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Nouvelle route de la soie : la Chine maître de l’Europe de demain
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants24/04/2019 à 09:25

"La rapidité avec laquelle la Chine déploie son ambition est exceptionnelle et la stratégie implacable." (crédit : Adobe Stock)

"La rapidité avec laquelle la Chine déploie son ambition est exceptionnelle et la stratégie implacable." (crédit : Adobe Stock)

En faisant le travail que n'a pas voulu faire l'UE, la Chine séduit de plus en plus d'adeptes et refait l'Europe à sa façon.

«18+1» : le projet de la nouvelle route de la soie du Président chinois, Xi Jinping, a fait deux nouveaux adeptes ces dernières semaines : l'Italie, à grand fracas en tant que membre fondateur de l'UE, le 24 mars dernier, et la Grèce, ces derniers jours, plus discrète mais non-moins membre de la zone euro. L'initiative chinoise compte donc, aujourd'hui, autant de membres que l'union monétaire européenne ; la Chine plus 18 pays d'Europe centrale, orientale et, dorénavant, occidentale, alliés pour des objectifs communs, en premier lieu, ceux de participer à une expansion sans précédent des voies de communication entre l'Empire du Milieu et l'Union européenne.

La rapidité avec laquelle la Chine déploie son ambition est exceptionnelle et la stratégie implacable. On aurait pu imaginer qu'après l'expansion vertigineuse de l'économie chinoise de ce début de siècle, les Européens soient réticents à offrir davantage de facilités à des concurrents souvent considérés comme premiers responsables de leur appauvrissement industriel, et qu'ils tentent, à ce titre, de se protéger plutôt que de leur ouvrir plus grande leur porte. Mais tel n'est assurément pas le cas. Pourquoi ? Il n'y a que trop de raisons pour expliquer cet engouement.

Pied de nez aux partenaires européens

La première, bien sûr, est l'intérêt économique immédiat que représentent tout à la fois la perspective de nouveaux projets d'infrastructures et celle du développement de nouvelles activités économiques qui accompagneront l'intensification du commerce de produits chinois. Sans être partie prenante de l'initiative des 18+1, la Belgique a, ainsi, accueilli avec une grande satisfaction l'inauguration de la ligne de train Zhengzhou-Liège, le 3 mars dernier, financée par Alibaba, géant chinois du commerce en ligne réalisant aujourd'hui une percée fulgurante sur le marché européen.

Avec la multiplication du transit de marchandises chinoises vers l'UE, les Liégeois profiteront de l'appel d'air procuré par l'essor des activités commerciales et en escomptent de nombreux investissements et emplois de services. En rejoignant le projet chinois, l'Italie s'offre, de son côté, le luxe d'un pied de nez à ses partenaires européens en trouvant des sources de financement d'infrastructures dont l'ont privée les programmes d'austérité depuis près d'une décennie.

Comme la Grèce avec la vente du port du Pirée aux Chinois, les Italiens espèrent de leur partenariat avec la Chine une bouffée d'oxygène pour leur économie depuis trop longtemps étouffée par la rigueur budgétaire à laquelle ils ont dû se soumettre pour être membre de la zone euro (2 % de leur PIB consacré à un l'excédent budgétaire primaire, en moyenne chaque année depuis 25 ans). Plus encore, le port de Trieste pourrait bien devenir, à terme, un sérieux rival de ceux de la Mer du Nord, une aubaine qu'un pays au bord de la faillite n'a pas le luxe de pouvoir laisser passer.

Véronique Riches-Flores, économiste, présidente de RF Research, membre du Cercle des analystes indépendants

14 commentaires

  • 26 avril09:44

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