(Actualisé avec résultats du second tour, provisoires ou quasi-définitifs, fournis par le ministère de l'Intérieur)
Le second tour des élections municipales organisé dimanche promettait des batailles serrées dans les plus grandes villes de France, notamment à Paris, Marseille et Lyon où la gauche l'a finalement emporté.
PARIS (2,175 millions d'habitants - Insee)
La bataille pour la capitale a été moins serrée que prévu entre le candidat de gauche Emmanuel Grégoire (50,81% des voix) et l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati (41,18%).
L'ancien bras droit de la maire socialiste sortante Anne Hidalgo l'a emporté largement en dépit du maintien au second tour de la liste menée par la candidate insoumise Sophia Chikirou (8,01%).
"C'est la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressif, un Paris populaire, un Paris pour tous", s'est félicité Emmanuel Grégoire.
En face, Rachida Dati n'est pas parvenue à tirer profit de son alliance conclue dans l'entre-deux-tours avec la liste de Pierre-Yves Bournazel (Renaissance-Horizons) et du retrait de la candidate Reconquête Sarah Knafo.
"Je n'ai pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible mais surtout qu'il était nécessaire", a regretté Rachita Dati, tout en dénonçant des attaques "mensongères et "en dessous de la ceinture" durant la campagne.
"Le poison de la division a produit ses effets", a-t-elle dit.
MARSEILLE (878.000 habitants)
La cité phocéenne offrait un duel historique entre la gauche et le Rassemblement national (RN) qui espérait bien mettre la main sur la deuxième ville de France.
Le maire sortant Benoît Payan (divers gauche) l'a finalement emporté avec 53,96% des suffrages, largement devant le député RN (UDR-Reconquête) des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio (40,73%) avec lequel il était arrivé au coude-à-coude à l'issue du premier tour.
Contrairement à Paris où la liste LFI s'était maintenue, le candidat insoumis Sébastien Delogu (11,94% au premier tour) avait décidé de se retirer face au refus de Benoît Payan d'opérer une alliance.
La candidate de la droite et du centre Martine Vassal, qui avait décidé de maintenir sa liste au second tour, a obtenu 5,30% des suffrages.
LYON (587.000 habitants)
Le maire écologiste sortant Grégory Doucet, soutenu par les socialistes, Place publique et les communistes, a été réélu avec 50,67% des suffrages face à l'ex-patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas (49,33%), chef de file d'une liste Les Républicains-Renaissance-Horizons-MoDem-UDI.
"Les Lyonnaises et les Lyonnais ont choisi par leur vote de maintenir une trajectoire responsable et républicaine, généreuse et universelle pour notre territoire et ses habitants", s'est félicité Grégory Doucet.
L'édile lyonnais avait pris une option pour la victoire après avoir conclu dans l'entre-deux-tours une alliance avec la liste LFI menée par Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41% des voix au premier tour) - un "accord de la honte" très vite dénoncé par Jean-Michel Aulas.
Ce dernier a pour l'heure refusé de reconnaître sa défaite, dénonçant des "irrégularités" durant le scrutin, et annoncé un recours.
TOULOUSE (502.000 habitants)
Le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc (53,87% des voix) rempile pour un troisième mandat après avoir dévancé la liste de la gauche unie menée par le candidat LFI François Piquemal (46,13%), qui avait opéré un rapprochement avec le socialiste François Briançon à l'issue du premier tour.
Engagé dans un duel à risque face à la liste commune de gauche, Jean-Luc Moudenc avait axé sa campagne de l'entre-deux-tours sur les conséquences économiques d'un potentiel basculement de la "Ville rose" à gauche. Le maire sortant disposait du soutien des organisations patronales locales qui avaient appelé à soutenir sa liste.
NICE (338.000 habitants)
Le duel de longue date entre les frères ennemis Christian Estrosi et Eric Ciotti, deux ex-LR, a tourné à l'avantage du second. En tête à l'issue du premier tour, le patron de l'Union des droites (UDR), allié au RN, l'a emporté avec 48,54% des voix devant le maire sortant (Horizons-LR, 37,2%), qui dirigeait la cinquième ville de France depuis 2008.
"C'est une immense victoire", s'est félicité Eric Ciotti alors que Christian Estrosi a de son côté annoncé son retrait de la vie politique.
En amont de la bataille du second tour, le maire sortant de Nice avait été lâché par le patron des Républicains Bruno Retailleau qui a refusé de lui apporter son soutien, dénonçant une campagne "délétère".
