Le chancelier allemand Friedrich Merz lors d'un rassemblement des catholiques allemands à Wurtzbourg
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vendredi qu’il déconseillerait à ses enfants de vivre ou d’étudier aux États-Unis dans le climat actuel.
"Aujourd’hui, même les personnes les mieux formées en Amérique ont beaucoup de mal à trouver un emploi", a dit Friedrich Merz, 70 ans et père de trois enfants, s’exprimant devant un jeune public lors d’un rassemblement catholique dans la ville bavaroise de Wurtzbourg.
Ces déclarations illustrent les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens sous la présidence de Donald Trump. Les différends sur le commerce, les guerres en Ukraine et désormais en Iran pèsent sur l’alliance de l’Otan.
Le mois dernier, le dirigeant allemand avait déclaré que les États-Unis s'étaient humiliés dans la guerre en Iran, provoquant la colère de Donald Trump.
Les jours suivants, Washington a annoncé un retrait partiel de ses troupes d’Allemagne et une hausse des droits de douane sur les voitures de l’Union européenne, un secteur dans lequel l’Allemagne est particulièrement forte.
"Je ne recommanderais pas à mes enfants d’aller aujourd’hui aux États-Unis pour y faire leurs études et y travailler, tout simplement parce qu’un certain climat social s’y est soudainement installé", a souligné le chancelier.
Il a aussi estimé que les Allemands avaient trop tendance à voir l’état du monde sous l’angle de la catastrophe. Il les a appelés à davantage d’optimisme quant au potentiel de leur propre pays.
"Je suis fermement convaincu qu’il y a peu de pays au monde qui offrent d’aussi grandes opportunités, en particulier aux jeunes, que l’Allemagne", a-t-il plaidé.
Friedrich Merz a pris ses fonctions en 2025 en se présentant comme un partisan des relations transatlantiques. Depuis, il a pris ses distances avec son puissant allié.
"Je suis un grand admirateur de l’Amérique", mais "mon admiration ne grandit pas en ce moment", a-t-il lâché vendredi sous les rires et les applaudissements de son auditoire.
(Reportage Markus Wacket et Matthias Williams; Nathan Vifflin pour la version française, édité par Sophie Louet)

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