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Paris organise une nouvelle réunion sur l'Ukraine, dont il ne faut "pas préempter" les choix, dit Macron
information fournie par Reuters 19/02/2025 à 07:12

Le président français Emmanuel Macron au palais de l'Élysée à Paris

Le président français Emmanuel Macron au palais de l'Élysée à Paris

La France va organiser mercredi une deuxième réunion sur l'Ukraine à laquelle participeront des pays européens qui n'étaient pas présents à la réunion d'urgence tenue lundi à Paris ainsi que le Canada, allié de l'Otan, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

A l'initiative d'Emmanuel Macron, un groupe de dirigeants européens ainsi que le secrétaire général de l'Otan se sont rassemblés lundi à Paris pour une réunion informelle sur l'Ukraine, alors que devaient s'ouvrir sur ce dossier des discussions bilatérales entre les Etats-Unis et la Russie.

Des représentants européens avaient fait savoir que plusieurs pays étaient mécontents que la réunion organisée lundi rassemble seulement un groupe restreint de dirigeants et ne soit pas un sommet de l'Union européenne.

Norvège, République tchèque, Grèce, Finlande, Roumanie, Suède, Belgique, les pays baltes et le Canada font partie des invités à la réunion de mercredi, ont déclaré deux sources.

Cette réunion se déroulera en format hybride, avec certains participants via visioconférence, ont dit trois diplomates.

L'Elysée a confirmé dans la soirée qu'une nouvelle réunion informelle aurait lieu mercredi à l'occasion de la visite du président roumain par intérim Ilie Bolojan.

Les dirigeants réunis lundi - parmi lesquels le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Keir Starmer - ont appelé à augmenter les dépenses de défense de l'Europe, sans toutefois réussir à s'accorder sur l'hypothèse d'un envoi de troupes de maintien de la paix en Ukraine.

En marge de la réunion, Emmanuel Macron a eu des entretiens téléphoniques distincts avec son homologue américain Donald Trump et avec son homologue ukrainien Volodimir Zelensky. Le président français a déclaré que la Russie devait "cesser son agression" et que cela devait "s'accompagner de garanties de sécurité fortes et crédibles pour les Ukrainiens".

Soulignant que la Russie représentait une "menace existentielle pour les Européens" compte-tenu d'un ensemble d'actions malveillantes, Emmanuel Macron a déclaré mardi à la presse quotidienne régionale n'avoir "absolument jamais annoncé l'envoi (en Ukraine) de troupes au sol du côté français".

"J'avais dit qu'il fallait remettre de l'ambiguïté stratégique, c'était une nécessité", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par La Dépêche du Midi. "Cette ambiguïté stratégique, c'est au fond ce qu'apporte l'élection de Donald Trump. Il recrée de l'incertitude stratégique pour le président Poutine là où son prédécesseur (Joe Biden) avait dit: 'Jamais je n'enverrai de troupes sur le terrain'. Cette incertitude, elle nous sert en ce qu'elle peut aider à faire pression".

MACRON SE DIT DISPOSÉ À REPARLER À POUTINE

De hauts représentants de l'administration de Donald Trump ont rencontré mardi en Arabie saoudite de hauts représentants russes pour des discussions bilatérales, après que le président américain est convenu la semaine dernière lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine d'ouvrir des négociations destinées à mettre fin au conflit.

Donald Trump a fait savoir mardi qu'il rencontrerait "probablement" Vladimir Poutine d'ici la fin du mois, déclarant par ailleurs qu'il ne s'opposerait pas aux Européens si ceux-ci décidaient d'envoyer des soldats de maintien de la paix en Ukraine afin d'apporter des garanties sécuritaires en cas d'accord de paix.

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, présent à Ryad, s'est entretenu par la suite avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. La réunion de lundi à Paris a également été évoquée lors de cet échange auquel ont participé les ministres des Affaires étrangères allemand, italien et britannique ainsi que la cheffe de la diplomatie européenne, a fait savoir le Quai d'Orsay.

Moscou a affiché mardi sa fermeté quant à son exigence que l'Otan revienne sur sa promesse d'intégrer l'Ukraine. Kyiv considère qu'adhérer à l'Alliance est la seule manière de garantir sa souveraineté.

Les Européens s'inquiètent que Washington et Moscou scellent un accord aux dépens de Kyiv et du continent, d'autant plus après ce qui est perçu comme des concessions considérables faites d'entrée de jeu par l'administration américaine - celle-ci s'est montrée sceptique sur l'objectif de l'Ukraine de rejoindre l'Otan et sur l'hypothèse que les territoires conquis par la Russie soient rendus à Kyiv.

"Il est important qu'aucune discussion ne puisse préempter les choix de l'Ukraine, pleinement souveraine, qu'il s'agisse de l'Union Européenne ou de l'Otan, et que, également, les garanties de sécurité à apporter devraient impliquer l'Alliance transatlantique", a déclaré Emmanuel Macron mardi à la presse quotidienne régionale.

Le président français a par ailleurs dit être prêt à répondre à Vladimir Poutine si ce dernier le contactait et si cela était opportun pour les négociations. "Évidemment, je lui reparlerai si c'est utile à la situation", a-t-il déclaré en référence à son homologue russe.

Emmanuel Macron s'était rendu à Moscou en février 2022 pour demander des "clarifications" à Vladimir Poutine alors que la Russie avait massé des troupes près de la frontière avec l'Ukraine. Le président russe a ordonné quelques jours plus tard le lancement de ce que le Kremlin a présenté comme une "opération militaire spéciale" en Ukraine, dénoncée comme une invasion par Kyiv et ses alliés.

(John Irish, avec Michel Rose, rédigé par Jean Terzian)

7 commentaires

  • 19 février 09:13

    Personne ne fait remarquer que la dissuasion nucléaire est notre défense. Elle existe depuis De Gaulles et elle est crédible. pourquoi l'autre veut modifier ce que l'on a bâti chèrement ?


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