Engagée dans une triangulaire, la candidate de l'union de la gauche (sans LFI) Juliette Chesnel-Leroux a obtenu 14,26% des voix.
NANTES (325.000 habitants)
Dans la ville de Loire-Atlantique, la socialiste Johanna Rolland, à la tête de la mairie depuis 2014, est parvenue à contrer les assauts de la droite qui n'a pas dirigé la ville depuis le mandat du RPR Michel Chauty (1983-1989).
Elle a remporté 52,18% des voix face au candidat de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe (47,82%).
Arrivée en tête au premier tour, la numéro deux du Parti socialiste (PS) s'était alliée non sans remous avec la liste LFI menée par William Aucant (11,2% au premier tour).
"Un choix de raison" pour la maire sortante, qui avait défendu une "fusion démocratique" et un accord technique et non programmatique avec LFI.
MONTPELLIER (300.000 habitants)
Arrivé en tête du premier tour, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse l'a emporté (50,13%) face à la candidate LFI Nathalie Oziol (25,06%) et la liste menée par le propriétaire du Montpellier Hérault Rugby, Mohed Altrad (24,81%), dirigeant du groupe de BTP du même nom.
"Nous allons continuer à affirmer Montpellier comme une ville plus solidaire, plus écologique, plus innovante et plus fraternelle", a-t-il dit sur X, se félicitant de la réélection d'un maire à Montpellier "pour la première fois depuis longtemps".
STRASBOURG (286.000 habitants)
Siège officiel du Parlement européen, la capitale alsacienne était le théâtre d'une bataille des gauches qui a mené à une alliance contre nature entre l'ex-maire socialiste Catherine Trautmann et le candidat Horizons Pierre Jakubowicz.
A l'issue d'un second tour très incertain, Catherine Trautmann l'a emporté avec 37% des voix, devant la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian (31,70%) et le candidat LR-UDI-Divers droite Jean-Philippe Vetter (31,29%).
Avec 5,1% des voix au premier tour, Pierre Jakubowicz ne s'était pas qualifié pour le second tour mais avait la possibilité de fusionner avec une autre liste dans l'entre-deux-tours.
Son accord avec Catherine Trautmann a conduit le parti Horizons à lui retirer son soutien au profit de Jean-Philippe Vetter. Du côté du PS, le premier secrétaire du parti Olivier Faure a estimé que l'alliance plaçait "ceux qui l'ont conclu en dehors du Parti socialiste".
"La définition des partis traditionnels, ce n'est pas mon sujet. Mon sujet, c'est Strasbourg (...) Lorsqu'on a le sens d'une responsabilité commune, on peut passer au-delà des partis", a défendu dimanche soir Catherine Trautmann.
BORDEAUX (264.000 habitants)
A l'issue d'un second tour très serré, Thomas Cazenave (Renaissance, LR, Horizons) a détrôné le maire sortant écologiste (soutenu par le PS, le PCF et Génération.s) Pierre Hurmic, en remportant 50,95% des voix contre 49,05% pour son rival.
La victoire du député macroniste fait rebasculer la ville de Bordeaux que Pierre Hurmic avait conquise en 2020 après 73 ans de règne de la droite alliée au centre.
Dans l'entre-deux-tours, l'"outsider" Philippe Dessertine, qui avait obtenu 20,20% des suffrages au premier tour, avait annoncé à la surprise générale son retrait.
Pierre Hurmic avait de son côté refusé la main tendue du candidat insoumis Nordine Raymond (9,36% au premier tour).
LILLE (236.000 habitants)
L'édile socialiste Arnaud Deslandes (49,33%), qui avait pris la suite de Martine Aubry après sa démission en mars 2025, est parvenu à conserver la capitale du Nord.
"Les résultats de ce soir démontrent que le besoin de justice sociale et écologique et l'attente qui en découle est très forte", s'est-il réjoui, promettant d'être le maire "de tous et de toutes les Lillois et Lilloises, d'où qu'ils viennent, quel que soit leur quartier, leur origine, leur condition sociale."
Son alliance dans l'entre-deux-tours avec le candidat écologiste Stéphane Baly (17,75% au premier tour) le plaçait en bonne position face à la candidate insoumise Lahouaria Addouche (33,7% des suffrages) qui disposait de peu de réserves de voix.
Le député européen RN Matthieu Valet et la députée Renaissance Violette Spillebout ont obtenu respectivement 8,98% et 7,99% des voix.
(Rédaction de Paris)

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