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Partir vivre à la campagne: une fausse bonne idée?
information fournie par Le Particulier Fiches23/12/2021 à 09:46

Avant de quitter la ville pour venir habiter en zone rurale, faites vos comptes car vous pourriez avoir des surprises... crédit photo : GettyImages

Avant de quitter la ville pour venir habiter en zone rurale, faites vos comptes car vous pourriez avoir des surprises... crédit photo : GettyImages

L'épidémie de la Covid-19 a conduit de nombreux ménages à s'interroger sur l'opportunité de quitter la ville pour une zone rurale. L'objectif serait de disposer d'un environnement vu comme plus sain, tout en télétravaillant. Le prix de l'immobilier en région, comparé à celui observé dans les grandes agglomérations, permet effectivement de dépasser certaines réticences. Mais habiter en dehors d'un centre urbain occasionne également des frais qu'il convient de ne pas sous-estimer, plus spécialement dans le domaine des transports.

Sommaire:

  • Le retour à la ruralité a toujours existé
  • Zone rurale et zone urbaine: des budgets très différents pour les ménages
  • Le coût du transport et celui du logement

Le retour à la ruralité a toujours existé

Face au véritable exode rural qui, depuis le XIXe siècle, a vu des populations entières déserter les campagnes pour gagner les zones urbaines, quelques rares mouvements “structurés” ont conduit des ménages à suivre le chemin inverse. En France, on se souviendra presque en souriant du phénomène des “babas cool” et de leurs communautés rurales au destin éphémère. Mais bien moins du mouvement des néo-ruraux, héritiers de 1968 marqués par une idéologie mêlant écologie et radicalité révolutionnaire, qui a connu plusieurs vagues des années 1970 jusqu'à maintenant.

Depuis l'épidémie de la Covid-19 commencée en 2020, une nouvelle typologie d'habitants des campagnes a émergé, même si celle-ci ne vise pas à cultiver la terre. Confinés en appartement avec pour seul horizon la façade de l'immeuble opposé, nombre de ménages se sont, en effet, interrogés sur le sens de leur existence. Et sur l'environnement qu'ils souhaitaient offrir à leurs enfants et à eux-mêmes.

À savoir

Plus de huit cadres parisiens sur dix souhaitaient quitter la capitale, selon une étude de Cadremploi publiée en août 2020. Les principales motivations sont la recherche d'un meilleur cadre de vie (89%), l'équilibre vie professionnelle/vie personnelle (67%) et enfin le climat (57%).

Le besoin de nature se fait également ressentir, dans le cadre d'une prise de conscience “écologiste” désormais plus généralisée. La cherté de la vie en ville, où le prix de la pierre atteint des sommets année après année, constitue un autre moteur de cette volonté de changement. Tandis que la possibilité technique (Internet) et légale de poursuivre son travail actuel ailleurs qu'en ville et au bureau fait le reste. Nombre de ménages choisissent ainsi de passer le cap et de quitter les zones urbaines.

Si les motivations et raisons d'un tel changement de vie appartiennent à chacun, ses conséquences financières ne sont pas à prendre à la légère et doivent être considérées de manière rationnelle. Quitte à bousculer des images d'Épinal dont la peinture est encore très fraîche…

Zone rurale et zone urbaine: des budgets très différents pour les ménages

Vivre en ville a un coût élevé, à bien des endroits et plus particulièrement pour ce qui est du logement, que l'on soit propriétaire ou locataire. Mais vivre à la campagne ne saurait être seulement synonyme de mètres carrés à bas prix au regard des standards citadins. Loin de là. En fait, la composition d'un budget familial s'avère assez peu comparable entre un ménage habitant en ville et celui vivant en dehors des zones urbaines.

