Le pipeline, endommagé en janvier dernier, transporte du pétrole depuis le Sud-Est de la Russie vers la Hongrie et la Slovaquie. Sa remise en service fait l'objet d'un bras de fer politique.
(illustration) ( AFP / GENYA SAVILOV )
Combien sont-ils ? Ont-ils quitté Kiev ? L'Union européenne entretient le flou sur une mystérieuse équipe d'experts chargés d'évaluer l'état d'un oléoduc de pétrole russe, au coeur d'un contentieux entre l'Ukraine et la Hongrie.
Le 12 mars, Bruxelles avait mis sur la table cette mission d'inspection de l'oléoduc Droujba, endommagé en Ukraine au mois de janvier.
Orban bloque un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine
Le but ? Tenter d'apaiser les tensions entre Kiev et Budapest, qui accuse l'Ukraine de traîner des pieds pour rouvrir cette infrastructure. Tant qu'il n'a pas accès à ce pétrole, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a décidé de bloquer un prêt de l'Union européenne de 90 milliards d'euros à l'Ukraine.
Le dirigeant nationaliste a ainsi plongé l'UE dans la paralysie politique, en pleine campagne électorale en Hongrie, où des législatives se tiennent dimanche. Pendant ce temps, les experts "Droujba" de l'Union européenne ont disparu des radars.
Depuis le 12 mars, la Commission s'est contentée d'évoquer brièvement la présence de sa "petite équipe" d'experts à Kiev. Puis, plus rien.
Un site en "zone de guerre"
Sont-ils rentrés chez eux ? Où en est leur mission ? "Je n'ai pas d'informations sur leur localisation actuelle, ni sur l'endroit où ils pourraient se trouver", a éludé mardi une porte-parole de la Commission, Anna-Kaisa Itkonen, face aux multiples questions de la presse.
"L'Ukraine est en guerre" et "toute décision visant à autoriser des missions, des civils ou toute autre personne à se rendre sur ces sites ne relève ni de notre compétence ni de notre décision", a-t-elle souligné.
"Ce n'est pas un voyage touristique" mais une mission en "zone de guerre", a insisté la porte-parole, se refusant à en dire plus. Sous le sceau de l'anonymat, un fonctionnaire de la Commission indique que Kiev n'a pas souhaité que cette équipe aille sur le terrain.
Surtout, ce responsable relativise cette affaire, soulignant que la Hongrie peut s'approvisionner en pétrole via un autre oléoduc, Adria, depuis la Croatie. Aux yeux de Bruxelles, le bras de fer est davantage politique que technique.
Viktor Orban a fait de ce sujet un enjeu de sa campagne électorale en Hongrie, avant les élections dimanche. Tandis que l'Ukraine, en pleine guerre avec la Russie, n'a pas intérêt à rouvrir un oléoduc qui apporte une manne financière à Moscou. La mission annoncée le 12 mars par l'UE n'était-elle qu'un affichage ? La Commission européenne n'en dit rien. Mais les principaux responsables de l'UE sont suspendus aux élections en Hongrie et espèrent, sans le dire, la défaite d'Orban, pour débloquer le prêt à l'Ukraine et trancher le sort de l'oléoduc Droujba.
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