(Actualisé avec réaction Benjamin Netanyahu)
Plusieurs dizaines de colons militants israéliens masqués ont attaqué des maisons autour du village de Qusura, en Cisjordanie occupée, premier assaut d'ampleur depuis le siège de la zone par des colons plus tôt dans le mois, qui avait suscité un tollé international.
Les colons ont encerclé une maison palestinienne où sept personnes étaient retranchées, et lancé des pierres, ont dit des témoins à Reuters.
Selon Saddam Oday, une des personnes à l'intérieur, l'armée israélienne a tiré des gaz lacrymogènes dans la maison et placé les habitants en détention, tout en le laissant partir. Selon lui, l'armée n'a appréhendé aucun des colons et les a laissé libres de s'en aller.
Le propriétaire de la maison, Luay Bayruti, a déclaré que lorsque les militaires sont arrivés, ils ont passé les menottes aux personnes à l'intérieur, bandé leurs yeux et les ont frappé, avant de les relâcher.
Dans un communiqué, l'armée israélienne a dit que les soldats et la police des frontières étaient arrivés sur place pour faire partir des "émeutiers" et protéger les résidents à l'intérieur de la maison. Elle n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire sur les raisons qui ont poussé les forces de l'ordre à tirer des gaz lacrymogènes sur la maison, et à détenir et frapper ses habitants.
Pour sa première déclaration publique sur Qusra, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné les violence sur place et les a imputées à "une poignée d'émeutiers".
"Je condamne fortement les actes criminels de violence commis dans les villages de Qusra et Jalud", a-t-il ajouté, faisant référence à un autre incident survenu dans un village voisin.
Les Etats-Unis ont déjà fait pression sur le Premier ministre israélien pour qu'il condamnent les colons militants qui ont a assiégé des Palestiniens à leur domicile, ont dit à Reuters des responsables américains et israéliens deux semaines plus tôt.
Le gouvernement d'Israël a précédemment imputé les violences de colons à une "infime minorité", une description mise à mal par le constat que font les associations de défense des droits.
Une enquête des Nations unies a fait état en juin d'une implication directe des autorités israéliennes dans les attaques de colons où des Palestiniens ont trouvé la mort, été blessés ou contraints à l'exode en Cisjordanie occupée.
La mission israélienne a Genève conteste les conclusions de l'enquête.
Selon des organisations de défense des droits, la présence accrue de colons dans la périphérie de villages palestiniens, comme Qusra, s'inscrit dans un plan plus large des colons israéliens visant à gagner du terrain sur une terre où les Palestiniens envisagent d'établir un Etat.
Les instances des Nations unies et la plupart des pays du monde jugent les implantations des colons illégales aux yeux du droit international sur l'occupation militaire. Israël rejette ces accusations, arguant qu'à ses yeux la région est contestée, et non pas occupée.
La Cisjordanie, territoire conquis par Israël lors de la Guerre des Six-Jours en 1967, abrite environ trois millions de Palestiniens et 500.000 colons. Elle compte quelque 146 colonies ainsi que 390 avant-postes plus petits, selon Peace Now, une organisation israélienne de surveillance des colonies.
(Pesha Magid, Gilles Guillaume pour la version française)

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