Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, et Emmanuel Grégoire, député PS et Apparentés et candidat à la mairie de Paris, sur le plateau avant un débat télévisé organisé par BFMTV à Paris, le 18 mars 2026 ( AFP / Bertrand GUAY )
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a assuré mercredi n'avoir "qu'une seule adversaire, Rachida Dati", considérant l'Insoumise Sophia Chikirou comme sa "concurrente", lors d'un premier - et dernier - débat télévisé de près de trois heures axé sur le périscolaire, le logement ou encore la propreté et la sécurité.
"Ce soir, je n'ai qu'une seule adversaire, c'est Rachida Dati", a déclaré Emmanuel Grégoire lors du débat sur BFMTV et Le Figaro TV avant le second tour dimanche des élections municipales où il affrontera la candidate de la droite et du centre et celle de La France insoumise.
"Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale, au vu des très nombreux responsables qui vous ont apporté leur soutien, (Jordan) Bardella, (Bruno) Gollnisch, toutes les générations... On dirait le comité de soutien de Marine Le Pen. C'est une faute morale", a-t-il également étrillé.
"L'extrême droite a choisi de se sacrifier à Paris à son profit au plan national (...) pour que vous puissiez lui rendre la même chose bientôt", en allusion à la présidentielle de 2027, a poursuivi M. Grégoire. "Vous êtes devenu Madame Soleil, M. Grégoire?", a rétorqué Mme Dati, l'accusant à plusieurs reprises de mentir.
Sarah Knafo, candidate d'extrême droite qualifiée pour le second tour, a en effet retiré sa liste pour faire "battre la gauche" à Paris, quand celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) a fusionné avec celle de Mme Dati.
Rachida Dati a de nouveau exhorté les électeurs à "se mobiliser pour l'alternance à Paris dimanche".
En tête du premier tour (37,98%), Emmanuel Grégoire a estimé que Sophia Chikirou, arrivée troisième, était sa "concurrente". La candidate LFI, elle, a estimé être "la seule véritable opposante" à la candidate de droite et du centre.
L'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo a reconnu des "points communs" avec la députée Insoumise qui a maintenu sa liste après le "refus" du candidat de fusionner. Mais "la dureté" de la campagne de Sophia Chikirou à son encontre "rendait impossible toute alliance", a-t-il affirmé.
"Paris n'a pas besoin d'une maire des riches après avoir eu un président des riches", ni "d'un maire qui mènera une politique qui tourne le dos aux luttes sociales et écologiques de notre temps", a rétorqué sa concurrente, renvoyant dos à dos les deux favoris du scrutin.
- "Tout remettre à plat" -
Au cœur de ce premier - et unique - débat entre les favoris dans la course à la mairie de Paris, la question des violences sexuelles dans le périscolaire a occupé une large place.
"On va tout remettre à plat", a promis Emmanuel Grégoire, ciblé par ses deux concurrentes sur ce scandale qui a percuté la campagne municipale.
Sophia Chikirou, elle, a assuré qu'elle débloquerait 19 millions d'euros supplémentaires par an pour le périscolaire.
Logement, écologie, sécurité, les candidats ont déroulé leur programme lors d'un long débat, se coupant régulièrement la parole. "Je vais finir par vous couper le micro", a par exemple lancé la journaliste Apolline de Malherbe à l'égard de Rachida Dati.
Si elle est élue, celle-ci a promis de réduire la taxe foncière à Paris, sans toutefois chiffrer cette mesure.
Sur la question des campements de réfugiés dans le nord de Paris, la candidate Insoumise a exhorté à "un choc de solidarité" pour les sans-abri dans une situation "dramatique".
Interrogée sur son procès en septembre pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault-Nissan, Rachida Dati a dénoncé les "attaques outrancières" d'Emmanuel Grégoire.
"En matière d'affaires, moi je ne suis pas à la hauteur, on vient me chercher pour une affaire de cafetière", a rétorqué Sophia Chikirou, qui sera, elle, jugée en mai pour escroquerie.
Rachida Dati et Sophia Chikirou ont régulièrement renvoyé Emmanuel Grégoire à l'héritage de la maire sortante, Anne Hidalgo.
"On ne vous entend pas assumer votre bilan", a tonné la candidate Insoumise.
Emmanuel Grégoire, lui, s'est dit "très reconnaissant" à l'égard d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë, maire de 2001 à 2014. "Je suis héritier de la gauche, j'en suis très fier", a-t-il poursuivi.
Mme Chikirou n'était initialement pas invitée à ce seul débat d'entre-deux tours. Mais BFMTV est revenue sur sa décision après protestation de la formation de Jean-Luc Mélenchon qui a saisi l'Arcom. Avant le premier tour, Rachida Dati, elle, avait refusé de débattre.

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