Varsovie s'est récemment insurgé contre les projets ukrainiens d'honorer des "héros nationaux" ayant collaboré avec l'Allemagne nazie ou des organisations nationalistes ayant massacré des civils polonais.
Une pancarte symboisant les drapeaux polonais et ukrainien. (illustration) ( AFP / ANDY BUCHANAN )
En froid avec la Pologne, l'un de ses principaux soutiens face à l'invasion russe, l'Ukraine a proposé vendredi 3 juillet à Varsovie une série de "mesures anticrise" destinées à désamorcer une crise diplomatique qui trouve ses racines dans leurs divergences autour de la Seconde guerre mondiale.
La crise entre l'Ukraine et la Pologne a été déclenchée par la décision du président Volodymyr Zelensky de baptiser une unité militaire du nom de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Cette organisation nationaliste ukrainienne datant de la Seconde guerre mondiale est tenue pour responsable du massacre de plus de 100.000 civils polonais. Des membres de l'UPA ont aussi combattu au sein des SS et pris part à la déportation et au massacre de juifs.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a rencontré vendredi à Varsovie son homologue polonais Radoslaw Sikorski et s'est dit prêt à "trouver des solutions" et à un "dialogue honnête".
"Progrès significatifs"
"J'ai proposé un ensemble de mesures anticrise. Elles comprennent l'ouverture de consultations entre nos ministères des Affaires étrangères, l'organisation d'une réunion d'historiens (...) ainsi que le recours aux dirigeants religieux des deux nations", a expliqué Andriï Sybiga sur X. Il a assuré constater "des progrès significatifs" au cours des derniers 18 mois pour "surmonter les questions sensibles" entre Varsovie et Kiev, dont notamment des recherches de charniers de la Seconde Guerre mondiale.
Le ministère polonais des Affaires étrangères a de son côté plaidé pour une "désescalade des tensions et la mise en place de mécanismes durables fondés sur une compréhension mutuelle de l'Histoire".
Les autorités ukrainiennes entendent créer un panthéon de "héros nationaux" qui comprend des dirigeants nationalistes ayant collaboré avec l'Allemagne nazie, à l'exemple d'Andriï Melnyk, rapatrié en Ukraine et inhumé avec les honneurs en mai.
En réaction, le président polonais, le nationaliste Karol Nawrocki, avait annoncé fin juin retirer à Volodymyr Zelensky la plus haute distinction de son pays, l'Ordre de l'Aigle blanc. Des responsables polonais ont aussi averti que l'Ukraine ne pourrait adhérer à l'UE sans réconciliation des mémoires historiques entre les deux pays.
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