche Conseiller d’État, Clément Tonon, entend lancer une phase de discussions autour des mesures envisagées, notamment avec les corps intermédiaires, avant toute restitution globale.
Le premier Premier ministre du "dépassement" macroniste, néanmoins "homme de droite" revendiqué sur le perron de Matignon en 2017, aura fort à faire pour convaincre, lui qui se veut le garant de la réduction des déficits publics et qui prônait le décalage de l'âge légal de départ à la retraite à "65, 66 ou 67 ans".

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