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Mélenchon, une campagne discrète mais jusqu'ici efficace
information fournie par AFP 22/09/2026 à 13:34
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Jean-Luc Melenchon (LFI) à la fête de l'Humanité, qui s'est tenue à Plessis-Pate (sud de Paris),le 11 septembre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Jean-Luc Melenchon (LFI) à la fête de l'Humanité, qui s'est tenue à Plessis-Pate (sud de Paris),le 11 septembre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Pour lui, pas de déambulations en public, de visites de sinistrés des incendies ou de vente de frites sous l'oeil des caméras. Pour sa campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon se fait plutôt discret et se concentre sur ses discours où il détaille des mesures de son programme.

Les thèmes les plus sensibles, notamment ceux qui lui ont valu l'accusation de flirter avec l'antisémitisme, sont pour l'instant relégués au second plan. Pour autant, le leader insoumis est fidèle à la théorie des "coups de marteau" développée par LFI: des prises de parole où il développe des propositions radicales, comme récemment sur la dette ou le pouvoir d'achat.

"C'est un choix de faire une campagne instructive, pour que les gens comprennent les enjeux. Certes, ce sont des sujets compliqués mais Jean-Luc Mélenchon les aborde de manière claire et pédagogique", dit à l'AFP le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard.

Mais les prises de parole publiques du quadruple candidat à la présidentielle sont plutôt rares, en comparaison avec d'autres candidats: à l'inverse des autres prétendants à l'Elysée, il ne participe pas au jeu médiatique traditionnel des matinales ou des interviews sur les chaînes d'information en continu. Comme pour apparaître en surplomb du jeu politique.

A la place, ce sont les différents cadres du mouvement de gauche radicale qui se relaient dans les médias pour décliner les propositions programmatiques.

"Mélenchon a plus d'élus parlementaires, de lieutenants capables d'aller sur les plateaux. Ils occupent l'espace", observe une ministre. LFI compte actuellement 71 députés, contre 17 avant la présidentielle de 2022.

Le patriarche insoumis, qui n'a jamais été féru de bains de foule, s'épargne également les déplacements dans les foires et salons aux quatre coins de la France.

"Contrairement aux autres candidats, nous ne sommes pas dans la surenchère communicationnelle, nous choisissons d'intervenir sur des thématiques de fond", nuance auprès de l'AFP son entourage, en réfutant que ses prises de paroles soient "rares".

Après avoir enchaîné trois meetings ou longues prises de parole en autant de semaines pour la rentrée politique, il devrait se faire plus discret en ce début d'automne, avec seulement un grand meeting annoncé en octobre, à Clermont-Ferrand.

De plus, il choisit avec parcimonie les événements auxquels il participe, souvent des manifestations ou des colloques du think-tank lié à LFI, l'institut La Boétie.

"Il s'agit de ne pas l'épuiser en dehors des figures imposées. Il est connu des Français, il n'a pas besoin de s'agiter à chaque foire à la saucisse", déclare un élu LFI à propos du candidat de 75 ans. "Il sait comment il séquence sa campagne au jour près".

"Il s'est assagi"

Pour l'automne, les Insoumis ont pour but d'organiser des réunions publiques avec leurs députés, et sans leur candidat, et dans tous les départements.

"Nous voulons faire vivre une campagne collective sur tout le territoire en déployant toute notre équipe", selon M. Bompard.

Ses adversaires reconnaissent l'efficacité de la méthode du tribun, donné en tête à gauche dans les sondages et parfois aux portes du second tour.

"Mélenchon cherche des sujets originaux, il est un des seuls à le faire", commente un proche du président Emmanuel Macron. L'Insoumis a notamment proposé le concept d'"écorégions" pour s'adapter au réchauffement climatique et une de ses proches, la députée Clémence Guetté, propose de créer des droits nouveaux pour l'amitié.

Surtout, la tonalité générale de la campagne s'est adoucie par rapport aux outrances récurrentes des dernières années.

"Tout compte à partir de maintenant, chacun de nous est responsable. Vous savez très bien que l'on est regardé au microscope, hein?", enjoignait M. Mélenchon en juin devant ses militants.

Ce conseil, il semble se l'être appliqué à lui-même.

Comme il avait déjà pu le faire avant la présidentielle 2022, après avoir clivé, le candidat adopte un ton plus rassembleur.

Elle semble déjà loin la période où le leader insoumis faisait scandale en ironisant ou déformait les patronymes juifs "Epstein" et "Glucksmann".

"Il faut qu'on montre la bonne image de Mélenchon, qui a pu être abîmée par moments", reconnaît l'élu insoumis précédemment cité.

"Mélenchon fait une bonne campagne. Il s'est assagi. En fait, il fait déjà un second tour", estime pour sa part un proche de Marine Le Pen (RN).

Est-ce lié? Les discours du tribun sont plus courts et écrits que d'habitude, lui qui est connu pour ses envolées lyriques parfois improvisées. Mais les improvisations sont plus propices au dérapage.

"Il a une volonté de viser juste, nous sommes plus impliqués qu'avant dans l'écriture", dit un cadre du mouvement.

2 commentaires

  • 22 septembre 11:45

    Il fait comme tonton Ado.lf en 1933 : "ne vous inquiétez pas, je veillerai sur vous !!".


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