"Pour la Russie, l'objectif est une cartographie nouvelle et totale de l'Europe", selon le patron du renseignement.
Le siège du BFV à Cologne, en Allemagne. ( AFP / INA FASSBENDER )
La menace et la guerre hybride russe sont "depuis longtemps découplées de la situation en Ukraine", a noté le patron du Renseignement intérieur allemand, qui enjoint les pays Européens à ne pas s'attendre à une détente une fois le conflit ukrainien terminé.
"Les attaques vont (continuer de) venir", a dit Sinan Sellen, qui dirige le BfV.
Ce service de renseignement attribue à Moscou une multitude d'opérations de sabotage, de désinformation et d'espionnage. C'est notamment le cas d'une tentative d'attaque au drone explosif contre un avion ukrainien à Leipzig, dans l'est de l'Allemagne, cet été.
Les Européens ne doivent pas faire l'erreur de croire que la fin, un jour, de la guerre en Ukraine, signifierait aussi la fin de la menace russe, a-t-il insisté lors d'une conférence à Berlin.
La Russie veut redessiner la géopolitique européenne
"Pour la Russie, (l'objectif) est une cartographie nouvelle et totale de l'Europe et de son rôle au sein de l'Europe et de la géopolitique", a-t-il estimé. "La menace (russe) hybride est là, et elle est depuis longtemps découplée de la situation en Ukraine".
Confronté à des attaques attribuées à la Russie et à un essor notamment de l'AfD, parti d'extrême droite pro-russe, le gouvernement allemand et ses services s'efforcent de pointer l'urgence du danger que représente le Kremlin pour défendre ses dépenses militaires en hausse et son soutien à Kiev.
Le président russe Vladimir Poutine réclamait, avant même d'envahir l'Ukraine, que l'Otan se retire de toute une partie d'Europe orientale, voyant dans l'Alliance atlantique une menace existentielle.
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