À noter

Pour être en mesure d'apprécier les différences entre un “budget des villes” et un “budget des champs”, il est primordial de savoir identifier tous les éléments de son budget actuel. Et d'anticiper de manière très précise les dépenses à venir en cas de changement de lieu d'habitation. Pour ce faire, établissez “sur papier” une liste de chaque poste de dépenses. Et comparez…

Le coût du transport et celui du logement

L'accès aux loisirs payants est plus facile en ville et zone urbaine. La diversité de l'offre en termes de lieux de convivialité constitue également une tentation associée à un milieu urbain. Est-ce à dire que les habitants des milieux ruraux ne vont jamais au restaurant ou au cinéma? En ces matières, il ne saurait exister une vérité. Des différences notables peuvent prendre forme entre les ménages: la possibilité de consommer facilement ne fait pas la consommation et inversement lorsque les choix s'avèrent restreints.

En fait, les différences les plus notables entre urbains et ruraux tiennent au coût du logement qui grève le budget de citadins et le coût de la voiture qui pénalise cette fois celui des territoires. Selon la dernière étude en date publiée par l'Insee (Les Dépenses des Ménages en 2017/Enquête Budget de famille), 21% du budget d'un ménage sont consacrés aux transports en zone rurale, contre 16% dans l'agglomération parisienne et bien moins encore à Paris. En 2017, les ménages résidant en milieu rural ont dépensé en moyenne 7.000 euros pour le transport.

À savoir

À Paris, 33,6% des ménages possèdent une voiture selon l'Insee (Équipement automobile des ménages en 2018/Comparaisons régionales et départementales). Il s'agit du taux le plus bas pour toute la France. Dans les trois quarts des départements extérieurs à l'agglomération parisienne, le taux d'équipement passe à plus de 84,6%.

Cette différence s'explique par la nécessité de disposer d'un ou plusieurs véhicules personnels en milieu rural, compte tenu de l'éclatement des centres d'intérêt et de l'impossibilité de fournir un maillage totalement efficace en termes de transports en commun. Et qui dit véhicule dit également assurance automobile , entretien et essence. Selon l'Automobile Club Association qui publie chaque année sa grande enquête (Le Budget de l'automobiliste), posséder une voiture coûte entre 5.000 euros et 10.000 euros par an, selon les modèles retenus.

Le coût du logement est cette fois à l'avantage des ruraux. En effet et toujours selon l'étude de l'Insee, les ménages en milieu rural consacrent au logement 11% de leur budget (3.600 euros par an en moyenne), contre 17% (6.600 euros) dans l'agglomération parisienne. Le chiffre pour Paris n'est pas communiqué, mais il doit évidemment être encore bien supérieur. Attention cependant au coût du chauffage et à sa nature, ainsi qu'à assurances, souvent plus chères en région, compte tenu des risques plus élevés de cambriolages et ou de sinistres liés à des épisodes météorologiques destructeurs.

À savoir

Parce que l'immobilier est peu cher dans certaines zones rurales, les ménages venant des villes où ils ont vécu dans des surfaces réduites voient grand en termes de mètres carrés et parfois de travaux. Ne sous-estimez pas le coût des travaux destinés à remettre en état ou à votre goût le logement que vous souhaitez acquérir ou occuper en zone rurale. Ni les retards dans leur exécution qui peuvent, là encore, engendrer des frais supplémentaires.

Les zones blanches

On appelle “zone blanche” un territoire non couvert par un réseau mobile. C'est-à-dire qu'aucun opérateur ne couvre ce territoire peu densément peuplé et situé le plus souvent en zone rurale. Le “New Deal Mobile”, signé en 2018 entre le gouvernement, l'Arcep (Autorité de Régulation des Communications électroniques, des Postes et de la Distribution de la Presse) et les opérateurs, avait pour ambition de résorber d'ici à 2022 l'ensemble de ces zones non couvertes par les réseaux mobiles en France. D'importants progrès ont été réalisés et les zones blanches disparaissent les unes après les autres. Il est important pour toute personne souhaitant télétravailler de vérifier que l'emplacement de son logement est bien couvert par le réseau mobile. Car s'il existe des solutions permettant d'accéder malgré tout à Internet, elles restent encore la plupart du temps onéreuses.

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