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Mort de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, condamné pour génocide
information fournie par Reuters 27/08/2026 à 16:21
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(Actualisé avec détails et contexte)

- L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, reconnu coupable de génocide pour avoir orchestré en 1995 le massacre d'au moins 8.000 musulmans dans une "zone de sécurité" de Bosnie-Herzégovine, ce qui constitue la pire atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, est décédé, a déclaré jeudi un responsable de l'ONU.

Le massacre de Srebrenica a été le point d'horreur absolue d'une guerre en ex-Yougoslavie qui a duré plus de trois ans, au cours de laquelle Ratko Mladic a également pilonné quotidiennement Sarajevo, la capitale bosniaque assiégée, à l'aide de l'artillerie, des chars, des mortiers et des mitrailleuses lourdes de son armée nationaliste serbe, faisant 10.000 morts.

Les corps des victimes de Srebrenica ont été enterrés à la pelleteuse dans des fosses communes pendant quatre jours en juillet 1995 puis certains d’entre eux ont été exhumés et déplacés vers des montagnes reculées afin de dissimuler les preuves des massacres.

L'objectif de ce massacre - tel que l'a établi le Tribunal pénal international des Nations unies pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) - était le "nettoyage ethnique", à savoir l’expulsion forcée des musulmans de Bosnie, des Croates et des autres non-Serbes afin de dégager les terres bosniaques pour une Grande Serbie.

Le tribunal a conclu que Ratko Mladic, ainsi que le défunt président serbe Slobodan Milosevic et le dirigeant politique serbe de Bosnie Radovan Karadzic, faisaient partie d’un complot criminel visant à mettre en oeuvre ce plan.

"Je ne reconnais pas ce tribunal", avait déclaré Ratko Mladic, surnommé le "boucher de Bosnie" par ses adversaires, lors d’une audience du TPIY consacrée à son affaire en 2014. Lorsqu’il a été condamné à la prison à perpétuité en 2017, il s’est écrié : "Ce ne sont que des mensonges, vous êtes tous des menteurs!"

Radovan Karadziz, également reconnu coupable de génocide en 2016, et Ratko Mladic ont figuré en tête de la liste des personnes recherchées par le TPIY pendant des années après que les puissances occidentales eurent mis fin à la guerre en 1995.

Mais jusqu’à ce que Slobodan Milosevic soit renversé par un soulèvement populaire en 2000 en Serbie, Ratko Mladic vivait en toute sécurité – bien que discrètement – à Belgrade.

Slobodan Milosevic est décédé en détention le 11 mars 2006, quelques mois avant le verdict de son procès de quatre ans devant le tribunal pour génocide et autres crimes de guerre commis en Croatie, en Bosnie et au Kosovo.

La guerre qui a éclaté en 1991 dans ce qui était à l'époque la Yougoslavie a abouti à la création des six pays qui composaient autrefois cette fédération : la Serbie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Slovénie, le Monténégro et la Macédoine du Nord. Par la suite, le Kosovo est devenu indépendant de la Serbie.

L'armée mise sur pied par Ratko Mladic pour combattre en Bosnie s'est vite rendue coupable d'exactions : des prisonniers asphyxiés par la chaleur après avoir été forcés à ingérer du sel et privés d’eau, des prisonniers affamés et violés dans des camps, contraints de sauter d'un pont avant d’être abattus ou encore abattus par centaines pendant la nuit après avoir été chassés de leurs lieux de détention à l’aide de gaz chimiques.

"Pour moi, Ratko Mladic est le symbole de tous les crimes horribles commis pendant la guerre : nos filles ont été violées et nos garçons tués, uniquement parce qu'ils étaient musulmans”, a déclaré Munira Subasic, dont le fils et le mari ont été tués par les forces serbes de Bosnie après la prise de Srebrenica.

(Stephanie van den Berg and Michelle Nichols, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Zhifan Liu)

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