Le président Emmanuel Macron lors de la visite d'un h^ôpital à Lavelanet, le 27 avril 2026 en Ariège ( POOL / Valentine CHAPUIS )
Emmanuel Macron a lancé lundi une pique aux partisans d'une ligne dure avec le pouvoir algérien, en ciblant "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie", s'attirant les critiques de l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.
"Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu'il faudrait se fâcher avec l'Algérie", a lâché le président de la République en visitant l'hôpital de Lavelanet, dans l'Ariège.
Le système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue), "c'est encore le bordel. C'est un truc qui me rend dingue ! C'est la folie du système français", a-t-il aussi relevé devant un médecin originaire d'Oran (Algérie).
Il a déploré qu'on ne leur facilite pas la vie, en leur faisant repasser des concours, alors qu'ils contribuent à la lutte contre les déserts médicaux.
"C'est des gens remarquables qu'on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l'hôpital et, le jour où il faut les titulariser (...) on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde", a-t-il pointé.
"On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays", a-t-il explicité un peu plus tard lors de son arrivée en Andorre pour la suite de cette visite, jugeant "important de pouvoir coopérer avec des pays en ayant un dialogue exigeant, défendant nos intérêts (...) mais en étant respectueux de chacun".
"Je ne vise personne", a-t-il néanmoins affirmé, alors que la presse lui demandait s'il ciblait Bruno Retailleau, qui a incarné le camp des partisans d'une ligne très ferme avec le pouvoir algérien.
Bruno Retailleau, président des Républicains (LR) et candidat à l'élection présidentiellede 2027, lors d'une visite du quartier Pablo Picasso à Nanterre, le 23 avril 2026dans les Hauts-de-Seine ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Le patron de LR, candidat à l'élection présidentielle, s'est tout de même senti concerné, répliquant par voie de communiqué. L'exemple des médecins étrangers est selon lui un "faux prétexte" ne visant qu'à "dissimuler les vrais problèmes", a-t-il estimé.
"Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d'OQTF dangereux qui n'ont plus rien à faire en France et que le régime d'Alger refuse de reprendre", a-t-il ajouté, évoquant les Algériens visés par des obligations de quitter le territoire français (OQTF).
"Avec le régime d'Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec et aucune douleur de l'Histoire ne donne le droit à ses dirigeants d'humilier et d'insulter la France", a-t-il ajouté.
Au 1er janvier 2025, 19.154 médecins, diplômés à l'étranger hors UE et qui exercent officiellement en France, étaient inscrits au tableau de l'Ordre des médecins. 38,8% ont été diplômés en Algérie, 15,1% en Tunisie, 8,6% en Syrie, 7,4% au Maroc, et 4% au Liban, selon les statistiques disponibles.

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