La candidate à la présidentielle péruvienne Keiko Fujimori, du parti Fuerza Popular, salue ses partisans lors de son meeting de clôture de campagne à Villa El Salvador, à Lima, le 9 avril 2026 ( AFP / ERNESTO BENAVIDES )
Chacun à sa manière mais avec des discours radicaux similaires, trois des favoris de la présidentielle au Pérou ont clôturé jeudi leur campagne en promettant de vaincre d'une main de fer la criminalité, souvent associée dans leur discours à l'immigration irrégulière.
Entre musique et slogans partisans, les candidats ont brûlé leurs dernières cartouches pour tenter de convaincre des électeurs lassés par l'insécurité et une crise politique marquée par la succession de huit présidents en une décennie.
Dans une élection dimanche au nombre record de 35 candidats, aucun n'est proche d'obtenir la moitié des voix nécessaires pour éviter un second tour en juin.
Les sondages donnent pour favorite Keiko Fujimori, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000). La deuxième place devrait se jouer entre l'humoriste Carlos Alvarez, l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, le centriste Ricardo Belmont et le candidat de gauche Roberto Sanchez.
"Tous les jours, nous avons des morts (...). Nous voulons donner une chance à une femme de prendre les rênes dans ce chaos", déclare Silvia Arenas, artisane de 37 ans et partisane de Keiko Fujimori.
Dans un complexe sportif d'un district populaire du sud de Lima, la candidate prononce un discours ponctué de fréquentes références à son père, condamné pour corruption et violations des droits humains.
"Partout où nous allons, il y a le souvenir, la mémoire et la gratitude envers le meilleur président du Pérou: Alberto Fujimori", lance la candidate qui se présente pour la quatrième fois.
Des centaines de partisans agitent des drapeaux orange aux couleurs de son parti en scandant "Chino, Chino", le surnom de son père décédé, d'origine japonaise.
- Electorat indécis -
Keiko Fujimori promet de contrôler les frontières face à l'immigration irrégulière et d'obliger les prisonniers à travailler en échange de leur nourriture.
Près du centre de Lima, les partisans de Rafael Lopez Aliaga, 65 ans, surnommé "Porky", clament leur soutien au candidat.
Issu de la droite chrétienne, il promet d'expulser les migrants en situation irrégulière et d'enfermer les criminels dans des prisons isolées dans la jungle.
"Tout Vénézuélien qui n'est pas en règle au Pérou, qu'il s'en aille, qu'il retourne au Venezuela", déclare-t-il, évoquant ce qui, selon lui, sera sa première mesure.
Sur la scène, les animateurs promettent des lots, tandis que résonne de la salsa à plein volume.
"Il apportera les changements dont le Pérou a besoin", assure Alex Huaman, 49 ans.
Dans l'est de la capitale de dix millions d'habitants, Carlos Alvarez, 62 ans, se pose en outsider propulsé sur le devant de la scène électorale.
"Nous voulons un pays avec une meilleure éducation, avec de la sécurité, sans criminel", lance celui qui a fait irruption de manière surprenante dans la campagne avec un discours de droite radicale et le rétablissement de la peine de mort parmi ses propositions.
Connu pour ses parodies télévisées des protagonistes des scandales politiques des dernières décennies, il ne manque pas d'imiter, en se moquant, ses adversaires.
"Le Pérou est fatigué de ceux qui s'incrustent au pouvoir et ne font rien pour le peuple", dit Mario Guerra, un avocat de 55 ans venu le soutenir.
Ricardo Belmont, 80 ans, a clôturé quant à lui sa campagne à Lima mardi lors d'un rassemblement où il a appelé ses partisans à "éliminer les politiciens misérables" dans les urnes.
Le candidat de gauche Roberto Sanchez, qui promet d'accorder sa grâce à l'ancien président emprisonné Pedro Castillo (2021‑2022), a clôturé pour sa part sa campagne jeudi dans le nord de la capitale.
"Le champ électoral de cette année est fragmenté: aucun candidat n'a d'avance convaincante et une part significative de l'électorat reste indécise", note Nicolas Saldias, de l'Economist Intelligence Unit.

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