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Ouganda: le président Yoweri Museveni réélu pour un septième mandat dans un climat de "peur"
information fournie par AFP 17/01/2026 à 16:39

(Photo archives) Le président ougandais sortant Yoweri Museveni, proclamé vainqueur de l'élection présidentielle le 17 janvier 2026, salue des partisans après avoir voté le 15 janvier 2026 à Rwakitura (Ouganda) ( AFP / - )

(Photo archives) Le président ougandais sortant Yoweri Museveni, proclamé vainqueur de l'élection présidentielle le 17 janvier 2026, salue des partisans après avoir voté le 15 janvier 2026 à Rwakitura (Ouganda) ( AFP / - )

Yoweri Museveni, à la tête de l'Ouganda depuis 1986, a été proclamé sans surprise samedi vainqueur de l'élection présidentielle, à l'issue d'un scrutin entaché selon des observateurs africains d'arrestations et d'enlèvements ayant "semé la peur".

Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans, remporte un septième mandat consécutif avec 71,65% des suffrages selon les résultats définitifs prononcés par la commission électorale, et prolonge ses presque 40 ans de règne en s'étant appuyé sur un contrôle total de l'appareil électoral et sécuritaire.

Son principal adversaire était l'ancien chanteur Bobi Wine, 43 ans, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, qui se surnomme le "président du ghetto" - en référence aux quartiers défavorisés de Kampala où il a grandi - crédité de 24,72% des suffrages.

Dans une vidéo publiée sur X peu avant leur annonce officielle, M. Wine a exprimé son "rejet total des résultats truqués" et indiqué s'être caché après un raid des forces de sécurité sur son domicile.

"Je sais que ces criminels me recherchent partout et je fais de mon mieux pour rester en sécurité", a-t-il publié sur X.

La police a démenti tout raid ayant visé l'opposant et assure que ce dernier est toujours chez lui, tout en reconnaissant qu'un dispositif policier était déployé autour de sa résidence.

"Nous ne pouvons tolérer que des individus utilisent son domicile pour se rassembler et (...) inciter à la violence", s'est défendu le porte-parole de la police, Kituuma Rusoke, aux journalistes.

Magasins fermés et rue désertée le 16 janvier 2025 à Kampala, en Ouganda, où les habitants inquiets sont restés chez eux au lendemain des élections législatives et présidentielle ( AFP / Badru Katumba )

Magasins fermés et rue désertée le 16 janvier 2025 à Kampala, en Ouganda, où les habitants inquiets sont restés chez eux au lendemain des élections législatives et présidentielle ( AFP / Badru Katumba )

Un important dispositif policier était également déployé dans la capitale, Kampala, ont constaté des journalistes de l'AFP, les forces de sécurité cherchant à empêcher des manifestations du même type que celles qui ont touché le Kenya et la Tanzanie voisins ces derniers mois.

- "Peur" et confiance "érodée" -

Le jour du scrutin, jeudi, a été entaché de violences et d'importants problèmes techniques qui ont causé des retards pour le vote dans de nombreuses régions.

Goodluck Jonathan, ex-président du Nigeria et représentant des observateurs électoraux de l'Union africaine, du Comesa (Marché commun de l'Afrique orientale et australe) et de l'IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement), des blocs régionaux, a condamné des informations faisant état "d'intimidations, d'arrestations et d'enlèvements de dirigeants de l'opposition, de candidats, de partisans, de médias et d'acteurs de la société civile".

Ces actions attribuées aux forces de sécurité ougandaises "ont semé la peur et érodé la confiance du public dans le processus électoral", a-t-il déclaré samedi à la presse.

Avant les élections, les autorités avaient coupé internet, qui n'était pas rétabli samedi.

Un policier décharge d'un camion des urnes destinés à un bureau de vote devant une affiche électorale du président sortant Yoweri Museveni, candidat à sa propre succession, le 15 janvier 2026 à Kampala, en Ouganda ( AFP / Luis TATO )

Un policier décharge d'un camion des urnes destinés à un bureau de vote devant une affiche électorale du président sortant Yoweri Museveni, candidat à sa propre succession, le 15 janvier 2026 à Kampala, en Ouganda ( AFP / Luis TATO )

Bobi Wine, qui avait pris l'habitude de porter un gilet pare-balles durant sa campagne, a accusé le gouvernement de "bourrage massif des urnes" et de violences contre son parti et ses soutiens.

Muwanga Kivumbi un député de la Plateforme d'unité nationale (NUP) de M. Wine, a affirmé à l'AFP que 10 partisans avaient été tués par l'armée à l'intérieur de son domicile dans le centre du pays dans la nuit de jeudi à vendredi.

La police ougandaise a de son côté estimé que sept personnes y avaient été tuées pour "avoir attaqué" un centre local de dépouillement des votes et les forces de sécurité.

L'autre grand chef de l'opposition, Kizza Besigye, candidat à quatre reprises contre M. Museveni, avait été enlevé en 2024 au Kenya pour être ramené en Ouganda, où il reste détenu pour des accusations de trahison.

- "Père de la Nation" -

Yoweri Museveni reste néanmoins pour beaucoup le "père de la Nation", qui a tiré le pays du chaos politique et économique à l'issue d'une guerre de brousse contre ses rivaux dans les années 1980. Plus de 70% de la population ougandaise a moins de 30 ans et n'a connu que lui au pouvoir.

"Cette victoire est le fruit de son travail acharné, de son dévouement et de son engagement envers le peuple ougandais", s'est réjoui Isaac Kamba, un enseignant de 37 ans, lors d'un rassemblement pro-gouvernemental sur un terrain de cricket à Kampala.

Pourtant, l'ambiance au rassemblement était loin d'être à la fête, un présentateur ayant même demandé à la foule de se montrer plus enthousiaste si elle voulait recevoir le repas gratuit.

Un porte-parole du parti de M. Wine, la Plateforme d'unité nationale, a rejeté auprès de l'AFP les résultats présidentiels qu'il a qualifiés de "mascarade".

Le parti au pouvoir de M. Museveni, le Mouvement de résistance nationale (NRM), disposait également d'une avance considérable au niveau des sièges parlementaires, selon les résultats provisoires. Le dépouillement des bulletins est toujours en cours.

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