Quatre membres et ex-membre du gouvernement se présentent en tant que têtes de liste aux élections municipales des 15 et 22 mars, tandis que les anciens Premiers ministres François Bayrou et Edouard Philippe briguent un nouveau mandat, qui décidera pour le Havrais de son avenir national.
La ministre des Sports Marina Ferrari (MoDem) est en lice à Aix-les-Bains (Savoie) dans une réédition du duel de 2020 avec le maire sortant (Les Républicains) et ex-allié Renaud Beretti. L'inclassable Michel Fournier, ministre délégué à Ruralité, se représente aux Voivres (Vosges) dont il est maire depuis 1989.
Jean-Didier Berger (centre-droit), ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, se relance dans la course à Clamart (Hauts-de-Seine) qu'il a dirigée de 2014 à 2024, année de son élection à l'Assemblée nationale, avant sa nomination au gouvernement en février dernier.
Le cumul d'un mandat de maire et d'un portefeuille ministériel est interdit, les prétendants devront donc trancher en cas de victoire.
Enfin, Rachida Dati, qui a démissionné du ministère de la Culture pour faire campagne à Paris, brûle d'arracher la capitale à la gauche. Le ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, figure sur sa liste (LR, MoDem, UDI).
Cas particulier, Nicolas Forissier (LR), ministre délégué au Commerce extérieur, souhaite reconquérir la petite ville berrichonne de La Châtre (Indre), dont il a été maire de 1995 à 2017, en partageant la tête de liste avec Marc Henriet, conseiller municipal d'opposition sortant.
Autres colistiers : le Premier ministre, Sébastien Lecornu, figure en troisième position de la liste de son successeur François Ouzilleau (DVD) en 2020 dans sa ville de Vernon (Eure).
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, victorieux en 2020, est en deuxième position sur la liste de la maire sortante de Tourcoing Doriane Bécue (DVD). Vincent Jeanbrun (Logement) a ajouté son nom à la liste du maire sortant (Les Républicains) Clément Decrouy, à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), ville que le désormais ministre avait prise au Parti socialiste en 2014.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, est colistière du maire sortant de Vannes David Robo (Horizons).
Laurent Panifous (Liot), ministre délégué aux Relations avec le Parlement, brigue un mandat de conseiller municipal au Fossat (Ariège), dont il fut maire de 2014 à 2022.
PAU, LE HAVRE : DEUX VILLES, DEUX DESTINS
Deux anciennes figures de la Macronie, aujourd'hui en rupture, remettront pour leur part leur destin entre les mains des électeurs.
Près de six mois après son départ de Matignon, renversé par une motion de censure le 8 septembre, l'ancien Premier ministre François Bayrou, qui fêtera ses 75 ans en mai, brigue un troisième mandat à Pau (Pyrénées-Atlantiques), ville d'un peu plus de 80.000 habitants qu'il dirige depuis 2014.
Le "cabourut" (têtu) béarnais en est à sa cinquième campagne municipale (il avait échoué en 1989 et 2008) dans la cité d'Henri IV.
Ses huit mois à Matignon, à la fois échec politique et blessure intime en raison de l'affaire des viols et violences sexuelles à l'établissement scolaire Notre-Dame de Bétharram, pourraient peser dans les urnes.
Ses adversaires - ils sont six face à lui, notamment le centriste Philippe Arraou dont il fut proche - mettent en avant un bilan national bien en-deçà des attentes, marqué par une politique sociale loin du centrisme. D'autres s'interrogent sur ses ambitions nationales même s'il assure qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de 2027.
Classé meilleur maire de France par le magazine Challenges, François Bayrou, muet sur la scène nationale depuis son éviction, estime au contraire que son exposition politique a redoré le blason de Pau et profité à ses administrés.
Autre ancien Premier ministre à concourir dans cette élection, Edouard Philippe (Horizons) joue gros au Havre (Seine-Maritime), ville qui lui est acquise depuis 2010, puisqu'il a fait de sa réélection une condition à sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
"Si j'échoue à convaincre les Havrais, alors que je suis maire depuis 2010, (...) je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français", avait-il déclaré le 8 décembre sur LCI. "Là où les Havrais m'ont donné tort, les Français ne vont pas me donner raison."
Une phrase à double tranchant, qui pourrait coaliser ses détracteurs et mobilise l'opposition de gauche locale.
Dans un sondage OpinionWay pour l'observatoire Hexagone, financé par le milliardaire d'extrême droite Pierre-Edouard Sterin, et réalisé du 16 au 23 février, le président d'Horizons, qui se présente comme le "parti des maires" depuis sa création en 2021, a été donné battu pour la première fois.
L'hypothèse était celle d'une triangulaire avec le député communiste Jean-Paul Lecoq soutenu par le PS, les Ecologistes et Place publique, et le candidat (Union des droites) Franck Keller, possible arbitre avec une extrême droite en très nette progression dans la plus grande ville de Normandie (plus de 165.000 habitants).
(Rédaction de Paris)

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