(Actualisé avec échec des discussions avec Orban §§1-2 et 8-9)
Les dirigeants européens n'ont pas réussi à convaincre jeudi le Premier ministre hongrois Viktor Orban de lever son veto à l'adoption d'un prêt de 90 milliards d'euros destiné à permettre à l'Ukraine de poursuivre sa lutte contre l'invasion russe, ont déclaré des responsables européens.
"Ils ont essayé mais ils ont échoué", a dit l'un de ces responsables après les discussions sur le sujet lors du Conseil européen à Bruxelles.
Les dirigeants des Vingt-Sept avaient approuvé le principe de ce prêt en décembre, mais Viktor Orban, qui cultive de bonnes relations avec Moscou, en a bloqué l'adoption formelle le mois dernier en prenant pour prétexte la fermeture de l'oléoduc Droujba qui alimente son pays en pétrole russe via l'Ukraine, Kyiv disant qu'il a été endommagé par un bombardement russe.
Cette volte-face de Budapest, qui met en question la crédibilité du Conseil européen tout en fragilisant l'Ukraine, a suscité la colère de la plupart des autres dirigeants des Vingt-Sept.
"Nous devons être clairs : le veto de la Hongrie est inacceptable, l'aide supplémentaire destinée à l'Ukraine doit être versée le plus rapidement possible", avait déclaré le Premier ministre néerlandais Rob Jetten à son arrivée au sommet de l'Union européenne à Bruxelles. "Nous ne devrions pas discuter d'un quelconque 'plan B', car cela reviendrait à céder au chantage d'Orban", a-t-il ajouté.
Plusieurs autres dirigeants arrivant au sommet ont estimé que Viktor Orban, qui a fait de la question de la réouverture de l'oléoduc Droujba un argument électoral en vue des législatives du mois prochain, devait respecter l'accord conclu décembre.
"Il utilise l'Ukraine comme une arme dans sa campagne électorale, et ce n'est pas acceptable", a déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo, accusant Viktor Orban de trahir ses homologues de l'UE.
Mais le Premier ministre hongrois s'est montré inflexible lors d'échanges décrits par des responsables européens comme "tendus" avec les autres dirigeants.
"La discussion a été difficile et houleuse, mais Viktor (Orban) est resté inflexible", a dit l'un d'eux.
Les dirigeants des Vingt-Sept ont mis en vain en avant l'accord conclu cette semaine avec le président ukrainien Volodimir Zelensky visant à réparer l'oléoduc avec l'aide technique et le financement de l'UE, afin de tenter de convaincre la Hongrie de lever son veto.
Mais Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine comme de Donald Trump, avait prévenu qu'il ne céderait pas, même s'il n'était jamais revenu jusqu'à présent sur un accord conclu avec ses homologues européens.
"Nous attendons le pétrole, le reste n'est que conte de fées", déclaré Viktor Orban à son arrivée à Bruxelles.
Les dirigeants européens sont d'autant plus excédés que la Hongrie - comme la Slovaquie et la République tchèque - a été dispensée de participer au financement du prêt à l'Ukraine.
La Croatie a de son côté répété jeudi qu'elle est en mesure de fournir à Budapest tout le pétrole dont elle a besoin pour ses raffineries en attendant la remise en service éventuelle de l'oléoduc Droujba.
(Reportage Andrew Gray et Bart H. Meijer, avec la contribution de Lili Bayer, Miranda Murray, Essi Lehto, Gianluca Lo Nostro, Gergely Szakacs et Andreas Rinke ; version française Tangi Salaün, édité par Augustin Turpin)

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