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Maroc-Les partis à la reconquête du vote des jeunes, lassés de la politique, avant les législatives
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 17:48
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par Ahmed Eljechtimi et Alexander Dziadosz

À l'approche des élections législatives du 23 septembre au Maroc, les partis politiques s'efforcent de convaincre les jeunes, las de la précarité économique, de se rendre aux urnes en leur promettant emplois et logements abordables.

La jeunesse du pays, à l'origine d'importantes manifestations en 2025 et largement impliquée dans l'afflux massif de Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta en juillet, fait face à des difficultés économiques persistantes.

Si les progrès récemment réalisés au Maroc dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière, les ports et les chemins de fer ont permis d’améliorer le niveau de vie dans les grandes villes, le développement inégal du pays a mis en évidence un mécontentement généralisé de toute une génération.

"La tentative de migration massive vers Ceuta a constitué une nouvelle forme de protestation sociale, au cours de laquelle de nombreux citoyens ont manifesté leur volonté de se retirer physiquement de la vie politique marocaine", estime Mohamed Masbah, directeur d'un institut marocain d’analyse politique.

Les élections législatives visent à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants du Maroc. Le scrutin sera le quatrième organisé dans le pays depuis le soulèvement du Printemps arabe de 2011, qui a conduit la monarchie à partager davantage de pouvoirs avec le Parlement.

Mais bien qu'un parti islamiste modéré ait dirigé le gouvernement pendant près d’une décennie, sa défaite écrasante en 2021 a conduit à l'accession au pouvoir de deux partis fondés par des hommes proches de la royauté.

Ces deux partis, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM), ont tous deux placé l’emploi des jeunes au cœur de leurs campagnes, s’engageant à créer environ un million d’emplois au cours de la prochaine législature.

Ils mettent également en avant les quelque 20 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures en vue de la Coupe du monde 2030 de football, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal, et diffusent leurs meetings en direct sur les réseaux sociaux pour attirer l’attention des jeunes électeurs.

"Nous rejetons l’idée selon laquelle les jeunes ne recherchent qu’une vie facile", affirme le programme électoral du PAM, qui cite le logement, un revenu régulier et un "travail digne" parmi ses priorités politiques.

LE CHÔMAGE DES JEUNES PROCHE DES 27%

Si les 18-24 ans représentent environ 12% de la population marocaine, ils ne constituent qu’environ 3% des électeurs inscrits, selon les chiffres officiels.

Seul un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans déclare faire confiance au Parlement, au Premier ministre ou aux partis politiques, selon une enquête publiée en mars par Afrobarometer, un organisme de recherche à but non lucratif.

Cette tranche d'âge se dit notamment découragée par des élections qui ne font selon elle que modifier l’équilibre entre des partis dont les positions idéologiques se ressemblent, sans entraîner de changements politiques majeurs.

"Nous voyons sans cesse revenir les mêmes visages avec des promesses auxquelles de nombreux jeunes électeurs ne croient plus", témoigne Mohamed Azzaoui, étudiant, qui déclare ne pas avoir l’intention de voter.

Le chômage des jeunes au Maroc avoisine les 27% — le taux le plus élevé de toutes les tranches d’âge — et un jeune Marocain sur trois n’est ni en activité, ni étudiant, ni en formation, selon les statistiques officielles.

Dans le système marocain, la monarchie conserve le contrôle de l’orientation politique générale du pays. Ces dernières années, le palais a également consolidé son pouvoir sur des portefeuilles clés, notamment les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur.

Les partis politiques se font ainsi concurrence sur la manière d’atteindre les objectifs du palais et non sur leurs objectifs globaux de développement pour le pays, estime l’économiste Rachid Aourraz.

Dans la pratique, explique Mohamed Masbah, cela signifie que "si tout va bien, la monarchie s'en attribue le mérite. Si les choses tournent mal, c'est le gouvernement qui est blâmé".

Le Maroc, qui compte parmi les économies les plus diversifiées et les plus industrialisées d’Afrique, s’est fixé des objectifs de croissance ambitieux, dont le doublement du produit intérieur brut par habitant d’ici 2035.

(Ahmed El Jechtimi à Rabat et Alexander Dziadosz au Caire ; version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)

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