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Moqueries, mise à l'écart...: des salariés LGBT+ témoignent d'un climat hostile au travail
information fournie par AFP 22/04/2026 à 17:48

L’association L'autre cercle estime que le climat se durcit vis-à-vis des personnes LGBT+ dans le monde du travail, et dénonce une banalisation des propos hostiles et une hausse des discriminations ( AFP / Pau BARRENA )

L’association L'autre cercle estime que le climat se durcit vis-à-vis des personnes LGBT+ dans le monde du travail, et dénonce une banalisation des propos hostiles et une hausse des discriminations ( AFP / Pau BARRENA )

"J’ai été victime de lesbophobie par un ancien patient et tout le monde s’en fiche": Charlie, infirmière de 24 ans, a été agressée verbalement sur son lieu de travail, comme 36% des salariés LGBT+, alerte une association.

"Je me suis retrouvée seule avec un patient que je ne connaissais pas, il me fixait assez intensément et a fini par lâcher en riant +Tu lèches des chattes, toi+", a-t-elle confiée à l’AFP.

Lorsqu'elle en a parlé à ses collègues, ils n'ont pas réagi: "visiblement cette situation était risible".

L’association L'autre cercle estime que le climat se durcit vis-à-vis des personnes LGBT+ dans le monde du travail, et dénonce une banalisation des propos hostiles et une hausse des discriminations.

"Ce climat est inquiétant", commente auprès de l'AFP Guillaume Savoie, vice-président de L'autre cercle, qui défend l'inclusion des personnes LGBT+ dans les milieux professionnels.

Moqueries, mises à l'écart, actes de violence physique comme une empoignade: 36% des salariés LGBT+ disent avoir été victimes d'au moins une agression sur leur lieu de travail, une hausse de 8 points par rapport à 2024, selon une enquête Ifop menée début 2026 et publiée mercredi pour l'association auprès d'un échantillon national représentatif de 10.185 salariés, dont 942 LGBT+ (personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres).

Comme Louis Lesage-Drubay, 20 ans, étudiant salarié chez Carrefour à Lille, il y a quelques mois: un groupe de trois filles "m'ont filmé, ont fait des remarques sur mes piercings. L’une d’entre elle m'a insulté et est revenue vers ma caisse en tentant de m'attaquer physiquement".

Il précise n'avoir reçu aucun soutien de la part de sa hiérarchie mais "un courrier d'avertissement avec une convocation avec le directeur".

Plus d'un tiers des salariés LGBT+ (37%) disent également avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction, une augmentation de 12 points par rapport à 2024.

- "rejeté" -

C’est le cas de Thibault (prénom modifié) qui a vu l’attitude de ses collègues et de sa hiérarchie changer lorsqu'ils ont su qu'il était un homme transgenre, durant un stage dans un titre de presse quotidienne nationale.

"Pendant un mois, on m'a parlé au féminin sous couvert d’erreurs sans jamais me dire qu’ils étaient au courant pour ma transidentité. Deux de mes collègues ont, du jour au lendemain, arrêté de me dire bonjour, de me nommer, de s'asseoir à côté de moi alors qu’il n'y avait aucun problème les premiers jours" avant que sa cheffe ne soit mise au courant par les ressources humaines, sans son accord, raconte Thibault, qui s’est senti "rejeté".

Cette montée de l'hostilité vis-à-vis des personnes LGBT+ "va de pair avec celle du sexisme et du masculinisme", estime auprès de l'AFP Catherine Tripon, porte-parole de L'autre cercle. "Là où on travaille, c'est le reflet de la société mais si l'organisation signale qu'il y a des lignes à ne pas franchir, les salariés le respectent".

Parmi les salariés français, 31% disent qu'ils seraient mal à l'aise face au +coming out+ d'un collègue, une proportion en progression de 6 points.

Ainsi, Didier (qui n'a pas souhaité donner son nom), responsable marketing, assure ressentir une "gêne" de la part de certains collègues quand il raconte, par exemple, son weekend avec son compagnon. "Personne ne fera de remarque désobligeante car les gens ont compris que cela n'avait pas sa place dans notre entreprise mais le sujet est loin d'être réglé", témoigne ce Parisien de 53 ans, qui se sent parfois "jugé".

Signe encourageant, 72% des salariés LGBT+ ne cachent pas leur orientation sexuelle aujourd'hui à leur travail, selon L'autre cercle.

Néanmoins, un climat défavorable peut inciter certains d'entre eux à ne pas dévoiler leur orientation sexuelle ni leur vie privée, selon L'autre cercle. Conséquences: un isolement potentiel de la personne concernée et un renoncement à certains droits, comme celui d'inscrire son conjoint sur sa mutuelle ou de bénéficier de jours de congés supplémentaires pour son mariage.

1 commentaire

  • 17:31

    Avant de se plaindre des réactions de leurs collègues au sein des entreprises, encore faudrait-il que les associations LGBT ne brouille pas leurs messages en soutenant par ailleurs des mouvements ouvertement homophobes (ex : HAMAS), au nom de la liberté.


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