Le nouveau maire de Nice, Eric Ciotti (UDR), participe à une cérémonie à l'issue de la première séance du conseil municipal à Nice, le 27 mars 2026 ( AFP / Valery HACHE )
Déjà homme fort du conseil départemental et maire de Nice, Eric Ciotti (UDR-RN) doit prendre jeudi le contrôle de la métropole Nice Côte d'Azur, où son équipe promet une gestion plus responsable et respectueuse des oppositions.
Née en 2012 de la fusion entre quatre communautés urbaines, la métropole niçoise compte 51 communes et un demi-million d'habitants, depuis les plages de la Promenade des Anglais jusqu'aux pistes de ski d'Isola 2000.
Si, dans de nombreuses agglomérations, l'arrivée d'élus RN a suscité d'intenses tractations pour les écarter des instances dirigeantes intercommunales, l'élection de M. Ciotti semble paradoxalement apaiser l'atmosphère à l'approche du premier conseil métropolitain, qui doit s'ouvrir à 9H00.
D'abord parce qu'il n'y aura pas de suspense: sur les 133 conseillers, M. Ciotti compte 49 élus sur sa liste à Nice, huit sur la liste de son allié RN de Cagnes-sur-mer Bryan Masson et entretient une grande proximité avec nombre d'élus des petites communes.
Proximité politique dans certains cas, issue de la guerre de tranchées menée contre le clan de l'ancien président Christian Estrosi ; proximité territoriale aussi pour la vallée de la Vésubie, son berceau familial, mais surtout une proximité d'action, beaucoup de ces maires ayant eu souvent affaire à M. Ciotti en tant que président (2008-2017) puis vice-président (depuis 2017) du conseil départemental.
Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, candidat à sa réélection, quitte la tribune après avoir prononcé un discours à Nice, le 22 mars 2026 ( AFP / Frederic DIDES )
L'apaisement vient aussi de la fin des conflits de clans avec la défaite de M. Estrosi et son choix de quitter la vie politique locale. Alors que des élus estrosistes ont déjà rallié la majorité ciottiste au conseil départemental, le camp de l'ancien maire de Nice est bien moins vindicatif.
Pierre-Paul Leonelli, l'un des porte-voix estrosistes les plus virulents pendant la campagne, s'est ainsi dit dans un message sur X "prêt à travailler de manière constructive", en souhaitant que la métropole ne devienne pas "un champ de bataille politicien" mais "un véritable espace de collaboration".
De quoi susciter les railleries parmi ses anciens opposants, qui se sont plaints pendant des années de n'avoir qu'une à deux minutes pour s'exprimer quand M. Estrosi en prenait 30 pour leur répondre, non sans une certaine condescendance.
- "Très curieux" -
"La métropole d'Estrosi ne fonctionnait qu'autour d'Estrosi et que pour la ville de Nice. C'était une direction très centralisée autour des Niçois", résume M. Masson.
Comme pour le conseil municipal niçois, le camp Ciotti évoque de possibles modifications du règlement interne pour que l'opposition soit plus respectée.
"On est très curieux de voir comment ça va se passer", explique Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-écologistes, rappelant que lors du conseil municipal à Nice, M. Ciotti a bien laissé la parole à l'opposition.
Ce que n'a cependant pas fait M. Masson à Cagnes-sur-mer et les rares élus de gauche de la métropole s'inquiètent de la place qui sera réservée au jeune élu RN.
Le nouveau maire UDR de Nice Eric Ciotti le 23 mars 2026, à Nice dans les Alpes-Maritimes ( AFP / Valery HACHE )
Ce dernier a déjà promis d'obliger la métropole à enterrer un projet de ligne de tramway entre Nice et Cagnes-sur-mer, auquel il préfère le développement, moins cher et plus rapide à mettre en place, de lignes de bus à haut niveau de service.
Pendant la campagne, M. Ciotti avait seulement promis deux postes de vice-président: Pierre Ippolito, proche du maire de Cannes David Lisnard (ex-LR) et ancien président de l'union patronale UPE 06, à la gouvernance et Jean-Marc Governatori (Ecologie au centre) à l'autonomie alimentaire territoriale.
Au-delà des personnes, la nouvelle majorité promet "une gestion des finances publiques plus rationnelle et plus responsable", comme l'explique Bertrand Casiglia, maire de Tourette-Levens et ancien collaborateur de M. Ciotti.
Les détracteurs de M. Estrosi n'ont par exemple pas digéré le centre de congrès en préfabriqués installé à la hâte l'an dernier sur le port de Nice pour le sommet de l'ONU sur l'océan, avec une facture de 20 millions d'euros passée du jour au lendemain du budget de la ville à celui de la métropole.

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