L'industrie du bois représente 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 60.000 emplois en Nouvelle-Aquitaine.
Une photo aérienne de la commune du Porge, le 31 juillet 2026. ( POOL / SARAH MEYSSONNIER )
La filière du bois a estimé lundi 3 août avoir plusieurs "millions de tonnes" de pins à abattre et à évacuer de la forêt girondine ravagée par un gigantesque incendie ces dernières semaines, dans ce qui se présente comme une véritable "course" à l'abattage pour sécuriser le massif face aux chutes d'arbres et aux parasites.
Une vingtaine d'acteurs de l'industrie du bois, qui représente 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 60.000 emplois en Nouvelle-Aquitaine , s'est réunie avec la préfète de Gironde, Sophie Brocas, pour dresser un "état des lieux des dégâts" après cet incendie de 42.000 hectares, le plus vaste en superficie depuis 1949 en France.
"Il faut qu'on coupe les arbres calcinés qui menacent de tomber sur des lotissements, sur des routes. La cartographie va être faite cette semaine pour que le travail de coupes de sécurité soit fait", a déclaré Sophie Brocas à l'issue de cette réunion, se disant défavorable à une réouverture immédiate de la forêt aux visiteurs, dans un massif toujours très sec. Elle a assuré que le dispositif d'activité partielle interviendrait avec "zéro reste à charge" pour les entreprises des zones évacuées , et salué le "travail de titan" des forestiers pour réaliser 170 km de "coupes tactiques" (pare-feux).
"Un peu moins d'une année de consommation"
Selon François Guiraud, président de l'interprofession du pin maritime (CIPM), le chiffre provisoire de "4 à 5 millions de tonnes" de bois à exploiter a été avancé lundi, soit "un peu moins d'une année de consommation" de l'industrie du bois sur le massif.
Les forestiers vont abattre à grande échelle car, outre les chutes d'arbres, les pins affaiblis sont exposés au scolyte sténographe, insecte volant proliférant dans les troncs malmenés, jusqu'à mort de l'arbre. "Il faut évacuer les stocks de bois pour ne pas donner à manger ni au scolyte, ni au feu", a souligné Sophie Brocas.
C'est une "course", a reconnu François Guiraud, qui pointe aussi la menace du nématode du pin, ver ravageur détecté fin 2025 dans le département voisin des Landes. "Le nématode, ou en tout cas son vecteur, le monochamus (un coléoptère, NDLR), est attiré par les bois brûlés. Attention de ne pas superposer deux crises ", a-t-il fait valoir.
Le président Emmanuel Macron ayant appelé à "replanter et rebâtir une forêt différente", la préfète a demandé au secteur forestier d'engager des réflexions pour "sauver" le massif et "l'inscrire dans l'avenir, c'est-à-dire dans un monde climatique à +4°C". Une prochaine réunion aura lieu en septembre.
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