(Actualisé §2 avec réponse de l'Italie, commentaires de Madrid en fin de dépêche)
Le gouvernement espagnol a menacé vendredi d'imposer des mesures de rétorsion aux voyageurs en provenance d'Italie si Rome ne levait pas d'ici dimanche les contrôles frontaliers instaurés à l'encontre de l'Espagne après un afflux de migrants sans précédent dans l'enclave nord-africaine de Ceuta.
Le gouvernement italien a répondu qu'il n'accepterait aucun "ultimatum" de Madrid, ajoutant qu'il maintiendrait en place ces restrictions jusqu'au 15 août au moins. Il avait précédemment affirmé qu'elles resteraient appliquées jusqu'à la fin du mois.
Dans un communiqué, Madrid estime que les mesures italiennes sont "injustes, contraires aux intérêts de l'Union européenne et discriminatoires à l'égard de la population espagnole".
Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez souligne par ailleurs qu'aucun des migrants arrivés de manière irrégulière à Ceuta la semaine dernière n'a pu entrer librement dans l'espace Schengen de libre circulation en vertu des règles migratoires spécifiques applicables à l'enclave.
Cet afflux massif et soudain a mis à l'épreuve les autorités de Madrid mais aussi l'Union européenne dans son ensemble, dont plusieurs membres, comme l'Italie, se sont élevés contre une atteinte à l'intégrité de l'espace Schengen.
La mesure du gouvernement de Giorgia Meloni, prise le 31 juillet, a contribué à tendre les relations diplomatiques entre Rome et Madrid. Selon certains de ses détracteurs, elle est avant tout symbolique et destinée à satisfaire son opinion publique.
La coalition de droite de Giorgia Meloni, arrivée au pouvoir en 2022 avec la promesse de réduire l'immigration illégale, fait face à une pression croissante du parti d'extrême droite "Futur national" dirigé par l'ancien général Roberto Vannacci, dont le discours anti-immigration rencontre un certain écho auprès d'une partie de l'électorat conservateur.
"On a l'impression que Mme Meloni est en croisade", a déclaré la ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego, à la chaîne publique TVE1.
Dans son communiqué publié vendredi, le gouvernement espagnol souligne que l'Italie a enregistré le plus grand nombre d'entrées irrégulières sur son territoire ces dernières années, avec des chiffres deux fois supérieurs à ceux de l'Espagne.
(Victoria Waldersee; version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet et Jean-Stéphane Brosse)

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